Mademoiselle de Jonquières

France – 1h49 – 2017
Un film de Emmanuel Mouret avec Cécile de France, Edouard Baer, Alice Isaaz.

Un petit bijou

Madame de la Pommeraye est une jeune veuve qui vit retirée du monde. Elle est courtisée sans relâche par le marquis des Arcis, habile séducteur auquel aucune femme ne résiste. Elle lui cèdera après des mois d’une cour assidue. Mais le Don Juan se lasse et madame de la Pommeraye, abandonnée, malheureuse et bafouée tissera les filets d’une vengeance implacable avec l’aide de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère.

C’est à partir d’un épisode de « Jacques le Fataliste et son Maître » de Diderot qu’Emmanuel Mouret a réalisé ce film résolument moderne et féministe.

Tout d’abord, un début de film tout en élégance avec des dialogues proches du marivaudage très 18e siècle. Tout est plaisant, le cadre dans la verdure dans un environnement à la Watteau, une femme charmante dont la conversation est pleine d’esprit, un libertin qui lui tourne autour et qui cherche tous les moyens pour la faire chavirer et il y parvient, le bougre !

Viennent alors des plans idylliques qui témoignent de l’attachement de deux êtres, tout en sérénité, douceur et bienveillance. Bref, tout ronronne, Madame fond sous les regards énamourés de son héros mais l’ennui guette et petit à petit s’installe. Le doute apparaît et c’est le début de la rupture. Hélas, Madame est follement, totalement, complètement amoureuse et le comportement léger de Monsieur qui se précipite vers la liberté achève de briser le cœur de Madame de la Pommeraye.

Et ce sera le montage d’une vengeance cruelle et implacable à la mesure de la déception et de l’humiliation de cette féministe avant l’heure. « Si aucune âme juste ne tente de corriger les hommes, comment espérer une meilleure société ? » C’est ainsi qu’elle justifie prendre sa revanche, en jetant sous les yeux à l’affût du marquis une jeune fille prétendument pure et sa mère.

Et c’est le troisième acte qui chatoie grâce aux couleurs éclatantes, témoignages de la trahison et de la colère.

Tout est travaillé, réfléchi, il n’y a pas un faux pas dans ce film, il ne faut rien jeter et c’est un vrai plaisir pour les yeux et pour les oreilles.

A ne pas manquer !

Patricia Renaud, pour le Clairon de l’Atax, le 22 octobre 2018

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