Des citoyens, qui s’interrogent face à la communication du député Alain Perea, nous écrivent

Et si notre député Alain Perea se « Trumpait »?

Notre député est un grand chasseur devant l’éternel. Mais ce n’est pas son seul centre d’intérêt.
Dans ses messages diffusés sur les divers réseaux sociaux, chacun de nous peut se rendre compte qu’il a trois grandes préoccupations:

  • La chasse et ses amis chasseurs
  • Les viticulteurs
  • La promotion partisane (mais bien pauvre en informations pour le lecteur et bien mièvres souvent) des actions du gouvernement. Nous y reviendrons.

En dehors de ceci, peu de salut pour vous, peu d’intérêt de sa part, que vous soyez retraité, automobiliste ou narbonnais. Tel un bon soldat, il vote, (quand il est présent) pour les projets du gouvernement et parfois propose un amendement…Ancien directeur du parc Régional de la Narbonnaise, nous vous rappelons qu’il vota même contre l’interdiction du glyphosate. Un comble !

Le nucléaire narbonnais vous inquiète ? Ne comptez pas sur lui pour qu’il se saisisse du dossier. Nous avons cherché en vain une prise de position, un tweet, un commentaire Facebook de sa part…. Ce n’est apparemment pas un sujet dont il entend se saisir, ou dont il entend nous informer ou défendre les narbonnais. On aimerait se tromper. Aurait-il d’autres préoccupations ou intérêts personnels qui lui interdiraient de s’interroger aux cotés des narbonnais. Est-ce un non-problème pour lui ? Certains, sur ce point, l’interrogent directement sur Facebook…Sans réponse de sa part !

Et pourtant il ambitionne de devenir maire de Narbonne !

Il y a quelques mois, il s’affirmait encore socialiste ou proche d’eux, ce qui jusqu’alors lui avait permis en grande partie, semble-t-il, de poursuivre sa carrière politique et sans doute d’être promu Directeur du Parc…
Depuis il a, comme beaucoup d’autres, « traversé la rue » pour trouver un travail de député… Il avançait sur le trottoir de gauche, et depuis qu’il est député, l’a vite quitté pour aller très souvent sur le terre-plein central, sans négliger pour autant quelques incartades sur celui de droite.

Ce n’est pas un phénomène politique nouveau…en 1940 Athur Koestler écrivait « La carrière typique du politicien français, de Clemenceau à Laval, se lit comme les mots sur une page, de gauche à droite; mais quelqu’un a-t-il jamais entendu parler du cas inverse? ».

Lors du vote sur la rémunération des agents qui accompagnent les gamins handicapés dans les écoles, la totalité des députés LaREM ont refusé la revalorisation de leur salaire de 600 à 700€, inférieur au seuil de pauvreté, bien qu’ils travaillent sous des contrats précaires, sans formation, sans qualification… A-t-il voté ce jour là? En tout cas, on peut chercher en vain une vive réaction de sa part contre le vote de ses collègues LaREM ! Tout pour une économie devenue leitmotiv d’une politique… y compris au détriment des plus pauvres!
Tout le monde ou presque pensait que la marche se ferait vers l’avant…Plus rares étaient ceux qui affirmaient qu’on marcherait…à reculons. On le constate maintenant.

Alors qu’Alain Pérea commente l’intérêt de ses travaux au sein de l’hémicycle, un lecteur de ses messages mentionne en commentaire à l’un d’eux : « C’est formidable comme, avec Alain Perea, on a l’expression ultime de la vacuité et de la futilité en communication politique. Pourquoi vous embêtez-vous à faire des phrases ? « Blablabla… » suffirait amplement. »
Comme les gens sont vaches et méchants !

Il faut en effet reconnaître que cette communication, dans laquelle la vacuité le dispute souvent à la langue de bois, n’éclaire pas beaucoup les citoyens que nous sommes. Quand on le lit sur les réseaux sociaux, et qu’il prend la peine de nous éclairer un peu plus, force est de constater que son message est, au mot près souvent, celui que délivrent d’autres députés LaREM, ou des ministres. Un peu comme si tous récitaient un catéchisme appris par cœur en reprenant des éléments de communication qu’ils recevraient chaque semaine par mail…
« Le pouvoir d’achat des Français a augmenté »… « Le pouvoir d’achat des Français a augmenté »…Malgré ce qu’on vit, il faut que ça entre nos cervelles !

