La réduction de vitesse sur les routes c’est bon pour le climat et pour le porte-monnaie!

Le mardi 9 janvier, à l'issue d’un comité interministériel sur la sécurité routière, le Premier ministre E. Philippe a annoncé l'abaissement de la vitesse maximale de 90 à 80 km/h sur les routes à double sens qui ne sont pas équipées d’une séparation centrale. Cette mesure, qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet prochain, est prise en réaction à l’augmentation de l’accidentalité sur les routes françaises. Mais, au-delà des questions de sécurité, cette mesure peut être bénéfique pour le climat en diminuant la pollution atmosphérique et la production de gaz à effet de serre.

Cliquer sur l'image pour l'agrandirUne étude réalisée en 2014 par l’ADEME, portant sur l’impact des limitations de vitesse sur la qualité de l’air, le CO² (dioxyde de carbone) et le bruit, concluait à un résultat positif lorsque les limitations s’appliquaient sur des autoroutes ou des voies rapides. Dans ce contexte particulier il y a diminution ou limitation des concentrations de polluants. Selon l’ADEME, « la baisse des émissions peut atteindre 20% pour les oxydes d’azote et les PM10 (*) et celle des concentrations de polluants dans l’air ambiant pouvant atteindre 8% selon les polluants » 

Mais cette efficacité des limitations de vitesse, en particulier sur l’effet de serre, varie en fonction de nombreux paramètres : les caractéristiques particulières à chaque axe routier, le comportement des automobilistes et les méthodes et outils de mesure. Ainsi, selon l’ADEME : « la variation des émissions avant et après mise en place d’une même limitation de vitesse peut varier de -30% à +5%« .

Pour les autres bénéfices attendus, il semble que cette limitation de vitesse n’a que peu d’impact sur la réduction du bruit de la circulation automobile ; par contre son effet sur la fluidification du trafic et de diminution des embouteillages semble incontestable, de même que sur la réduction de la consommation de carburants (ndlr : particulièrement intéressante dans le contexte actuel d’augmentation de leur prix).

Selon la FNAUT, avec une limitation de vitesse à 80km/h (déjà pratiquée dans d’autres pays européens), le gain moyen par automobiliste serait de 120 €/an (ndlr : essence / diesel). La réduction de vitesse sur les autoroutes de 130 km/h à 120 km/h serait encore plus bénéfique, tant en matière de pollution que sur le plan économique.
En 2011, la réduction de 10 km/h sur les autoroutes espagnoles avait permis de réduire de 8 % la consommation annuelle de carburant et de réduire de 450 millions d’euros les importations de pétrole selon l’ONG RAC (Réseau Action Climat).

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Données 2015 sur le périmètre de la ville de Paris

Selon l’ADEME, si les effets positifs de la limitation de vitesse semblent acquis, l’ampleur de leur impact en matière de pollution reste à préciser. Il s’agit notamment d’étendre les études en considérant l’ensemble des voies de circulation en ville et hors des villes. Pour autant et dans l’immédiat, l’ADEME recommande d’agir « prioritairement sur le parc roulant des véhicules anciens très émetteurs de particules et d’oxydes d’azote, en particulier le parc diesel non équipé de filtres à particules fermés« , ce qui correspond aux orientations gouvernementales actuelles.

 

 

 

La rédaction du Clairon de l’Atax le 11/01/2018

 

Pour en savoir plus lien  vers l’étude ADEME :
http://www.ademe.fr/impacts-limitations-vitesse-qualite-lair-climat-lenergie-bruit

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

1 commentaire

bonjour , il serait plus pertinent de baisser la vitesse de l autoroute de 130 à 120 , l énergie demandée pour le plus 10 est beaucoup plus importante pour le 120 vers 130 que le 80 vers 90 , sachant que l ‘ensemble des véhicules est bien réglé et adapté pour le roulage à 90 .En parallèle la répression sur le 80 va être plus forte …
Cordialement joel

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