A propos du projet CIGEO d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure

A la suite de deux articles parus dans l'édition n° 39 du Clairon, concernant le projet CIGEO d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), un lecteur nous fait part de ses réflexions.

A propos du projet de Bure

Est-ce être un citoyen responsable que de s’opposer au projet d’enfouissement des déchets radioactifs à l’étude à Bure ? Ma réponse est NON tant que ne sera pas démontré qu’il existe une autre solution, meilleure sinon parfaite.

Il ne s’agit absolument pas d’une situation comparable à Notre-Dame des Landes, où il y avait un vrai projet de développement du bocage et où il existait une solution alternative réelle.

1 – Que valent les arguments avancés contre Bure ?

  • « Échec de l’enfouissement dans des carrières de sel« : la comparaison n’est pas pertinente puisque le sel attire l’eau ce qui est le contraire pour l’argile qui est imperméable à l’eau,
  • « Risque d’incendie« : les colis identifiés comme inflammables ne seront pas admis à Bure tant que les organismes qui en sont actuellement responsables ne les auront pas reconditionnés dans les règles,
  • « Enfouissement trop profond« : s’il existait une solution pour enfouir les déchets à une moindre profondeur, pourquoi étudie-t-on Bure ? Si cette solution existait, pourquoi imagine-t-on que l’on pourrait plus facilement qu’à Bure ressortir les déchets enfouis à une moindre profondeur ?
  • « Attendre la découverte d’un procédé de traitement« : le procédé est connu ! Il consiste à « réinjecter des neutrons dans les déchets » mais l’opération exige une énergie supérieure à l’énergie produite par le processus qui a conduit à leur création !! L’espoir est vain d’une telle mise en œuvre.
  • « Stocker en surface« : cette solution ne serait-elle pas plus vulnérable aux agressions et attaques que l’enfouissement souterrain ? Serait-elle admissible par les populations riveraines?

2 – Quelle est notre responsabilité face à la gestion des déchets nucléaires ?

Dès lors, la question fondamentale est de savoir comment nous assumerions la responsabilité considérable que nos parents nous ont léguée en lançant l’industrie nucléaire française comme source majoritaire de production d’électricité ?

C’est une question de responsabilité citoyenne que nous n’avons pas le droit d’enfouir et encore moins d’évacuer. Parce qu’elle est une question de bon sens que nos concitoyens partagent peut-être, ou peuvent partager ?

Pierre Lefèvre, le 12/03/2018

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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