Macron et Trump sont dans le même bateau… Qui est tombé à l’eau ?

Quel est le crabe qui pince le plus fort  ? Vont-ils encore se serrer la pince ?

Depuis quelques semaines, nous avons vu le Président Macron très présent sur la scène internationale, et surtout intensément relayé par nos médias.
Lors de ma chronique sur les migrants, j’avais indiqué le rôle historique de la France, de la Grande Bretagne lors des accords Sykes-Picot faisant suite à l’effondrement de l’empire Ottoman… Depuis les conflits dans cette région ont été nombreux, plus particulièrement  compte tenu du rôle de leader pris par les USA après la deuxième guerre mondiale…
Aux USA, c’est l’idéologie néoconservatrice qui domine quelque soient les Présidents en place, démocrates ou républicains. Ces pouvoirs néoconservateurs veulent la maîtrise du monde… comme une idéologie religieuse messianique, selon laquelle une mission aurait été confiée à l’Amérique et ses succursales orientales (Japon, Corée du sud) et occidentales (Europe principalement), jusqu’en Amérique du Sud.
Depuis l’écroulement de l’URSS, nous avons connu les guerres d’Irak, de Somalie, du Soudan, de l’Afghanistan, la Lybie… et maintenant de Syrie… où la Russie de Poutine est revenue sur la scène internationale.

Dans ces régions les alliés d’un jour sont les ennemis du lendemain. Souvenez-vous : Assad se voyait remettre par J. Chirac la légion d’honneur (qu’il a d’ailleurs renvoyée récemment) et N. Sarkozy l’invitait le 14 juillet. Ce dernier a fait de même avec Kadhafi qu’il fallait faire taire…Nous commençons actuellement à comprendre pourquoi…
Aujourd’hui, le moyen orient est devenu un bourbier avec des enjeux diplomatiques dans lequel on voit des clans, se former, s’affronter.

            Les Kurdes, nos alliés d’hier, sont la cible des Turcs (une des principales armées de l’OTAN dont nous faisons partie), pays qui est en cheville avec les groupes islamistes (Al Kaïda devenu Al Nostra, lequel ferait du « bon boulot » selon L. Fabius)

            Les Syriens et l’Iran sont avec les Russes et leurs alliés, particulièrement les chinois

            L’Arabie saoudite, Israël marchent avec les Américains et leurs alliés occidentaux dont la France et la Grande Bretagne.

            Et la Turquie joue sur les deux tableaux.

            Au départ, la situation en Syrie avait été présentée comme une guerre civile entre une opposition démocrate dressée contre un tyran… Un printemps arabe qui n’aurait pas marché !

            Ensuite on nous a dit qu’il s’agissait d’un conflit religieux. Comment alors expliquer qu’Israël et ses intégristes, se retrouvent dans le même camp  avec  l’Arabie Saoudite et les siens ? Si l’Islam est bien présent, il ne sert qu’à mobiliser des djihadistes… lesquels sont soumis à leurs financeurs…Katar, Arabie Saoudite ou encore Turquie.

En fait, la Syrie est l’épicentre d’un gigantesque conflit où l’on pourrait dénombrer 10 à 12 guerres différentes avec des intérêts les plus divers et des ramifications locales, régionales, mondiales… Avec au cœur le contrôle du gaz (42% des réserves mondiales), et du pétrole (47% de celles du pétrole), et bien sûr des enjeux financiers considérables ! On peut dire que cette guerre, en Syrie, est avant tout une guerre « étrangère » qui n’a été en fait jamais été déclarée par personne… Officiellement…
Limitons-nous aux aspects géopolitiques en gardant en mémoire qu’il n’y a pas forcément des méchants d’un coté et des bons de l’autre, comme on essaye de nous le  dire quotidiennement. Chacun ses enjeux propres !