Un bon petit soldat qui vote, certes, mais qui ne brille pas par sa présence aux votes… Il détient le score de 11% à 12 % de participation aux votes. Il n’est pas le pire, ni le meilleur. En moyenne, ses amis de La République en Marche affichent un score de 21% de participation…et aucun groupe en moyenne n’affiche un score inférieur à 13 % … Bref, mathématiquement il « plombe » les résultats de LaREM…et malgré ce qu’il affirme, il fait donc partie des députés les moins présents aux votes. Certes l’activité d’un député ne se résume pas à sa seule présence dans l’hémicycle ou à ses seuls votes, mais c’est le cas de chacun d’eux, pas seulement celui d’Alain Perea. Il n’a pas ni plus ni moins de responsabilités que les autres députés.

Il ne nous épargne rien pourtant sur les réseaux sociaux, ni les photos des avions ou des trains qu’il prend de nuit à 6 heures du matin pour se rendre à Paris, ni ceux du retour…Entre les deux, ce ne sont que des satisfecit quant à l’intérêt des textes qui sont proposés à son vote, des photos de salles de réunion…. À 11 heures du matin, le 18 octobre, il prend même le temps de nous envoyer un message et une photo sur Facebook pour nous informer qu’il travaille depuis 9h30 dans l’hémicycle sur l’aide à la transformation des chaudières à fioul !

A noter qu’il n’a déposé aucun rapport, aucun projet de loi. Il a cependant posé des questions orales ou écrites au gouvernement, dont nous n’avons pas trouvé trace sur ses messages émis sur les réseaux sociaux. Il nous a seulement parlé du dépôt d’un amendement qui permettra au Grand-Narbonne de percevoir plus d’un million d’€. Félicitations et merci . Toutefois ce financement  aurait très probablement été acquis même sans son intervention, si celle-ci a effectivement eu lieu, car il fait partie des mesures gouvernementales en faveur des centre villes en difficulté !
C’est bien la moindre des choses de se rendre à Paris et d’avoir des horaires difficiles quand on est député. C’est la fonction qui le veut. N’importe quel quidam le sait. Il le savait avant de s’engager. Ce n’est pas la peine de nous en parler. Ce n’est pas ce que les électeurs attendent de lui.

En fait, ce serait bien qu’il nous informe un peu plus sur le fond de son travail, pas sur la forme, ou le temps qu’il y passe. Ou alors qu’il missionne ses attachés parlementaires pour le faire.

Alors que la saison de chasse bat son plein, une majorité de Français montre son ras-le-bol pour ce « loisir » dangereux, voire parfois mortel  pour les promeneurs ou les cyclistes et exclusif des autres activités de plein air. Les dimanches d’automne, jours emblématiques du repos et des sorties nature sportives ou en famille, sont monopolisés par les chasseurs…et dès le lundi, la presse nous parle d’accidents dramatiques :

  • Le 14 octobre 2018, à Montriond, en Haute-Savoie un homme en VTT est tué accidentellement par un chasseur*
  • Le 15 octobre 2018, 20 minutes titrait : « Aveyron: Tuée accidentellement par un chasseur alors qu’elle se trouvait dans son jardin »
  • Le 21 octobre 2018, La Dépêche titre : « Un VTTiste grièvement blessé pendant une partie de chasse en Ariège »
  • Le 23 octobre 2018 Sud-Ouest titre : « Bretagne : deux surfeurs à pied se jettent à terre, les chasseurs visaient un faisan »

Parfois même un chasseur en tue un autre…c’est tout aussi grave, tout aussi regrettable. Sans compter d’autres incidents ou accidents plus récents…
Bref, depuis 2000, selon des journaux d’information, la chasse a causé 3050 blessés et 403 morts en France, plus que le terrorisme sans doute !
Avez-vous lu un tweet, un message Facebook, d’un responsable de la Fédération de chasseurs s’indignant de ces morts, s’indignant du manque de discernement de ces chasseurs, les blâmant pour leurs actes, pour leur imprudence ? On en a cherché en vain. Monsieur Pérea, co-président du Groupe d’études chasse et territoires, n’a jamais émis la moindre condamnation au regard de ces imprudences…sans doute parce qu’à ses yeux, ces accidents sont indissociables de la chasse…donc impossibles  à éviter.

