Areva-Malvési : la résistance au projet d’incinérateur s’amplifie !

Vendredi 13 octobre, près de 200 habitants de la Narbonnaise se sont déplacés à Carcassonne pour manifester devant la préfecture leur opposition au projet TDN d'un incinérateur des déchets nitratés sur le site AREVA de l'usine de Malvési, située au cœur de l’agglomération Narbonnaise.

Cette opposition, qui ne cesse de rallier de nouveaux participants, repose à l’origine sur une analyse technique approfondie du projet faite par l’association RUBRESUS soutenue par les associations et collectifs Covidem, Les Familles Papillon, le Réseau Sortir du Nucléaire, TCNA, etc.

Par leur présence, les manifestants entendaient signifier leur détermination aux membres du CODERST (COnseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques) réuni à la préfecture pour donner son avis sur ce projet qui pose de graves questions en matière de santé publique et d’environnement.

Après avoir entendu l’exposé de l'association RUBRESUS et les avis de deux experts « indépendants » commis par le préfet, le CODERST a émis un avis favorable par 12 voix pour, 6 contre et 5 abstentions.

Le résultat de ce vote est ainsi commenté par André Bories, Président de RUBRESUS : « Le vote de 11 membres (48%) non favorable au projet TDN  contre 12 est un désaveu cuisant d'un projet à fort impact polluant pour les habitants et l'environnement, qui affectera le développement économique (tourisme, agriculture). Ces votes non favorables au TDN émanent d'élus et représentants du département. Ils s'ajoutent aux 10 000 signatures de la pétition et aux milliers de narbonnais qui manifestent leur refus du projet. Si l'autorisation du projet suivait ce vote, elle exprimerait que le projet TDN rejeté par les élus et la population leur est imposé par l'ETAT. »

Lors de cette réunion du CODERST, le préfet n’avait pas encore pris connaissance de l’expertise contradictoire commanditée par la profession viticole (CIVL - Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc). Cette expertise, qui a débouché sur 4 rapports distincts, a été menée par des experts de réputation nationale:

  • le Professeur Alain Carbonneau, Sup'Agro Montpellier, viticulture, écophysiologie de la vigne,
  • le Professeur Jean-Louis Fanlo, École des mines d'Alès, Directeur du Laboratoire de Génie de l'Environnement Industriel, COV,
  • le Professeur Charles Sultan, CHU Montpellier, Endocrinologie pédiatrique,
  • M. Yves Lenoir, Ingénieur de l'École Supérieure d'Électricité, Président de l'Association "Enfants de Tchernobyl".

Par ailleurs Mariette  Gerber (Chercheur à l'Institut du Cancer de Montpellier - INSERM, expert à l'ANSES) a contribué à l'expertise sanitaire par une étude approfondie de l'impact sanitaire du projet d'AREVA.

Enfin, une expertise des impacts du projet TDN vis à vis de la filière vinicole a été réalisée par Joël Rochard, Institut Français de la Vigne et du Vin, Epernay, Expert national Développement Durable. Le CIVL la  divulguera prochainement

Vous trouverez ci-dessous le contenu complet de chacun des cinq premiers rapports d'expertise à ce jour disponibles (cliquer sur chaque vignette pour visualiser le rapport associé).

De bien curieuses méthodes

Le projet d’incinération des effluents nitratés par l’usine Areva à Malvési a été instruit d’une bien curieuse manière !

Est-il normal que l’enquête publique ait été menée sur la foi d’un dossier technique et d’une étude d’impact réalisés par Areva, c'est-à-dire l’entreprise qui sollicite l’autorisation de réaliser l’installation ? En d’autres circonstances, cela s’appellerait un conflit d’intérêt

Est-il normal que, dans une enquête publique, l’accès à la page de la préfecture de l'Aude dédiée à cette enquête publique portant sur le projet AREVA de retraitement des déchets, un temps ouvert à la libre consultation par le public, soit désormais « protégé » et limité aux possesseurs d’un code ?

On comprend l’embarras du préfet face à ce dossier fort délicat : l’État est condamné à traîner indéfiniment le boulet que représente AREVA et à préserver cette entreprise qui, compte tenu de ses activités dans le domaine du nucléaire, est « too big to fail » (*) et nécessitera encore et encore l’injection d’argent public tant que la question de la fin du nucléaire et de la neutralisation définitive de ses déchets ne sera pas résolue.

 

Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 21/10/2017

 

(*) « too big to fail » = « trop gros pour faire faillite » cette expression est apparue lors de la crise économique de 2008 lorsqu’il a fallu renflouer des banques en perdition avec de l’argent public.

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