Suggestions de lectures romanesques

Les propositions de Catherine

Bakhita : 0LMI, Véronique, , Albin Michel, 2017, 455 p.

Récit puissant et tragique de la petite Bakhita, enlevée de son village du Darfour, où elle coulait une enfance heureuse entre ses parents aimants, sa sœur jumelle et sœur aînée Kishmet. En allant chercher de l’herbe à la sortie du village, elle est enlevée par 2 hommes d’une tribu voisine qui connaissent le prix d’une petite fille et la vendent à des négriers musulmans. On lui donne un nouveau nom « Bakhita ». S’ensuit la description hallucinante mais si juste des maltraitances subies par ces enfants esclaves. Bakhita se lie à une petite fille Binah, et toutes deux enchaînées sont livrées à 2 petites filles dont elles deviennent les esclaves particulières. Un jour où elle se rend au marché des esclaves, elle aperçoit avec horreur sa sœur Kishmet, impuissance totale, puis est prise par le fils de la maison qui après l’avoir violée (elle a 10 ans) la bat comme plâtre et la laisse quasi inanimée. Au même moment disparaît Binah , c’est le coup de grâce. Vendue à nouveau, elle se retrouve au service d’un général turc et de sa femme dont le passe-temps consiste à battre et humilier ses esclaves et même à les mutiler. Puis c’est un cinquième maître qui l’achète : le consul italien à Khartoum, qui l’emmène avec lui en Italie ; une nouvelle vie commence pour cette jeune fille de 16 ans. A l’arrivée elle est  donnée à de nouveaux maîtres, et s’attache à leur fillette, Mimmina qu’elle parvient à sauver de la mort. Quand cette maîtresse décide de retourner au Soudan, Bakhita refuse de l’accompagner et parvient grâce à l’aide d’une religieuse à entrer dans la congrégation des filles de la charité à Venise. Baptisée, exorcisée, elle s’appelle désormais Gioseffa. Décidée à devenir religieuse, elle part à Schio, où elle prendra soin, comme cuisinière, des enfants abandonnés. Elle en vient à raconter sa vie à la mère supérieure qui s’engage à la défendre. En 1889 elle est libre, affranchie. Et c’est la guerre 1914-1918 , des blessés à soigner. Retour à Venise ; elle a 60 ans c’est sa rencontre avec Ida Zanoli qui veut raconter l’histoire de sa vie. En 1931, paraît le 1er épisode de « l’histoire merveilleuse de Madre Giusippina Bakhita ». Puis le livre sort en librairie et c’est un triomphe. L’Italie entre en guerre en Ethiopie, les lois raciales sont édictées ; en 1943 Bakhita fête ses 50 ans de vie religieuse et meurt à Schio en 1947, à 78 ans. Deux jours durant les gens viennent s’incliner devant son cercueil.
Elle est  enterrée dans le tombeau d’une riche famille.

En 1991 (6 juillet) Jean-Paul II signe son décret de béatification ; en 1995 elle devient patronne du Soudan et en 2000 Jean-Paul II la déclare sainte : il s’agit donc de la 1ère femme africaine à être déclarée sainte sans être martyr

On ne sort pas indemne d’une telle histoire, mais elle vous prend aux tripes et vous reste en mémoire un bon moment. En outre, l’écriture de ce livre est fine, nerveuse, sans l’ombre d’une facilité, pas de mélo….

Joséphine Bakhita, née au Soudan, province du Darfour, à Olgossa, près du Mont Agilerei, dans la tribu nubienne des Dadjo, est une ancienne esclave devenue religieuse canossienne et canonisée en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II. Wikipédia

Date et lieu de naissance : 1869, Sultanat du Darfour
Date et lieu de décès : 8 février 1947, Schio, Italie
Canonisation : 1er octobre 2000; par Jean-Paul II
Fête : 8 février
Béatification : le 17 mai 1992; par Jean-Paul I

 


Les loyautés : VIGAN, Delphine de,  : roman, JC Lattès, 2018, 205 p.

Se lit facilement et sans déplaisir, en particulier dans les longues attentes dues aux mouvements de grève de la SNCF….

Roman à 4 voix, construit sur la vie des 4 personnages principaux de ce livre.

Mathis, 12 ans fils de Cécile et qui tombe en amitié pour Théo

Théo, 12 ans qui doit partager sa vie entre des parents divorcés  qui ne se parlent plus. Chaque semaine, c’est la transhumance d’un lieu à l’autre, avec sacs lourds et trajets en métro. Le père de Théo vit dans l’appartement, sans emploi, sans revenus, à la dérive ; quant à sa mère, elle lui oppose un silence glacé, ne veut surtout rien savoir de ce qui se passe chez « l’autre »

Cécile, mère de Mathis, qui découvre par hasard la 2è vie de son époux, William, lequel passe beaucoup de temps sur internet et sites spécialisés…rien que de très banal !

Hélène, enfin, professeur dans ce collège et particulièrement attentive à ses élèves et surtout Théo dont elle devine la détresse silencieuse. Elle-même se souvient d’avoir été maltraitée par son père, physiquement et moralement et son intuition ne la trompe pas.

Pour échapper à cette vie sinistre, les 2 garçons se retrouvent dans un recoin secret du bâtiment scolaire et ingurgitent de l’alcool qu’ils parviennent à se procurer.
Jusqu’au jour, où obligés de se replier à l’extérieur du collège, ils se retrouvent dans un square, et Théo sombre dans un coma éthylique. Son copain Mathis, effrayé, fuit mais a la présence d’esprit d’appeler au téléphone, Hélène, l’enseignante dont on suppose qu’elle aura pu intervenir à temps pour porter secours….
Roman de gare, diront certains, en tout cas il se lit bien, son écriture est soignée et les personnages tout à fait attachants. Delphine de Vigan sait vraiment fort bien décrire les tourments et les désarrois des adolescents

Quand on sait que bon nombre d’adolescents jouent ainsi avec le feu en absorbant des alcools forts et bon marché …..Jusqu’à en mourir…

Catherine Burger pour le Clairon de l’Atax le 16/06/2018

 

Ces 2 ouvrages sont disponibles à la Médiathèque de Narbonne et à celle de Cuxac d’Aude

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire