Le Brexit vu par une anglaise cosmopolite

Gillian Hogarth a beaucoup voyagé…et pas seulement pour faire du tourisme. Avocate d’affaires, elle a travaillé à la City de Londres, dans la banque à Francfort et en Australie, mais elle a aussi œuvré au Guatemala au sein d’une ONG. Les voyages forment la jeunesse dit-on, en tout cas lorsqu’on a habité dans différents pays cela confère généralement une ouverture d’esprit bien utile pour comprendre ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. Gillian Hogarth partage actuellement son temps entre la France et l’Angleterre : le Clairon de l’Atax lui a demandé de nous donner sa lecture du Brexit.

Le Clairon de l’Atax (LCA) : Comme beaucoup de français, nous avons été surpris lorsque nous avons appris le résultat du référendum sur le Brexit. Nous pensions que la Grande Bretagne, l’Allemagne, le Benelux et la France constituaient des fondements immarcescibles pour l’Union européenne (UE). Que s’est-il passé ?

Gillian Hogarth (GH) : Le Brexit n’est pas arrivé tout à coup, il y avait depuis longtemps un gros problème au sein du parti conservateur anglais. Cela date de l’époque où nous sommes, après diverses péripéties, entrés dans l’Union Européenne en 1973. Il y a eu un premier référendum en 1975 pour savoir si on restait et à l’époque 60% des suffrages se sont prononcés pour rester dans l’UE. On pensait alors que la question était réglée. Puis Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir ; elle a contesté ce que nous payions à l’UE et finalement réussi à faire baisser le montant payé.

LCA : Mais pour quelle raison les britanniques voulaient-il à l’origine faire partie de l’UE ?

GH : L’adhésion à l’UE était souhaitée pour des raisons essentiellement commerciales, cela permettait aux britanniques de commercer librement avec le marché européen. Mais, depuis l’époque de Thatcher et suite au combat qu’elle avait gagné pour réduire la contribution de la Grande Bretagne, l’idée qui a prévalu c’est qu’il fallait se bagarrer avec les européens pour en tirer quelque chose. C’est d’ailleurs un manque de pugnacité dans les relations avec l’UE qui a été reproché par l’aile droite des conservateurs à son successeur John Major et qui a contribué à le faire tomber. C’est ainsi qu’est née, dans le parti conservateur, une tendance anti-européenne qui perdure depuis 30 ans. A cela s’ajoute le penchant des différents partis anglais à accuser la communauté européenne de toutes les situations et mesures impopulaires avec l’argument souvent répété « c’est la communauté européenne qui nous impose telle mesure ou telle situation ».

LCA : Cet argument « c’est l’union européenne qui l’impose », était vrai tant pour les conservateurs que pour les travaillistes ?

GH : Peut être était-il un peu moins utilisé par les travaillistes, mais ils s’en sont aussi servi lorsque c’était nécessaire. Et puis après, à l’époque de Tony Blair, le gouvernement des travaillistes est devenu très pro-européen. Blair a signé le traité de Lisbonne qui représentait un pas de plus vers une Europe politique, or ce n’est pas ce que les anglais voulaient. Ils voulaient avoir la possibilité de faire du commerce dans un espace commun européen de libre échange, mais un renforcement de l’UE du côté politique ne les intéressait pas. En ne faisant pas partie du continent européen, on n’a jamais eu cette idée en Angleterre, mais qui prévalait en France et en Allemagne, qu’il fallait renforcer les liens politiques pour éviter une nouvelle guerre. Si, dès le début de l’UE, cette idée de renforcer les liens politiques avait prévalu, je pense que jamais les anglais ne seraient rentrés dans l’UE. Ce n’est pas dans notre caractère et c’est ça que les gouvernements européens n’ont jamais capté. De fait, la question de rester dans l’Europe ou de la quitter a toujours scindé en deux avec plus ou moins d’intensité le camp des conservateurs.

LCA : Mais malgré tout, pourquoi ce référendum a-t-il finalement eu lieu sous David Cameron alors que des réticences à l’Europe politique s’exprimaient depuis longtemps dans la classe politique anglaise ? 

