Aider le gouvernement à interdire le glyphosate : des citoyens s’en mêlent

Les décisions politiques sont souvent difficiles à prendre sur des sujets où le poids des lobbies est important. La justice, moins soumise à ces pressions, peut être un moyen envisageable pour faire passer l’intérêt général avant les intérêts financiers de firmes aux productions toxiques. C’est pourquoi il sera intéressant de suivre les démarches citoyennes de plus en plus nombreuses qui s’opposent, en France et dans le monde, contre l’emploi et la prolifération du glyphosate.

Pulvérisation glyphosate (photo Ligue contre le cancer)

Dépôt de plaintes en Ariège

53 plaintes ont été déposées le 15 octobre dernier par le collectif ariègeois « Campagne glyphosate », devant TGI (Tribunal de grande instance) de Foix (09).

Les plaignants ont fait analyser leurs urines au début du mois : il a été constaté qu’elles contenaient en moyenne 1,43 nanogramme de glyphosate par millilitres, soit plus de 14 fois la dose maximale autorisée dans l’eau potable. Les plaintes sont formulées aux motifs suivants : « mise en danger de la vie d’autrui » et « atteinte à l’environnement » et portées contre les fabricants de pesticides à base de glyphosate : Bayer-Monsanto, Barclay Chemicals, Adama France, Agriphar, mais aussi contre les autorités qui ont autorisé leur mise sur le marché, notamment la Commission européenne qui a proposé et fait voter aux Etats membres le renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché du glyphosate pour une période de 5ans.

Les 53 plaintes font suite à un premier dépôt de 7 plaintes devant le même TGI qui avait alors décidé de se dessaisir au profit du pôle de santé publique du TGI de Paris. Cette instance étudierait actuellement la suite à donner. Il sera intéressant de voir comment ces 53 nouvelles plaintes opèreront sur le traitement de ce dossier.

Extension du domaine de la lutte

Un collectif analogue au collectif ariégeois s’organise en Bretagne pour déposer une plainte collective (1).  Après avoir fait analyser leur taux de glyphosate en septembre 2017, 23 « faucheurs volontaires » ont constaté des résultats alarmants : « Les taux vont de 0,19 à 3,5 nanogramme par litre d’urine, soit 35 fois la norme autorisée dans l’eau ! Celle-ci est de 0,1 nanogramme par litre », rappelle Michel Coudé, cheville ouvrière du collectif intitulé  -Les Pisseurs involontaires- qui s’est créé en Bretagne.

Ce collectif souhaite maintenant réunir un panel de volontaires pour de nouvelles analyses. Michel Coudé précise « Tout le monde peut participer. Pour cela, il faut s’inscrire sur internet (2) Nous avons besoin de 25 personnes par ville. Cela permettra d’optimiser les frais qui s’élèveront à 135 € ». Une fois les prélèvements réalisés en présence d’un huissier de justice (300 prélèvements sont attendus), les échantillons seront envoyés dans un laboratoire, à Leipzig, en Allemagne. C’est en fonction du résultat de ces analyses que le collectif des « Pisseurs involontaires » décidera s’il porte plainte contre les fabricants de glyphosate auprès du pôle santé publique du TGI de Paris .

Rappelons le précédent de la condamnation en aout 2018 de Monsanto  à verser 298 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer. Monsanto a déposé un appel devant par la cour de supérieure justice de San Francisco en septembre dernier…

La rédaction du Clairon de l’Atax le 17/10/2018

 

(1) Source Télégramme de Brest

(2) liens vers collectif breton :

https://framacalc.org/sJZp6lk2Ou

https://actu.fr/bretagne/loudeac_22136/herbes-folles-sachons-nous-montrer-patients-demande-premiere-adjointe-loudeac_17280157.html

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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