Les énergies renouvelables et les véhicules automobiles

L’opinion publique est encore largement marquée par l’importance prise par les véhicules fonctionnant avec des énergies fossiles et particulièrement l’essence et le gazole. La récente apparition de véhicules fonctionnant avec d’autres sources d’énergie commence seulement à attirer l’attention, compte tenu des phénomènes de pollution et de réchauffement climatique attribués en partie à la croissance mondiale du parc automobile. Pourtant d’autres sources d’énergie que l’essence et le gazole étaient employées dès l’origine des automobiles. La présente série d’article a pour objet d’éclairer le lecteur sur divers aspects et enjeux de l’évolution du parc automobile…

La voiture électrique  = voiture atomique ?

Que d’inepties colportées ici et là …pour dire « il faut changer »  et en même temps, maintenir le statu quo des voitures thermiques … polluantes …mais ancrées dans nos vies de tous les jours….la « bagnole »  symbolise la liberté par excellence : aller ou je veux  quand je veux … De fait il est possible avec une voiture toute simple de faire le tour du monde  sans aucun problème …. Il est tellement  facile de trouver de l’essence…

La voiture électrique se développe lentement alors que les mesures restrictives à la circulation des véhicules thermiques les plus polluants se multiplient mais que la communication officielle sur ce type de véhicule laisse encore à désirer.
Ainsi, qui sait que le rallye « Light up » qui rassemblait des véhicules électriques et qui portait une torche photovoltaïque symbolique provenant de la COP 22 à Marrakech et à destination de la COP 23 à Bonn (Allemagne) avait fait halte à Narbonne le 2 novembre dernier ? C’était l’occasion pour un public trop rare car pas informé  de voir et comparer différents véhicules électriques actuellement fabriqués

Doug et Nathalie Lang , participant du rallye »Light Us » au super chargeur de Narbonne avec Serge Lévy et sa Peugeot ion et la MIA PARIS de Joel Raimondi,  membres de LAME66

Petite Histoire et actualité de l’automobile électrique

1/ L’auto mobile ?   Une invention récente

Si les 1ers européens sont repérés à Tautavel,  il y a 455 000 ans … il faudra attendre 1769  pour que l’ingénieur militaire français Joseph Cugnot construise  un fardier à Vapeur  capable de transporter du matériel à 4 km h !

  • Apres de multiples recherches, l‘Aventure Automobile  commence en France dès 1873
  • 1895: Environ 350 automobiles circulent en France, 75 en Allemagne et …. 80 aux Etats-Unis.
  • 4 mars 1899 : La 1ere voiture à franchir le 100 km/h est une voiture électrique …. La JAMAIS CONTENTE du pilote – constructeur Belge Camille Jénatzy)
  • Au tournant du 20e la concurrence de 3 «énergie-carburant»  fait rage  (Vapeur – Pétrole – Electricité)   A l’exposition  universelle de Paris de 1900, tout le monde s’accorde à parier sur l’avenir du Véhicule électrique : silencieux, facile à conduire par tous (pas besoin d’être fort pour lancer les moteurs à la manivelle).
  • 1900 : la 1ere voiture hybride d’un jeune ingénieur de 24 ans : Ferdinand Porsche, employé chez Lohner qui présente à l’exposition universelle de Paris la Lohner-Porsche, 1ere voiture hybride de l’histoire associant un moteur thermique et 2 moteurs-roue, électrique avec laquelle il remporte quelques courses et surtout un franc succès commercial : 350 exemplaires seront produits et vendus.

Mais la demande est forte pour se déplacer de plus en vite et de plus en plus loin …Les constructeurs –inventeurs- ingénieurs  font rapidement des progrès considérables (pneumatiques, démarreur , pot d’échappement, freinage  …)  tout comme l’Etat  qui réalise les infrastructures (routes )  A ce petit jeu, les voitures à vapeur  sont rapidement  dépassées et les voitures électriques  pénalisées par le poids de leur batterie , le temps de recharge et l’autonomie , ne parviennent pas à rivaliser avec les voitures à pétrole qui vont connaitre un succès planétaire considérable   …

2/ Actuellement le parc automobile ne cesse de croitre notamment avec les pays – continents  émergents (Inde, Chine, Brésil …)

3/ Si tous les véhicules thermiques de France passaient à  l’électrique, il faudrait construire des centrales nucléaires : Rien n’est plus faux !

