AREVA / MALVESI – L’opposition au projet d’une usine de traitement des effluents nitratés (TDN) se structure

Le projet de l’opérateur nucléaire AREVA, qui se propose de construire sur le site de Malvési une usine de traitement des effluents nitratés issus du raffinage du minerai d’uranium destiné au fonctionnement des centrales nucléaires, rencontre une opposition de plus en plus forte des habitants de la Narbonnaise et du milieu associatif. Cette opposition à décidé de s’organiser : c’est ainsi que le jeudi 16 janvier 2017, 25 personnes dont les représentants de 8 associations locales et régionales se sont réunis pour jeter les bases d’une nouvelle association visant au exercer une vigilance citoyenne sur les projets d’AREVA sur le site de Malvési.

Un projet à risque

Comme le « Clairon » l’avait exposé dans son édition précédente de décembre 2016, le projet de construction par AREVA d’une usine d’incinération des effluents nitratés, produits et stockés à Malvési, posait de nombreuses questions. L’association RUBRESUS (Association de protection et sauvegarde de l’environnement des Basses Plaines de l’Aude), dans un dossier technique très documenté, alertait l’opinion et les autorités publiques sur la sécurité et la fiabilité de l’installation projetée. Non seulement la population de Narbonne et ses environs serait exposée à des fumées porteuses de particules toxiques et émises en continu par l’incinérateur, mais encore des risques d’explosion de cette installation située à moins de 3 km du centre de Narbonne n’étaient pas à exclure…

Face au manque de réactivité des autorités, une association est crée

L’association COVIDEM (Collectif de vigilance sur les déchets de Malvési), fondée le 16 janvier dernier, réunit des citoyens ainsi que 8 associations intervenant dans les domaines de l’environnement, de la lutte contre le nucléaire, du soutien aux victimes d’accidents chimiques ou nucléaires, de la promotion de la citoyenneté, de la culture…

Cette association citoyenne s’est constituée autour de l’idée que, face au peu de réactions des autorités et à leur incapacité à ouvrir un débat de fond, objectif et transparent, sur la pertinence de ce projet, il convenait de montrer qu’un grand nombre de citoyens s’opposait au projet TDN (Traitement Des Nitrates), mais aussi d’alerter l’opinion publique par des actions d’information et de sensibilisation en continu…

Le COVIDEM ne se définit pas comme une association antinucléaire, mais se donne pour objet un suivi vigilant du traitement des déchets de Malvési. Il vise à rassembler le plus largement la population du narbonnais et s’adresse aussi aux travailleurs de l’usine et à leurs familles.

Les objectifs du COVIDEM

Le COVIDEM s’oppose à l’autorisation préfectorale du projet TDM par tous les moyens légaux à sa disposition.

  • il va entreprendre une campagne d’information sur les déchets de Malvési en direction de la population, des élus, des agriculteurs et viticulteurs, des professionnels du tourisme,
  • il exercera une veille vigilante sur tous les projets présents et à venir concernant le stockage et le traitement des déchets,
  • à court terme, une réunion publique devrait avoir lieu dans les prochains jours à Narbonne pour présenter le COVIDEM aux habitants de la Narbonnaise, les informer et engager le débat sur le contenu et l’avancement du projet TDN qui n’est pas opérationnel pour le moment. Cette réunion serait précédée de la diffusion d’un tract tiré en grand nombre. Ce tract, distribué dans les boites aux lettres et certains lieux publics, visera à sensibiliser l’opinion sur la nature du projet TDF et les risques qu’il comporte et servira d’invitation à la première réunion publique organisée par le COVIDEM.
Le Projet Areva / Malvési se situe dans un contexte politique et économique instable.
L
’initiative citoyenne, portée par Le COVIDEM et les associations qui l’accompagnent, est tout à fait opportune et justifiée .

L’entreprise AREVA rencontre actuellement de gros problèmes financiers, suite à une gestion financière hasar-deuse qui la place dans une situation de quasi faillite (10 milliards € de pertes entre 2011 et 2015 et une dette de 7 milliards €).

A ces problèmes financiers s’ajoutent des problèmes techniques qui remettent en cause le savoir-faire d’AREVA (défauts du métal de certaines pièces des réacteurs « classiques » et des EPR, etc.).

L’État français est intervenu afin d’empêcher le naufrage d’AREVA. D’une part, il compte injecter 4,5 milliard dans la recapitalisation de l’entreprise si les autorités européennes lui donnent le feu vert; d’autre part, il compte scinder le groupe en 2 parties :

  • AREVA SA qui sera une structure de « défaisance » chargée de gérer les actifs problématiques (*),
  • AREVA New Co (ndlr : admirons le nom anglais de cette nouvelle structure ! En anglais ça fait plus « business sérieux » ?), qui sera chargée du cycle du combustible nucléaire : extraction et enrichissement de l’uranium, retraitement des déchets, mais aussi du démantèlement des centrales. 3 milliards € d’argent public, mais aussi des capitaux Japonais et peut être Chinois seraient injectés dans cette entité pour la renflouer financièrement et assurer son développement.
    C’est de cette structure « New Co » que dépendra l’Usine de Malvési

 

La population française a souvent été traitée avec dédain par les « élites » politiques et techniques chargée du nucléaire. Sous prétexte qu’elle n’était pas à même de comprendre les aspects, enjeux, implications de cette technologie l’information des français par les autorités concernées à souvent été incomplète, tronquée, orientée, quand elle ne propageait pas des contre-vérités ! Aujourd’hui la situation désastreuse du nucléaire français marque la faillite de ces élites : il est temps que le peuple s’en mêle ! D’autant plus qu’il a en son sein des compétences et des capacités d’expertise qui valent largement celles revendiquées par les « élites ».

 

L’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax le 20/01/2017

 

(*) Une structure de défaisance est une structure destinée à héberger les actifs fragiles ou problématiques d’une société en difficulté. Ainsi AREVA SA va gérer le passif du groupe AREVA creusé par : la dérive du coût de l’EPR Finlandais, la lenteur du développement de nouvelles centrales à eau pressurisée monté avec Mitsubishi Heavy Industries Ltd et les contraintes liées à la maintenance et l’optimisation de près de la moitié des réacteurs existants.

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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