C’était pourtant une occasion rêvée de montrer que ces responsables politiques ou de fédérations sont avant tout des hommes, conscients des douleurs que leur activité de loisir peut occasionner.
Un silence assourdissant ! Tout au plus l’excuse qui consiste à dire que la situation est compliquée… mais n’est ce pas le rôle du politique d’affronter ces complexités, de proposer et de décider ?
Alors, à l’occasion du week-end des 19 au 21 octobre dernier, Alain Perea, prenant ainsi exemple sur Trump, préféra se fendre d’un Tweet (cf. image en tête de l’article).
Au vu du nombre des accidents de chasse, on aurait envie de lui répondre « Heureusement qu’on ne chasse que 4 mois par an ! ».

Considérant les très nombreuses réactions d’indignation en retour, il rédigea alors une réponse également malheureuse, « Bien sûr que j’ai caricaturé, c’était volontairement provocateur. Interdire la chasse le dimanche c’est aussi stupide que d’interdire le vélo le dimanche ».
Une communication pour laquelle il oublia cependant un grand principe développé par Bernard Werber : «Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que j’ai dit, ce que tu as envie d’entendre, ce que tu entends et ce que tu comprends, il se peut qu’on ait des difficultés à communiquer, mais essayons quand même !».
Bref….il vaut mieux tourner son doigt plusieurs fois sur le clavier avant de tweeter et réfléchir à plusieurs fois, à la façon dont le destinataire, le récepteur recevra et comprendra le message. C’est le B.A BA de la communication !
Message qui, lui aussi fut commenté, raillé, des centaines de fois, repris par d’autres, dont pas des moindres, les radios, et télés comme BFM TV, des humoristes suivis par des milliers de personnes. Même un moine bouddhiste comme Mathieu Ricard commenta ce tweet ! Tous avec indignation !

On n’ose pas imaginer les unes de Charlie qui auraient été dessinées par Cabu ou Charb. Ils ne portaient dans leur cœur ni les chasseurs, ni les beaufs . Le regard de ces deux là nous manque.

Même les justifications et les regrets d’Alain Perea – très, très faibles au regard de la mort d’un homme – ne calmeront pas les commentaires passionnés, en réponse à sa provocation. Ils se renouvellent depuis en commentaires à plusieurs messages d’Alain Perea émis sur les réseaux sociaux, y compris quand il évoquera quelques jours plus tard la réunion de travail qu’il co-présidait avec la Présidente de la FNSEA et le directeur général de l’alimentation sur les enjeux de la Peste Porcine Africaine, désormais aux portes de notre pays…

Sa communication sur ces réseaux est dorénavant parfois polluée par des messages ironiques sur la chasse et les chasseurs. Rares sont ceux qui peuvent utiliser la mort des autres pour faire de l’humour. Alain Perea n’en fait pas partie.
Certes plus ou moins un million de chasseurs ont une carte de chasseur et sont identifiables, mais Alain Perea a oublié qu’un bien plus grand nombre de cyclistes, de VTTtistes, de promeneurs du dimanche, de chercheurs de champignons….ont aussi une carte d’électeur, même s’ils ne sont pas affiliés à des fédérations….etleurs conjoints et enfants ou veuves aussi !

