AREVA / MALVESI – RUBRESUS réagit aux informations sur le projet TDN diffusées par AREVA et relayées par la presse locale

Face à l'imposante campagne publicitaire déployée par AREVA auprès des habitants de la région de Narbonne, à travers les media locaux, l'association RUBRESUS, très impliquée depuis le début dans une dénonciation argumentée des conséquences prévisibles et désastreuses de la mise en œuvre du procédé TDN/THOR, demande à la presse locale de bien vouloir publier des communiqués contradictoires à des informations qu'elle estime erronées et tendancieuses. Le présent article publie la lettre envoyée par RUBRESUS aux media locaux, ainsi que le contenu du premier communiqué dont elle demande la diffusion.

La mise en service de l’incinérateur destiné au traitement des effluents nitratés produits par l’Usine AREVA de Malvési suscite des réactions de plus en plus vives. Avant l’autorisation de mise en service qui doit être prononcée le 9 novembre par le préfet de l’Aude, une réunion en sous-préfecture et une réunion du CODERST (Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques) seront consacrées à l’examen de rapports d’expertise sur l’impact sanitaire et économique du projet. Le préfet tranchera « in fine ».

C’est dans ce contexte que l’entreprise AREVA a entrepris d’inonder la presse locale de pages publicitaires visant à influencer l’opinion, en présentant le projet d’incinérateur comme sans danger pour la population. Certaines des informations véhiculées par cette campagne de communication qui se veut lénifiante, ont provoqué une vive réaction des experts de l’association RUBRESUS (*) qui les considère comme erronées et tendancieuses.

En réaction à cette propagande contestable, l’association RUBRESUS a adressé un courrier au service rédactionnel de la presse locale en lui proposant de publier sous forme de communiqué des informations contradictoires aux allégations d’AREVA

RUBRESUS association de protection et des sauvegarde des basses plaines de l’Aude, dispose d’une capacité d’expertise qui lui a permis d’analyser les aspects techniques du projet d’incinérateur d’AREVA / Malvési et qui, la première, avait lancé l’alerte sur le caractère dangereux de ce projet.

Courrier adressé à la rédaction de l’Indépendant par André Bories,
président de l’association RUBRESUS

Bonjour,

L’énorme campagne publicitaire orchestrée par AREVA au sujet du projet TDN avait déjà beaucoup choqué les narbonnais cet été et son renouvellement ces jours-ci accentue la réprobation. Dans cette communication, l’info côtoie intox et devient infox, car bon nombre d’éléments sont détournés, inexacts et sont susceptibles d’induire en erreur vos lecteurs. Nous comprenons que votre activité commerciale vous amène à publier la publicité achetée par les clients. Cependant, l’importance des moyens déployés par AREVA est susceptible de fausser le légitime débat et la forte contestation et mobilisation populaires. Votre journal, involontairement certes, risquerait d’en être l’instrument.

Les moyens très limités des associations et collectifs ne nous permettent pas de rivaliser en toute équité, alors que le débat sur ce dossier entre dans une période décisive.

Serait-il envisageable que vous puissiez publier quelques courts articles pour apporter un minimum de contradiction salutaire au débat public ? Je vous soumets aujourd’hui un premier communiqué, non polémique car basé sur des faits établis et aisément vérifiables, qui informera plus précisément les lecteurs sur la composition des fumées de TDN. Afin de compléter l’information du public et compte tenu de l’ampleur du dossier, je vous proposerai deux autres communiqués, aussi courts, sur les points les plus importants du projet: procédé et risques, impacts environnementaux et ressources.

Je vous remercie de votre compréhension et contribution à l’information.

Cordialement

André BORIES
RUBRESUS

Communiqué RUBRESUS

Ne pas avaler la fumée ni des couleuvres

Dans la publicité offerte généreusement aux narbonnais, la composition des fumées du projet de traitement TDN d’AREVA Malvési Narbonne, exprimée en pourcentage, pourrait laisser penser aux non spécialistes et crédules qu’elle ne pose pas de problèmes environnementaux ou sanitaires. Par exemple la composition volumique en oxydes d’azote NOx, polluant atmosphérique nocif, est affichée à 0,02%. Ce taux correspond à la concentration de 500 mg NOx/m3 de gaz rejeté.

Les gaz d’échappement de moteur diesel peuvent contenir 600 mg NOx/m3 (0,034%), la fumée de cigarette : 200 à 400 mg NOx/m3 (0,01 à 0,02%) et celle d’incinérateur d’ordures ménagères : 80 mg NOx/m3. Cette comparaison donne une appréciation moins idyllique des rejets atmosphériques TDN, finalement proches en oxydes d’azote de gaz d’échappement, de fumée de cigarette ou d’un incinérateur.

Le volume du nuage de fumées de TDN de 1 million m3 / jour (288 000 m3 gaz sec/j) donne la pleine réalité de l’importance des émissions atmosphériques, équivalentes en NOx à la fumée de plus de 700 millions de cigarettes/jour (près de 5 fois la consommation française) ou de 4 fois les émissions de l’incinérateur de Lunel (capacité pour 200 000 habitants). Aux oxydes d’azote produits par destruction thermique des nitrates, s’ajoute un cocktail de dizaines de produits de pyrolyse du charbon (5 700 t/an) émis par le four à nitrate, les uns plus nocifs que les autres : phtalate DEHP (perturbateur endocrinien), benzène (cancérigène), …, particules fines, avec de grosses interrogations quant aux dioxines et aux substances radioactives des effluents nitratés d’AREVA. La nocivité des fumées est bien connue : maladies pulmonaires, cancers.

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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