La France consomme 500 TWh d’électricité en exporte 60 TWh alors que nos  moyens de production sont capables de produire jusqu’à 700 TWh par an.
Sachant que 32 millions de voitures particulières circulent en France et parcourent  en moyenne 12 000 km/an.
Considérant qu’un VE consomme en moyenne 15 kWh/100 km, cela représenterait, si tout le parc français était électrique, une consommation électrique totale de 15 x 120 = 1800 kWh x 32 000 000 = 57 600 000 000 kWh, soit 57,6 TWh. Même en admettant que les pertes en ligne et les pertes de charge soient de 20% (hypothèse très pessimiste), faire rouler toutes nos voitures à l’électricité nécessiterait au maximum 69,1 TWh, soit moins de 10% de notre capacité de production totale. Il est donc parfaitement inutile d’augmenter le nombre de centrales nucléaires.

N’oublions que nos carburants « classiques » sont de gros consommateurs d’électricité. Il faut environ 2 kWh pour raffiner 1 litre de pétrole. (Il faut distiller environ 4 litres de pétrole pour faire 1 litre d’essence et 1 litre de gasoil un rendement environ de 25 % pour ces 2 carburants). Une voiture thermique consomme, minimum 12 kWh/100 km d’électricité en plus de son carburant.

Petit calcul :

  • 2 kWh pour raffiner 1 litre de pétrole. VT 6 litres /100 km = 2 X 6 = 12 kWh
  • 6 litres de consommation pour faire 100 km  = 60 kWh …

Soit un total de 72 kWh pour faire 100 km avec cette énergie primaire sans son transport

http://acti-ve.org/raffiner-du-carburant-consomme-de-lelectricite/mobilite-electrique/2017/07/

L’électricité produite en France  provient pour 77,0 % du nucléaire, plaçant ainsi le pays au 2e rang des producteurs d’énergie nucléaire au monde après les États-Unis, et au 1er rang pour la part du nucléaire dans la production d’électricité. Le reste de la production d’électricité est assuré à partir de sources d’énergie renouvelables : 15,7 % (production hydroélectrique : 10,7 %, éolien : 3,7 % et énergie solaire : 1,3 %), et de centrales thermiques : 7,3 %

A cette hypothèse d’un parc automobile 100% électrique, il convient de rappeler qu’un véhicule qui brule 8 l de gazole, en fait utilise 24 litres de brut et 16 kW !  Il y aura donc une économie réelle

(À suivre)

                                                                                Joël Raimondi pour le Clairon de l’Atax le 22/11/2017

 

Informations sur le rallye :

article paru dans « Automobile propre » : http://www.automobile-propre.com/pyrenees-reveo-electrictour-ballade-gens-heureux/

 

en savoir plus sur le rallye :  http://fidesconseils.eu/doc/transport/2017%20-%20V%C3%A9hicule%20Electrique%20Generalit%C3%A9s.pdf

 

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5 commentaires

Sébastien Debacker

Pour être plus précis je dirais que je redoute les solutions purement et exclusivement technologiques.

Sébastien Debacker

Le problème ce n’est pas tant l’énergie qu’utilise la voiture, que la voiture et la démesure qu’elle autorise.

Guerre en Irak pour du pétrole ou guerre et carrière d’uranium à ciel ouvert en Afrique. (A quand l’exploitation des gaz de schiste en France ? Tous nos voisins s’y mettent… C’est du travail qui tue et pollue, mais c’est du travail scrogneugneu !).
Invasion automobile de plus en plus prégnante. A Narbonne on en vient à dessiner des places de parking sur les trottoir… Et les voitures pour enfants ? Euh.. les poussettes ? Elles n’ont qu’à descendre sur la chaussée. La route de Cuxac limitée autrefois à 70 ou à 60… Il fallait couper les platanes pour que les voitures puissent aller plus vite s’engorger d’un côté ou de l’autre de la départementale. Comme si c’était les lignes droites et les pots d’échappement qui nous donnaient de l’air et de l’ombre… Et la bagnole des figues ?