Une communication qui, au final, contribua à exacerber des positions, notamment celles des opposants à la chasse, et nullement à faciliter le débat dont pourtant il se proclame un ardent défenseur ! Surtout que jamais il n’eut un mot de compassion pour les familles des victimes, ce qui aurait été la moindre des convenances venant d’un député-chasseur y compris sur les bancs de l’Assemblé Nationale. Ni aucun mot de regret. Malgré tout cela, son commentaire ne fut pas, semble-t-il, soutenu par de nombreux chasseurs ou par des fédérations de chasseurs. Il s’est finalement trouvé bien seul.
Difficile stratégiquement d’avancer calmement vers une collaboration après une provocation. Tout le monde le sait même sans avoir lu « De la Guerre » de Clausewitz.

Beaucoup d’internautes le raillèrent parfois avec excès et sans retenue en s’attaquant au physique d’Alain Pérea. Leur indécence démontre leur bêtise, pour ne pas dire plus. On n’attaque pas quelqu’un sur des caractéristiques physiques mais sur des idées. LaREM ne fut pas épargnée, loin de là, nombre d’internautes invoquant l’appartenance d’Alain Perea à ce mouvement.
« Il vaut mieux être plusieurs sur un bon coup que seul sur un mauvais »….dit-on.

En France, moins d’un million de chasseurs (environ 1,5% de la population) s’approprient pendant plusieurs mois, les espaces « naturels » pour pratiquer ce loisir souvent inutile aux yeux de nombre d’entre nous : comment prendre du plaisir à tuer des animaux « sauvages » mais aussi, de plus en plus souvent, élevés pour être ensuite lâchés et massacrés. C’est parce qu’ils aiment la nature et qu’ils sont écologistes…si l’on en croit leurs communications.

En effet en France, un quart des animaux tués à la chasse provient d’élevages spécifiques. C’est le Syndicat National des Producteurs de Gibier de Chasse (SNPGC) qui l’affirme : « 14 millions de faisans ; 5 millions de perdrix grises et rouges ; 1 million de canards colvert ; 40 000 lièvres de France ; 100 000 lapins de garenne ; 10 000 cerfs ; 7 000 daims » sont produits chaque année en France. Au bas mot, 20 millions d’animaux sont élevés puis lâchés dans la nature pour être tirés à vue…
Lâchés bien souvent quelques jours avant la chasse, ces animaux d’élevage n’auront pas eu le temps de s’acclimater, d’apprendre à se cacher, à repérer le danger.

Oui, Monsieur le Député, vous devez améliorer votre communication, écouter, écouter et encore écouter le malaise des électeurs, leurs préoccupations, leurs centres d’intérêt, et également comprendre qu’on peut être un audois ou un narbonnais non chasseur, non viticulteur, non sympathisant LaREM, mais un narbonnais électeur, se fiant pour son choix dans l’isoloir à des mots prononcés, à des projets construits et argumentés, et à des résultats.
Surtout à des résultats tangibles pour lui….. ils sont rares aujourd’hui!
Mais de grâce, vous avez encore à faire de gros efforts de communication sur les réseaux sociaux, souvent portes d’entrée de blogs plus complets. Inquiétez-vous de votre chargé de communication : il n’est pas compétent, si c’est lui qui rédige les messages…et si vous n’en avez pas, si c’est vous-même qui rédigez vos messages sur les réseaux sociaux, gagnez du temps, confiez cette mission à d’autres. Vous avez, en votre qualité de député, certainement autre chose à faire !

Essayez de structurer votre communication : nous attendons moins d’anecdotes et d’éléments de langage et plus de contenus.
Ne vous Trumpez pas Monsieur le Député !

A.N

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3 commentaires

Burger Catherine

Tout sonne juste dans ces commentaires, bravo et merci

Oh comme votre article fait résonance.
Ayant voté Péréa, je le regrette amèrement aujourd’hui. Car en effet, en dehors de la chasse, de la vigne et de la propagande, la communication Péréa est inexistante…

Ses attachés parlementaires ? Odieux ! Quand on s’adresse à eux, on a souvent une fin de non-recevoir !
Son « Monsieur Comm » ? Surement Monsieur Romain Prax…. Qui ne répond pas sur le fond dès lors qu’on arrive à prouver, texte de loi à l’appui, qu’il a tort sur ses allégations !

Elle est belle La République… En marche arrière !

Bravo ! C’est dit et bien dit… MERCI !

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