Nucléaire – Incident à Malvési

Le 7 juillet 2016 à 15h10, lors d’une opération de maintenance, un salarié de l’usine de traitement de combustible nucléaire de Malvési a reçu des gouttelettes de nitrate d’uranyle sur le visage. Si la communication d'AREVA, relayée sans trop de recul par la presse, se veut rassurante, la rédaction du Clairon de l'Atax a cherché à en savoir plus sur la nature et les effets du nitrate d'uranyle.

Photo « Stop Nucléaire »

Le 7 juillet 2016 à 15h10, lors d’une opération de maintenance, un salarié de l’usine de traitement de combustible nucléaire de Malvési a reçu des gouttelettes de nitrate d’uranyle sur le visage. Selon les informations officielles émanant de la Comurhex, société exploitante du site, le salarié légèrement blessé mais revêtu de ses équipements de protection a été immédiatement douché et pris en charge par les équipes de sécurité du site.

Toujours selon les mêmes sources, l’incident a été maîtrisé par la direction qui a lancé le plan d’opérations internes (POI), qui met en œuvre l’ensemble des moyens nécessaires au contrôle de ce type de situation. Ceci a permis de contenir l’écoulement du nitrate d’uranyle dans l’enceinte du site (ndlr : de l’atelier ?). Les activités de l’atelier où l’incident s’était produit ont été immédiatement suspendues et la direction, en vertu de la réglementation en vigueur, a prévenu les autorités suivantes : la Direction Régionale Environnement Aménagement Logement, la Préfecture de l’Aude, les maires des communes avoisinantes. Le nitrate d’uranyle qui a fui a été stocké dans un bassin d’incendie et d’orage pour être contrôlé.

Dans cette information diffusée au public et les articles de presse qui l’ont relayée, le terme nitrate d’uranyle n’a été mentionné qu’une fois et encore pour expliquer que cet incident avait eu lieu «près d’une fuite de nitrate d’uranyle». Par la suite on a employé des quasi-euphémismes comme «des gouttelettes de nitrate» ou «l’écoulement» ou « le produit liquide de la fuite »…

Bravo pour cette communication calibrée «au millimètre» ! Mais comme la communication n’est pas tout à fait la même chose que l’information, le Clairon de l’Atax a voulu savoir plus précisément ce qu’était le nitrate d’uranyle.

Le nitrate d’uranyle c’est quoi ?

Le nitrate d’uranyle, de couleur jaune et de formule UO2(NO3)2, est obtenu en faisant réagir des sels d’uranium avec de l’acide nitrique. C’est un sel toxique (c’est à dire qu’il a des effets néfastes sur les êtres vivants) et écotoxique (c’est-à-dire qu’il a un pouvoir de contamination de l’environnement) :

  • le nitrate d’uranyle est le résultat du raffinage du «yellowcake», minerai d’uranium concentré pour faciliter le transport. Ce raffinage se fait avec de l’acide nitrique,
  • ce nitrate d’uranyle est ensuite transporté par rail à l’usine de Cogema-Pierrelatte (site du Tricastin) pour être transformé en hexafluorure d’uranium, lequel constitue le combustible des centrales nucléaires actuelles,
  • le nitrate d’uranyle est très soluble, particulièrement dans l’eau, les fluides corporels (dont le sang), la sève, etc.,
  • sa toxicité est double : chimique d’une part en raison du nitrate qu’il contient, mais aussi radiotoxique en raison de la radioactivité de l’uranium qui le compose.

Les effets du nitrate d’uranyle : un tel produit peut donc, en fonction des doses absorbées, être dangereux pour l’homme, les animaux, mais aussi pour les plantes et particulièrement sur le système reproducteur, mais aussi sur le foie, la moelle osseuse, les os, les poumons, le côlon (source INRS : institut National de Recherche et de sécurité).

L’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax le 16/07/2016

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus :

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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