Malvési : les déchets d’Areva enfin traités ?

Chaque année, l'usine AREVA de Malvesi traite le quart de la production mondiale d'uranium pour fabriquer le combustible des centrales nucléaires françaises. Les opérations de raffinage nécessaire à cette activité produisent un volume important de déchets ("effluents") nitratés et radioactifs, environ 7 000 m3 par an, qui sont stockés sur place, dans des bassins à ciel ouvert. Le risque d'accident majeur, confirmé par l'accident de 2004, au cours duquel la rupture d'une digne a provoqué le déversement de 30 000 m3 de boues toxiques dans les champs voisins, impose la mise en œuvre d'une solution de retraitement de ces déchets. Dans cet article, la rédaction du Clairon présente la problématique soulevée et souligne la légèreté avec laquelle les acteurs de la filière nucléaire font l'impasse sur les risques pourtant majeurs induits par son activité.

Mur de fûts devant l’usine AREVA de Malvési

L’usine AREVA (ex Comurhex) de Malvési, située à moins de 3 km à vol d’oiseau du centre de Narbonne, traite le minerai d’uranium importé par la France pour le fonctionnement de ses centrales nucléaires. C’est ainsi que, chaque année, un quart de la production mondiale d’uranium passe par Malvési.

 

Le traitement du minerai importé du monde entier sous forme de « yellow cake » (minerai concentré en poudre jaune conditionnée en fûts pour faciliter le transport) consiste à le transformer en gaz par adjonction d’acide nitrique. Le nitrate d’uranyle ainsi obtenu par ce raffinage avec de l’acide nitrique est ensuite transporté par rail à l’usine de Cogema-Pierrelatte (site du Tricastin) pour être transformé en hexafluorure d’uranium lequel constitue le combustible des centrales nucléaires actuelles (voir ici notre article de juillet 2016).

 

Fûts de « Yellow Cake » en attente d’expédition au Niger

Poudre de « Yellow Cake »

Des effluents nitratés issus de ces opérations de raffinage sont stockés dans des bassins jouxtant l’usine de Malvési. Celle-ci, en 50 ans de fonctionnement, a ainsi produit près de 350.000 m3 d’effluents pollués et radioactifs (soit une moyenne de 7 000 m3 / an).

Ce stockage à ciel ouvert représente d’autant plus une menace qu’en 2004, la rupture d’une digue d’un bassin de lagunage a déversé dans les champs voisins 30 000 m3 de boues toxiques contenant du radium, de l’uranium et divers produits chimiques.

Un procédé de traitement de ces déchets collatéraux à la production de combustible nucléaire a été mis au point par Areva en 2009 !!! Actuellement la construction d’une unité de retraitement sur le site de Malvési est enfin mise en œuvre (le projet en est au stade de l’enquête publique dont les conclusions sont prévues pour fin 2016). Cette unité nécessitera un investissement de près de 80 millions d’euros.

Malvési : bassins de lagunage AREVA et cathédrale Saint Just de Narbonne en fond d’image

Ce nouvel équipement de retraitement des déchets de l’usine de Malvési devrait représenter un plus pour la sécurité des populations riveraines : il est à espérer que sa construction se fasse rapidement. Toutefois AREVA envisage de traiter d’abord les déchets de la production en cours, les déchets stockés dans les bassins de lagunage étant traités ensuite progressivement. Il est ainsi prévu, selon les responsables d’AREVA, que les déchets stockés dans les bassins pourraient être éliminés au bout d’une vingtaine d’années. D’ici là les bassins de lagunage continuent à représenter une menace latente….

 

 

Ndlr : Ce projet montre une nouvelle fois que l’élimination des déchets de la filière nucléaire n’avait été ni organisée ni pensée par ses concepteurs. En plus des risques encourus par les populations, le coût d’élimination de ces déchets vient impacter le prix réel de l’électricité nucléaire et pose de plus en plus la question de sa rentabilité par rapport aux énergies renouvelables.

 

L’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax le 18/10/2016

 

 

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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