GH : Quand Cameron, contre toute attente, a gagné l’élection, il avait promis pendant sa campagne qu’il ferait un référendum, d’abord au sein de son parti pour s’attirer les soutiens nécessaires, ensuite à tout le pays.  Le coup était habile : il ralliait d’abord les voix de ses opposants internes en promettant un référendum, puis il se débarrassait des capacités de nuisance de son aile droite en s’appuyant sur un résultat du référendum favorable au maintien dans l’UE, enfin il coupait l’herbe sous les pieds du parti indépendantiste UKIP, qui montait fortement dans les élections.
Mais un autre problème a pesé sur ces élections : celui de l’immigration. Compte tenu de ce qui se passait en méditerranée, on a eu peur qu’une immigration massive arrive en Grande Bretagne. Nous avions déjà fait l’expérience des travailleurs issus des pays baltes qui bénéficiaient du libre passage puisque faisant partie de l’UE, et la crainte irrationnelle qui s’était répandue, c’était que l’arrivée massive de ces nouveaux immigrants menacerait les emplois et les salaires des Britanniques. De plus cette crainte a fait les choux gras de la presse populaire qui l’a largement répandue… Pourtant, au moment du referendum, le taux de chômage était à son niveau le plus bas depuis une trentaine d’années et l’économie était plutôt florissante. A la même époque, le gouvernement des conservateurs a décidé de diminuer les aides et les prestations sociales, tandis que s’établissait un dumping sur les salaires des travailleurs les moins qualifiés, dumping favorisé par la concurrence d’une main d’œuvre étrangère, moins exigeante sur les conditions de travail. L’opinion et les médias n’ont pas fait le tri entre la main d’œuvre qui venait du Commonwealth, de l’UE et d’autres pays : les gens se sentaient menacés, tout cela était la faute de l’UE et de ses règles laxistes qui pénalisaient le modeste travailleur anglais !
A cela s’est ajoutée la question de l’adhésion à l’Union monétaire qui avait fait peur à l’époque. La Grande Bretagne s’y était opposée, compte tenu de la présence de certains pays européens qui n’avaient pas le niveau économique et politique nécessaire et parce que les règles économiques de l’UE n’étaient pas respectées. Elle a donc refusé d’entrer dans l’euro-zone et la crise économique de 2008 a renforcé l’idée que c’était une bonne décision, en montrant que tous les pays de l’euro-zone étaient obligés de contribuer solidairement au redressement de l’économie européenne. Pourtant, malgré sa non-adhésion à l’euro-zone, la Grand Bretagne a estimé qu’elle avait été une victime économique collatérale des mesures prises pour sortir de la crise… Et cela a renforcé l’idée, chez les anglais, qu’on n’était pas rentré dans l’UE pour « ça » !

LCA : On voit bien l’ambiance et l’état de l’opinion qui régnaient au moment de l’arrivée au pouvoir de David Cameron. Alors comment n’a-t-il pas compris que le résultat du referendum pourrait lui être défavorable ? Pourquoi a-t-il quand même décidé de faire son coup politique ?

GH : Parce qu’il ne croyait pas à un résultat défavorable. Il consultait les sondages qui pronostiquaient les anti-Brexit gagnants. Pourtant il aurait pu être alerté par le referendum en Écosse. Cameron s’était dit que, pour passer 5 ans au pouvoir sans trop de problèmes, il fallait déminer 2 situations : la volonté d’indépendance de l’Écosse et la volonté de son aile droite et de UKIP de quitter l’UE. Il a dans les deux cas mené une campagne minable, peut être parce qu’il était persuadé de gagner. Ce qui était compréhensible à l’époque car même les partisans du Brexit ne pensaient pas gagner. Il faut écouter les déclarations de Boris Johnson et de Nigel Farage qui à l’époque n’y croyaient pas. Et puis la campagne politique qui précédait le referendum a été surprenante : du côté des conservateurs certains prétendaient que le gouvernement ne devait pas prendre position, puisque la question divisait le parti et du côté des travaillistes, il n’y a eu qu’un engagement très faible dans la campagne, parce qu’ils étaient eux même traversés par des querelles idéologiques et une guerre de succession.

De plus, lorsque l’on regarde comment les gens ont voté : Londres était pour rester dans l’UE, de même les grandes villes universitaires ont voté « rester », tandis que les endroits les plus pauvres votaient « sortir » bien qu’ils avaient élu des députés travaillistes. On constatait un décalage entre l’appareil du parti travailliste et l’électorat, ce qui a fait que certains élus ont choisi de soutenir leur électorat et de voter pour la sortie…
Par contre les partisans du Brexit n’ont pas hésité sur les moyens à mettre en place : cette campagne a été considérée par l’opinion comme la plus malhonnête de l’histoire britannique, parce qu’ils ont menti et n’ont pas été sanctionnés pour ça. Par exemple, ils ont raconté qu’en cas de sortie de l’UE, les 350 millions de livres par semaine récupérés des versements britanniques à l’UE seraient consacrés à l’amélioration du NHS ! Un camion publicitaire circulait dans tout le pays en affichant ce slogan et ses déplacements étaient constamment relayés par la presse.

