Si ! Si ! Les capitalistes qui voient loin, ça existe…

La banque de Norvège veut se désengager du pétrole !

Plateforme pétrolière norvégienne

Tandis que le macronisme pousse la France dans l’impasse néolibérale, et que les lobbies qui le portent le poussent à jouer à « il faut que tout change pour que rien ne change », la banque centrale de Norvège vient d’adresser au gouvernement de ce pays un courrier lui suggérant de sortir du gaz et du pétrole afin de ménager l’avenir des générations futures !

Qui pourrait imaginer une telle sagesse chez nos responsables financiers ?

Il faut dire que la Norvège est souvent présentée comme un modèle en matière de capitalisme social. Ce pays est classé premier sur l’indice de développement humain, il est aussi considéré comme le plus démocratique du monde avec un indice de démocratie de 9,93 /10 en 2014 (*).

La Norvège dispose d’une économie prospère grâce aux ressources naturelles dont elle dispose en abondance (pétrole, gaz, hydroélectricité, forêt, minéraux, poissons, etc.). Mais la prospérité de cette économie et le bien être de ses habitants n’est pas seulement explicable par cette abondance : d’autre pays tout aussi bien nantis sombrent dans la misère et le mal être de leurs ressortissants…

Ce qui fait la différence en Norvège, ce sont les institutions : un équilibre a été trouvé entre l’intervention de l’Etat et le jeu des marchés. Le gouvernement actif au sein de grandes entreprises publiques contrôle les domaines stratégiques de l’économie norvégienne, particulièrement le gaz et le pétrole…

Les ressources générées par le gaz et le pétrole norvégien alimentent un fonds souverain (le plus important du monde il disposerait actuellement d’environ 855 milliards €) géré par la banque centrale de Norvège. Ce fonds souverain permet, entre autres de financer, le budget public.

Dans son courrier adressé au gouvernement la banque centrale explique que la Norvège est trop exposée aux variations des cours du pétrole et du gaz.
Déjà en 2015 le parlement norvégien s’était engagé dans une politique de décarbonisation de l’économie : il avait voté une loi suspendant les investissements du fonds souverain dans les compagnies tirant plus de 30% de leur chiffre d’affaire du charbon. L’économiste norvégien Per Epsen Stoknes a déclaré à propos de cette lettre de la banque centrale : « C’est un avertissement clair  au secteur énergétique norvégien. La révolution du renouvelable tourne à plein régime et est enfin en route vers la Norvège pétrolière ».

A quand le tour de la France ? Actuellement nous ne disposons d’aucune éolienne posée en mer, le « petit Danemark en a 3000 » : cherchez l’erreur ! Ah oui… nous avons le nucléaire !….

 

                                                                                                   Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 17/11/2017

 

 (*) Ces 2 indices ont été établis par le groupe de presse britannique « The Economist Group »

 

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