            Pour le clan occidental, particulièrement pour les USA, cela implique une domination sur le monde arabo-musulman pour aller pousser la Russie, et la Chine dans leurs derniers retranchements…

           La Russie défend sa base de Tartous, le port de Lattaquié qui lui donne l’ouverture sur la Méditerranée. Également, elle souhaite que les 3000 djihadistes venant du sud de la Russie y restent afin de ne pas déstabiliser pays.
En 2012, un projet d’accord réalisé sous l’égide des Russes est refusé par les USA et la France.Aujourd’hui, on peut dire que la Russie a marqué des points en soutenant fidèlement ses alliés… Pour l’instant on serait tenté de dire qu’elle a gagné la partie,  particulièrement en prenant le contrôle du gaz.
La Russie est aussi partie agissante avec les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), lesquels  se détachent du dollar comme monnaie d’échange et remettent en cause la banque mondiale et le FMI… Ce qui vient pimenter la situation.

             Cette guerre, aux multiples facettes, dure depuis 7 ans avec environ 500 000 victimes, des populations qui souffrent, puis émigrent, particulièrement dans les pays voisins mais pas que. On ne peut aussi ignorer l’écho qu’ont ces conflits dans certains quartiers de notre pays… Même si les choses ne sont pas simples.

Le décor étant planté, venons-en à l’actualité récente.

            Des bombes chimiques auraient été lancées dans les quartiers de la Ghouta orientale, siège des « rebelles », dans la proche banlieue de Damas… Attaque immédiatement attribuée au régime syrien. On ne peut que se poser une question logique : pourquoi la Syrie aurait-elle lancé des bombes chimiques alors qu’elle a pratiquement gagné la guerre ? Je me suis aussi souvenu que les dernières frappes avec des bombes chimiques venaient des « rebelles »… Désinformation ? Étonnant, non ?
À ce jour, l’interrogation demeure sur les preuves irréfutables de l’usage d’armes chimiques de la part des autorités syriennes. Nous avons vu le silence embarrassé des autorités  françaises, restées dans la flou le plus total avant, pendant et au lendemain des frappes… Et le temps passe et toujours rien, ou presque… Rien sur les raisons réelles qui ont conduit à engager un acte de guerre à l’encontre de la Syrie, état souverain, hors de toute décision de l’ONU allant dans ce sens. Seuls quelques politiciens et éditorialistes « experts » macronniens conservent leur foi dans la parole gouvernementale : « Puisque le gouvernement l’a dit, c’est donc que c’est vrai ! ». Quelle naïveté !

On doit se souvenir de manipulations maintenant connues.

– Celle de Colin Powell à l’ONU, brandissant des fioles pour accréditer l’idée des armes de destruction massive en possession de Saddam Hussein, s’est révélé une manipulation grossière, aux conséquences tragiques pour des dizaines de milliers d’irakiens qui y ont perdu la vie, pour une nation entière qui a été disloquée, détruite, pour une région du monde aujourd’hui dans une instabilité chronique.

– Celle de la Roumanie et Timisoara. Pendant des jours sur les ondes en France, en Grande Bretagne, aux USA ont déversé la version officielle concernant les fameux charniers. C’était à qui dirait mieux, une surenchère folle : « 300, 500, 1000 et plus, les corps s’entassent à Timisoara, assassinés par la police et l’armée du dictateur »… Ce qui s’est ensuite avéré faux.

            La liste serait trop longue pour évoquer les nombreux cas de manipulations au travers du monde. Nous nous sommes déjà faits avoir, souvent. Tout cela vient confirmer, si besoin était que les médias soutenus par la finance font de la propagande mais n’informent pas. Ils sont capables d’intoxiquer la planète entière, de diffuser l’idéologie qui va dans leur sens.
D’ailleurs peu de médias ont évoqué, les déclarations de l’ambassadeur russe, le vendredi avant les frappes. Selon lui, il y avait eu une discussion téléphonique entre Macron et Poutine… Lequel proposait une visite sur le site en cause… Macron n’a jamais rappelé… L’Élysée n’a jamais démenti. Curieux, n’est-pas ?
Donc, il fallait réagir devant l’inacceptable, appliquer le droit d’ingérence… Au passage, celui étant à géométrie variable… Quid de Cuba avec son blocus illégal, des Kurdes face à la Turquie, laquelle envahit un pays souverain sans réaction de l’ONU, de la Palestine où l’on tire sur des manifestants, du Qatar et ses relations troubles avec les groupes islamistes, de l’Arabie saoudite qui assassine au Yémen… Etc.
Donc il fallait intervenir, punir les coupables alors qu’aucun élément concret ne vient à ce jour confirmer cela… Mais encore plus curieux. On nous a dit qu’il fallait « déconflixer » cet envoi de missiles. En fait sanctionner en prévenant celui qui va être puni ! Avertir avant d’envoyer les missiles… Troublant, mais surtout pour quel résultat ?
Trump décide d’intervenir le premier. Macron fait tirer des missiles à partir des navires en Méditerranée…  Sur un site en pleine agglomération, lequel est un ancien centre de recherche désaffecté où la France était jadis impliquée depuis de nombreuses années… On peut imaginer les dégâts locaux sur une usine de fabrication ou un lieu de stockage de gaz chimiques.
Macron affirme qu’il avait convaincu Trump de rester en Syrie, lequel déclarait le lendemain : « on va s’en aller ». Puis nous avons appris par les Américains que des soldats français ont été envoyés en renfort pour lutter contre Daesh… et pas pour soutenir les Kurdes !

