L’île aux Chiens (the Isle of Dogs)

Allemagne / USA – 1h41
Un film de Wes Anderson, avec Isabelle Huppert, Vincent Lindon, Romain Duris, Lea Seydoux
Ours d’Argent du Meilleur Réalisateur Berlinale 2018

Le maire de la ville de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens suite à une épidémie de grippe canine. Ceux-ci sont exilés sur une île qui devient l’île aux Chiens. Atari, âgé de 12ans, vole un avion et part à la recherche de son chien Spots. Il sera aidé dans sa quête à son arrivée sur l’île par 5 chiens intrépides.

Wes Anderson utilise la technique de l’animation en volume ou « stop- motion » qui donne l’illusion de voir des objets animés d’une vie propre et doués de mouvement. Pour concevoir les décors, les maquettes et les personnages, il a vu et revu les films de Kurosawa, mais s’est aussi beaucoup inspiré de deux maîtres de l’estampe de l’époque d’Edo au XIXe siècle, Hiroshige et Hokusai.

Tout est travaillé à l’extrême, la musique (le son des tambours Taïko), les couleurs, les mouvements, les détails avec une foule de clins d’œil à l’art japonais. Ce film, qui nous propulse dans vingt ans, est totalement d’actualité : la ghettoïsation de ces chiens devenus des parias, qui passent du statut de « meilleur ami de l’homme  » à « pire ennemi », l’environnement désolé de l’île Poubelle, qui fait penser à l’après catastrophe atomique, ce pays dirigé par un dictateur flanqué de son docteur Mengele.

On est totalement acquis à la cause d’Atari qui veut sauver son chien et déjouer un projet machiavélique et au dévouement de ses copains à quatre pattes qui l’accompagnent dans ses pérégrinations.

C’est un hommage à toute une série de réalisateurs japonais dont Kurosawa évidemment et à la culture japonaise, un scénario écrit à quatre autour d’une table avec la complicité de Roman Coppola, Jason Schwartzman et Kunichi Nomura.
Wes Anderson, le Texan en exil, confirme que « (s)es chiens pensent, parlent, agissent comme des humains. La société des hommes les pousse à l’exil, avant de tenter de les tuer pour les remplacer par des chiens mécaniques, plus dociles.  » Une métaphore assez limpide, qui renvoie aux pages les plus sombres de l’histoire du XXe siècle. Et, désormais, à celles du XXIe.

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 19/04/2018

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1 commentaire

Catherine BURGER

Étant pour 2 semaines à Strasbourg, et depuis 48h sur place J’ai déjà pris le chemin du Star-St Exupéry, et cet après-midi je vais voir ce film dont tout le monde s’accorde à le trouver formidable. Quand en plus on a une forte amitié pour les canides on ne peut pas ignorer un tel film réalisé par un talentueux cinéaste, je t’en dirai plus demain…

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