La croissance, cette carotte des libéraux pour faire courir les ânes

(L'économie racontée à Martine)

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Le bondissant président Sarkozy promettait de la chercher avec les dents, son successeur Hollande, l’ennemi de la finance, s’était pour elle converti au libéralisme et l’actuel dynamique et jupitérien président Macron veut appuyer sur l’accélérateur de l’austérité pour la retrouver… Tandis que la croissance minaude et hésite… Mais qu’a-t-elle donc de si sexy pour exciter d’aussi mâles appétits ?

Selon les économistes libéraux qui charment nos gouvernants actuels, c’est simple : la croissance crée des richesses qui sont ensuite réparties dans la société; du coup, les gens devenus plus riches peuvent mieux satisfaire leurs envies, ce qui fait croître la demande; du coup, l’augmentation de la demande sollicite l’offre et, pour répondre, il faut fabriquer plus et vendre plus de biens et de services; du coup, la croissance économique continue et crée de nouvelles richesses réparties dans la société; du coup, la demande croit, etc.

Ca monte, ça monte… Mais alors, pourquoi la croissance s’arrête-t-elle parfois ? Les économistes libéraux et nos gouvernants savent pourquoi : c’est à cause de la mondialisation. Le développement des médias et des échanges à l’échelle de la planète a fait connaître notre merveilleux modèle économique aux peuples les plus éloignés ! Ils rêvent de notre croissance et de notre mode de vie et, du coup, ils nous imitent. Sauf que, comme ils ont l’habitude de vivre à la dure, ils se contentent de petits salaires et de moins de services publics que nous; du coup, les marchandises qu’ils fabriquent et les services qu’ils proposent coûtent moins cher que les nôtres; du coup, on achète chez eux et moins chez nous et la croissance passe chez eux.

Comment faire pour retrouver la croissance chez nous ? Mais en leur faisant concurrence ! Ils se contentent de peu ? OK faisons pareil et même mieux ! Baissons les salaires de nos employés, réduisons les services publics qui coûtent si cher en impôts à nos entreprises ou vendons-les à des privés qui sauront être tellement plus efficaces ! Grâce à ça, nous baisserons le prix de nos produits et services et nous redeviendrons compétitifs !

Car il n’y a pas de croissance sans compétitivité, de compétitivité sans dynamisme et en même temps sans austérité. Et l’austérité c’est quoi ? C’est travailler plus, plus longtemps, être plus dynamique, plus productif, plus créatif : tout ça pour le même prix, voire un peu moins ! Du moins pour ce qui concerne les salariés car, pour les investisseurs, qui nous font l’honneur de mettre leur argent dans les entreprises, il faut les attirer en répartissant les richesses crées un peu plus de leur côté que du côté des salariés…

Seulement voilà : ça ne marche pas comme ça dans la réalité. Leur truc aux libéraux c’est juste un récit, un conte à dormir debout destiné à tromper ceux qui reçoivent un peu des richesses créées pendant que d’autres se gavent…

L’économie, c’est bien plus compliqué que cette mécanique simpliste que nous racontent ces libéraux qui nous gouvernent actuellement, en feignant de se soucier de nous.

Martine, qui a beaucoup de jugeote pour son âge, apprend qu’actuellement l’économie européenne en général et la française en particulier vont mieux depuis mi 2016 ! En France la croissance pourrait, selon l’INSEE, atteindre + 1,6% en 2017 ! Du coup, le chômage baisserait, selon nos distingués prévisionnistes, de 9,9% à fin 2016 à moins de 9,5% à la fin 2017. Alors Martine se demande pourquoi le duo Macron / Philippe et leurs affidés se démènent tant pour renforcer et durcir encore la politique d’austérité de tonton Hollande, puisque ça va mieux ? La réponse est toute simplette : quand la richesse produite croit un peu, plus on diminue les coûts de production (salaires et services publics) et plus on pourra distribuer une part importante de cette richesse aux actionnaires, aux préteurs, aux banques, aux financiers de tout poil : en un mot à la rente.

Martine, qui a compris, comme de nombreux économistes reconnus, comme le FMI, comme l’OCDE, que la croissance est complètement déconnectée de l’austérité, a encore beaucoup de choses à apprendre : par exemple que la croissance ne peut pas continuer indéfiniment, que les inégalités dans la redistribution des richesses créées tendent à détruire les sociétés : cela sera raconté dans les prochaines éditions du Clairon, que Martine attend avec impatience !

L.B. V. et H.R. de l’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax le 23/07/2017

 

(*) Milton Friedman (1912 / 2006) est l'un des papes du néo-libéralisme qui fascine tant nos gouvernants.

Traduction : « la leçon de l’histoire est claire comme de l’eau de roche, aussi loin que l’on cherche il n’y a pas d’autre alternative pour améliorer le sort des gens ordinaires que de les faire bosser dans les activités dérégulées de la libre entreprise »

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