AREVA – MALVESI : le décret du 20 juillet 2015 ne résoud rien

Au cœur de la communauté d’agglomération du Grand Narbonne, l’usine de traitement de minerai d’uranium de Malvesi, ouverte en 1971, accueille et traite actuellement 26% de la production mondiale d’Uranium. Au cours de ce traitement, elle produit des effluents liquides contenant des boues nitratées chargées en uranium naturel. Le projet ECRIN proposé par la société AREVA et visant à créer une structure d'entreposage de ces effluents, a été approuvé par l'ASN et sa mise en œuvre a été autorisée par un décret ministériel, publié le 22 juillet 2015. Or, ce projet présente de sérieux défauts.

Le site AREVA de Malvesi

Au cœur de la communauté d’agglomération du Grand Narbonne, l’usine de traitement de minerai d’uranium de Malvesi, ouverte en 1971, accueille et traite actuellement 26% de la production mondiale d’Uranium. Au cours de ce traitement, elle produit des effluents liquides contenant des boues nitratées chargées en uranium naturel. « Ces effluents sont décantés et évaporés dans des lagunes. La boue est entreposée dans des bassins et le surnageant est évaporé dans des lagunes d’évaporation », explique l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire). Le site de Malvesi est classé « SEVESO Seuil Haut » c’est-à-dire comportant un potentiel de danger important, présentant des risques d’accidents majeurs.

Le projet ECRIN (Entreposage Confiné des Résidus Issus de la conversioN)

Le contenu du projet :

La société AREVA NC souhaite réaliser un entreposage en utilisant les deux bassins de décantation les plus anciens, nommés bassins B1 et B2, ainsi qu’une alvéole à construire sur le bassin B2 :

  • ces bassins B1 et B2, contiennent des boues provenant de la décantation des effluents de l’usine,
  • l’alvéole est destiné à recevoir des boues solides issues de la vidange des autres bassins de décantation de l’usine,
  • les deux bassins B1 et B2 seront couverts,
  • des dispositifs de gestion des eaux (eaux pluviales et effluents) seront créés pour prévenir les risques de dissémination des substances radioactives et chimiques contenues dans les déchets.

Cet entreposage, d’une capacité de 400 000 m3, est prévu pour être exploité pendant une trentaine d’années.

L’autorisation officielle :

Après un avis favorable de l’ASN, daté de mars 2015, un décret ministériel (Valls/Royal) daté du 20 juillet 2015 et publié le 22 juillet 2015, autorise AREVA NC à créer et exploiter une installation nucléaire de base (INB) dénommée ECRIN sur le site de Malvési, commune de Narbonne (département de l’Aude).

Problèmes posés par le projet ECRIN :

  • La capacité du projet est prévue pour l’entreposage de 400 000 m3 de résidus.

Or, dans un document de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs : Établissement public) intitulé « Inventaire national des déchets radioactifs », publié le 2 juillet 2015, les résidus de traitement de conversion de l’uranium déjà produits par l’usine sont estimés à 690.000 mètres cubes.
De plus, à ce volume, il faudra ajouter les déchets que l’usine continuera à produire, ainsi que les boues sèches issues de la vidange des bassins B5 et B6 de l’établissement !

Que va-t-on faire de cet important volume supplémentaire de résidus produits ?

 Selon l’Agence de Sureté Nucléaire « le reste des résidus, dont l’activité radiologique est plus faible, continuera d’être entreposé dans la partie de l’usine soumise à la législation des installations classées« .

  • L’autorisation de stockage des résidus est accordée pour une durée de 30 ans mais après ?

Le décret prévoit qu’au bout des 30 années, les déchets contenus dans l’installation devront être repris : mais où ces déchets repris seront-ils conduits ?

Il est fait obligation à l’exploitant de faire des études portant sur la faisabilité de solutions de gestion définitive des déchets à l’issue des trente ans de stockage à Malvesi. Le décret prévoit que l’exploitant devra fournir à l’ASN un dossier décrivant les opérations de reprise et les mesures de prévention des risques au moins trois ans avant le début de ces opérations.

Mais l’exploitant est-il le mieux outillé pour conduire une telle étude ? Une telle question ne devrait-elle pas rester dans le domaine de l’Etat ?

Une fois de plus, face à un problème de fond posé par le fonctionnement de l’industrie nucléaire, celui du traitement et du stockage des déchets, il n’est apporté qu’une réponse superficielle, qui remet à un futur lointain la recherche d’une solution fiable et définitive.

Cette légèreté des responsables de la filière nucléaire, cette façon de balayer sous le tapis les problèmes gênants n’est pas faite pour rassurer les riverains de Malvesi.

Le Collectif Citoyen Cuxanais le 23/07/2015

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