On peut logiquement penser que ces frappes ressemblent à une mascarade pour dissimuler l’échec géostratégique de la politique américaine et de ses alliés, en Syrie, plus largement au Moyen-Orient. Ce qui vient renforcer l’idée que la « déconflixion » qui  ressemble plus à une gesticulation…
Mais pourquoi la France s’est-elle associée à une telle opération ? Qu’a-t-elle gagné ? En sort-elle renforcée pour autant ?

Même si les bombardements ont pu paraître être légitimes à certains, ils sont  complètement illégaux. La France, ainsi que la GB et les USA, tous trois membres du conseil de sécurité, décrédibilisent l’organisation onusienne encore davantage en bafouant le droit international : il n’est pas permis d’attaquer un pays souverain, même si l’on peut condamner son régime.
Il y a bien longtemps que la France n’avait tourné le dos à l’ONU. Aujourd’hui, elle  s’engage avec l’OTAN… En suivant les USA, elle a perdu son crédit dans les pays arabes,  comme Blair l’avait fait avec l’Irak.

En France, nous avons exécuté la décision d’un homme seul.

Depuis un an, nous commençons à comprendre les méthodes peu démocratiques de ce Président face à l’assemblée (355 amendements lors de la loi travail, 312 lors du pacte immigration, 240 lors de la réforme de l’université : zéro acceptés), face aux syndicats (on écoute, mais les décisions sont déjà prises), quelquefois face à la presse.

Macron décide seul, mauvais présage pour la démocratie en France. Dans cette affaire, il marche sur le parlement et son article 35-1 selon lequel seul le parlement est habilité à déclarer la guerre, et en l’occurrence, des bombardements. L’article 35-1 la déclaration de guerre est autorisée par le parlement, contredit par aliéna 2…  rajouté sous Sarkozy… le débat aura lieu après… Selon le code de la défense, c’est le premier ministre qui dirige les opérations militaires… d’où, à l’époque, la démission du Général De Villiers, Chef des armées.

Notre régime est de plus en plus autoritaire, même davantage qu’aux USA où l’on voit quelques résistances s’exercer… Macron c’est la même politique fiscale que Trump, c’est la même façon de vouloir montrer ses muscles d’une façon provocante… Alors, concrètement quels résultats attendre des déplacements de Macron, particulièrement de sa visite chez Trump ?
Ce dernier a-t-il changé de position sur le nucléaire iranien ? Non
Les frappes de missiles ont-elles fait évoluer la situation en Syrie ? Non
Trump a-t-il décidé de revenir à la conférence sur le climat ? Non

Nous nous sommes décrédibilisés auprès des pays arabes, ridiculisés lors des pantomimes faites avec Trump et nous sommes sortis de la légalité onusienne… C’est la raison pour laquelle Macron s’est fait récemment bousculer au parlement européen… Par son attitude, il a mis l’EU  à la disposition des USA… Ce qui aboutit à conforter leur position historique dominante depuis la fin de la dernière guerre mondiale

Réellement on peut se poser des questions sur la pertinence des déplacements de Macron, même si  son agitation perpétuelle a occupé les médias pendant des semaines.

Oncle Jef
Onclejef11@gmail.com

 

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