Mais je pense que, fondamentalement, David Cameron a fait une erreur énorme : il ne croyait pas pouvoir perdre ce referendum et pensait ne pas trop devoir se battre.

D’autres facteurs sont probablement intervenus pour faire basculer le vote en faveur du Brexit : l’électorat jeune et très jeune s’était prononcé en faveur du « rester » mais, contrairement à ce qui s’est passé pour le referendum écossais où la limite inférieure d’âge avait été baissée à 16 ans, l’âge minimum de 18 ans avait été maintenu pour le référendum européen. De plus, les îles anglo-normandes et l’île de Man, compte tenu de leur statut particulier de dépendances, voyaient leurs ressortissants, pourtant de nationalité britannique, privés de droit de vote.  De même pour les ressortissants britanniques domiciliés depuis plus de 15 ans à l’étranger.

LCA : une fois le résultat du référendum acquis, que s’est-il passé ?

GH : Il faut remarquer tout d’abord que ce referendum n’avait aucun caractère contraignant. Mais les « Brexiters » ont poussé  fortement le gouvernement conservateur pour qu’il envoie rapidement une lettre à l’UE qui confirmait la sortie de la Grande Bretagne, tout ça de peur que le résultat du referendum ne soit pas pris en compte par l’exécutif. Cette hâte était d’autant plus malvenue que les partisans du Brexit n’avaient prévu aucun plan d’action en cas de victoire de leur camp ! Suite à la démission de David Cameron, les conservateurs ont constitué un gouvernement qui faisait part égale entre les partisans du maintien et les partisans de la sortie. Ce gouvernement est dirigé par Teresa May qui avait voté en faveur du maintien dans l’UE. Elle se trouve donc en situation de mener une négociation qu’elle n’a pas voulue ! La plus grande confusion règne actuellement : en l’absence de plan, on ne sait pas comment et quoi négocier et de nombreux problèmes imprévus se manifestent sans trouver actuellement de perspectives de solution. Ainsi de la question des frontières entre l’Irlande du nord, qui est Britannique, et l’Irlande du sud, qui est membre de l’UE, ainsi du souhait du gouvernement écossais, pro UE, de refaire un referendum sur l’indépendance : questions qu’on ne sait pas résoudre.  Les négociations sont difficiles entre la Grande Bretagne et l’UE, où certains politiciens semblent rêver de se venger en pénalisant la Grande Bretagne et d’en faire un exemple pour d’autres éventuels candidats au départ.

Négociation GB / UE
(Image eurovox)

Je suis perplexe quand j’examine la situation actuelle. Personne ne la comprend et ne sait comment cela va se passer pour la suite. Les Britanniques seront très surpris lorsqu’ils s’apercevront qu’ils ne peuvent pas venir en Europe, comme ils le faisaient jusqu’à présent avec les mêmes conditions, les mêmes droits. Tout ça a été mal mené du côté britannique comme du côté européen. Quand on voit le volume des échanges économiques entre la communauté européenne et la Grande Bretagne, il faudra bien qu’à un moment donné on trouve une solution qui permette aux deux marchés d’être « gagnants / gagnants ». Beaucoup de « Brexiters » pensent que l’UE est pour le moment un marché important mais en décroissance,  qu’en partant de l’UE et en s’affranchissant de ses règles on pourra se tourner vers d’autres marchés en croissance, plus prometteurs. Mais ça n’est pas le problème de l’homme de la rue qui ne voit pas la couleur des 350 millions de livres / semaine promis aux services publics de santé, mais qui constate leur dégradation et le manque de personnels, souvent remplacés par des intérimaires… Ce qui n’a pas non plus été pris en compte par les partisans du Brexit, c’est la balance entre ce que l’on payait à l’UE et ce que l’UE payait… Par exemple, aux régions britanniques les plus défavorisées, où on a souvent voté pour le Brexit, mais où on a reçu le plus de subventions européennes !

LCA : on parle de commerce international et de perspectives de nouveaux traités, mais quelle sont les perspectives de l’économie anglaise dans la situation actuelle ?