Quand nous couperons les arbres pour des voitures électriques, seront-elles devenues propres ?

Non, mais la pollution de Malvesy sera devenue du petit lait. Un petit lait indispensable pour nos berlines électriques chéries.
De mon côté je continuerais sur mon vélo à faire mes 20kms / jour pour aller bosser plus rapidement et sainement qu’en bagnole.

Connaissez-vous Ivan illich ? (Ce qui suit est tiré de Wikipédia) « Illich lutta contre le système automobile et tous les moyens de transports trop rapides qu’il jugeait aliénants et illusoires. Il avait par exemple développé la notion de Vitesse généralisée et calculé qu’en prenant en compte non seulement le temps passé à conduire une automobile, mais aussi le temps moyen passé à travailler pour l’acquérir et faire face aux frais afférents, la vitesse du bolide était de 6 km/h, soit celle d’un marcheur. En effet, durant les années 1970, un Américain consacrait chaque année en moyenne 1 600 heures à sa voiture et ne parcourait que 10 000 km ».

Et oui… Je fais du vélo. Les voitures me font peur au quotidien, m’asphyxient,me frôlent en me doublant, ce qui fait que l’on me considère comme un « écologiste extrémiste ». (Mon pot d’échappement est dans mon slip 🙂 ) Et l’on me dit que le vélo c’est dangereux. Ce n’est pas la voiture qui est dangereuse, c’est le vélo !
Les solutions technologiques je n’y crois pas. Les solutions imposées par la logique, j’y crois beaucoup plus. Vivent les danois : https://www.youtube.com/watch?v=iHfhQ7RtNzM&t=11s

Merci à Joël pour cet article qui, outre le fait de déconstruire quelques idées reçues, s’applique à fournir des estimations chiffrées qui, quelle que soit la contestation qui pourrait leur être éventuellement opposée, permet de sortir de l’affirmation simpliste et non-étayée et offre la possibilité de débats argumentés, toujours préférables aux ébats passionnels dont on ne sort jamais rien.

Hélas, pour le rédacteur de l’article, il ne faut pas maintenir le parc nucléaire actuel mais le supprimer ! De plus, construire des voitures électriques signifie construire des batteries qui elles consomment beaucoup d’énergie et de matières premières pour un bilan énergétique pas top. il faut également rappeler que si une voiture thermique produit des gaz à effet de serre en roulant, il faut y ajouter le « bilan carbone » du process de fabrication. Il se trouve qu’il est à peu près équivalent à celui de la bagnole elle-même pendant toute sa vie de véhicule. Je ne pense pas que de ce côté là, la voiture électrique fasse beaucoup mieux.
Alors, que faire comme disait Lénine ? C’est imaginer d’autres modes déplacement qu’en voiture individuelle. ce n’est pas la supprimer forcément mais revoir la problématique de la mobilité dans sa globalité et je vous recommande l’article des échos
https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/030895603087-la-revolution-annoncee-de-la-mobilite-urbaine-2131640.php
Il est vrai que lorsqu’on habite une agglomération qui fait si peu de place aux autres modes de déplacement, c’est une révolution culturelle qu’il va falloir mener !
Bon courage

Merci de votre commentaire que nous allons transmettre à l’auteur de l’article. Il nous parait intéressant d’approfondir ce débat : la question des modes de déplacement est extrêmement complexe : l’évolution des pratiques actuelles dépend non seulement de facteurs objectifs mais aussi des représentations qui entourent cette question. par exemple la voiture individuelle perçue comme instrument garant de liberté, etc…
La rédaction du Clairon de l’Atax

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