GH : là où on était le leader mondial, c’était dans la banque et la finance. Nous avions réussi à garder la possibilité de faire des transactions financières, malgré notre refus d’intégrer l’euro-zone. La principale industrie anglaise c’est l’industrie financière et là on va perdre tout ça. Les grandes banques seront obligées de partir pour continuer à travailler. Elles pensent supprimer 250 000 postes à Londres et des postes bien payés, bénéfiques à l’économie locale. On avait un atout précieux et le pire, c’est qu’à chaque fois que des experts on signalé ce problème, les « Brexiters » ont répondu qu’ils se foutaient complètement des experts et que ces experts mentaient. On n‘a donc pas écouté les experts et déjà notre croissance ralentit.  On n’a pas fait le travail de prospective du côté des « Brexiters » et on n’a pas pris en compte le travail qui avait été fait par les opposants. S’il y avait eu un plan argumenté, j’aurais pu comprendre, même si je n’avais pas été d’accord, mais là ce n’est pas du sérieux et ça compromet notre avenir !

Manifestation de partisans pour le maintien dans l’UE

LCA : En guise de conclusion, à l’issue de cet entretien, l’impression que l’on a, c’est qu’il y a quelque chose d’affreux, que tout ça se résume à un coup politique. C’est juste faire un coup politique, au sein d’un parti, pour faire gagner une faction et qu’on se fout de ce qui se passe dans le pays : l’essentiel c’est de tuer l’adversaire.

GH : En fait je me demande s’ils n’ont pas honte chez les conservateurs, qu’une faction de leur parti a tenu tout le pays en otage juste pour régler un conflit interne. Je pense qu’il n’y a plus un seul parti conservateur mais deux partis. D’ailleurs beaucoup d’anciens adhérents à ce parti pensent que les valeurs et l’idéologie libérale qui ont fondé les conservateurs ont à présent disparu de part et d’autre. 

 

Gillian Hogarth pour le Clairon de l’Atax le 18 /02/2018
Propos recueillis par H. Reys

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1 commentaire

NE PAS S’INQUIETER.
LE PEUPLE ANGLAIS A UNE GRANDE INTUITION.
POURQUOI PENSER que 52% des anglais se sont fait avoir par « un coup politique »?
C’est bien du MEPRIS….
La PREUVE en est: malgré tout ce que l’intelligentia a pu asséné depuis juin 2016:
– la livre n’a pas décroché
– le taux de chômage est un des plus faibles d’Europe
– SURTOUT: le résultat d’un référendum serait le MEME en février 2018.

– 1° Le Brexit sera un hard Brexit ou ne sera pas. Le peuple anglais restera souverain.

Inutile de tergiverser. Un « soft Brexit », cela ne veut rien dire… c’est le statu quo. Et la logique démocratique veut que le Brexit, voté par le peuple anglais aboutisse à une vraie sortie de l’Europe. Le parlement anglais, la Reine, leur premier ministre ont une autre notion de la démocratie que nous français (ou italiens….). Nous n’avons aucune leçon à donner aux anglais. Nous avons plutôt à apprendre d’eux qui ont une constitution qui n’a pas changé depuis 350 ans alors que la nôtre a changé 5 fois en 220 ans !!!!!!.

Inutile de tergiverser. Il n’y a qu’une seule porte de sortie pour la GB : le « hard Brexit ». Tout le monde doit se faire à cette idée : la nomenklatura des affaires britannique, les continentaux, Bruxelles, La Commission Européenne, l’ECHA…
Souhaiter ou vouloir revenir en arrière relève de l’insouciance, de l’utopie, d’un déni de démocratie prodigieusement dangereux.

2° Comment procéder d’ici mars 2019 ? L’Histoire retiendra le nom de Michel Barnier.

Il ne faut jamais humilier un peuple en situation de faiblesse, surtout pas les anglais (ni les allemands et sans doute pas non plus les français !). Les anglais sont en effet en situation de faiblesse relative. Il faut les respecter au plus haut point, peut être avoir de la compassion, surement de l’empathie !
Le Brexit ne doit ABSOLUMENT pas aboutir à un désastre en Angleterre. Les conséquences pourraient être catastrophiques pour l’Europe. L’Angleterre n’est pas un petit pays. Toute déstabilisation chez eux aura des répercutions automatiquement chez nous.
Pas de traité de Versailles bis ! SVP
C’est pour cela qu’il faut œuvrer quotidiennement, et à notre modeste échelle, pour que cela soit une réussite pour eux.
Il faut être généreux, humble, et juste.
Que sont dix, vingt milliards d’euros en regard d’une guerre ?
Que sont trente, quarante milliards d’euros en regard du budget de l’Allemagne, de la France, l’Italie ou même de l’Espagne ?
Que sont cinquante milliards d’euros en regard des SIX CENTS que couterait à la France une sortie de l’Euro ?

« Il faut que cela soit un exemple pour les autres. Montrons aux brebis galeuses, Pologne, Hongrie, combien cela leur coûterait !!!!! »
Et bien NON justement !
Sachons renouveler notre projet européen, le rendre attractif, pour nos jeunes qui fuient massivement la France comme jamais depuis la révocation de l’Edit de Nantes ! Quelle tristesse : la morosité et le manque d’idéal les font quitter le plus merveilleux pays au monde (avec l’Italie !)…
Alors, au lieu de nous défendre fébrilement contre l’esprit anti-Européen, attaquons ! Sachons rendre l’Europe plus solidaire, plus sûre, plus humaine, plus sexy! Et alors il n’y aura plus de Brexit et les plus grands frapperont à nouveau à notre porte. Et nos jeunes reviendront en France après n’avoir jamais pu goûter à un paradis plus beau que le nôtre !

Michel Barnier est un humaniste, intelligent, fair-play, qui connaît bien l’histoire.
Si il réussit, l’Histoire retiendra son nom.

3° Sachons débattre positivement ! l’Europe, dans son architecture actuelle, doit cesser d’être un « destin forcé » (cf le Monde des idées du 30 déc 2017)

Destin forcé par les élites dont la nomenklatura de la finance, du monde des affaires Européenne et Britannique.

Car si il est interdit d’ouvrir tout grand les controverses sur l’Europe, si il est interdit de débattre de tous ces sujets tabous sans se faire traiter d’antieuropéen ou de fasciste, ne risque t- on pas d’avoir justement l’AFD au pouvoir en Allemagne et M Le Pen en France? Et ne dites pas pffff. Il s’en est fallu de quelques dizaines de milliers de voix….en mai 2017 !
Il faut donc absolument pouvoir discuter de tous les sujets « iconoclastes » sans subir le chantage terrifiant de la pensée unique : l ‘immigration clandestine au service des mafias et de l’économie mais au détriment de la tradition de refuge ? l’intégration des immigrés de religion musulmane ? Le droit du sol ? L’Euro sans gouvernement, sans budget, sans fiscalité commune, sans banque centrale acceptant de racheter les dettes, a t-il un avenir ? La gabegie de l’administration européenne (Strasbourg-Bruxelles) ? etc etc
Si ces questions sont balayées d’un revers de main par la dictature intellectuelle au motif qu’elles sont « contraires à nos principes », les conséquences seront énormes.

La condition d’un débat serein est qu’il soit argumenté et contradictoire.

Ne pas oublier que, particulièrement pour nos enfants et les générations à venir, la seul épaisseur de leur portefeuille, la seule croissance ne sera pas synonyme de bonheur. Depuis longtemps d’autres paramètres que le seul PNB ont été intégrés par les sociologues et les économistes (notamment dans l’IDH, indice de développement humain) pour mesurer du niveau de développement d’un pays. Que ces autres critères (environnement, culture, solidarité, l’éducation des filles, liberté, égalité homme-femme) représente la priorité pour la communauté de destin que représente l’Europe ! Mesdames, Messieurs les décideurs européens : « à vos marques » !

….et ne pas avoir peur de des conclusions de cette confrontation…..car….

….« Le risque de cette confrontation d’idées au final est qu’elle conduise à la remise en question de certaines orientations fondamentales du projet européen. Je crois qu’aujourd’hui, nous n’avons plus le choix : il faut prendre ce risque ! » (sic Justine LACROIX dans le Monde du 30 dec 2017, spécialiste de philosophie politique et de la construction européenne, professeure à l’Université Libre de Bruxelles).

C’est en cela que nous pouvons aussi remercier les britanniques. Le Brexit va nous permettre de réajuster l’idéal européen, noyé dans une bureaucratie, un galimatias de problèmes qui nous a fait oublier à tous, où se trouvait la lumière. Et peut être que lorsque nous serons sur le bon chemin, les britanniques nous rejoindront. Et plutôt que des les chasser, il faudra leur dire « bienvenue, encore une fois, vous nous avez sauvés »

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