Et si le développement remplaçait la croissance ?

(Sommes-nous dans une situation telle que nous pourrions refuser l’utopie ?)

Alors qu’au sein des nations, la France recule à une place qui correspond à ses performances économiques, les technocrates au pouvoir s’imaginent qu’ils continuent à jouer un rôle primordial dans la cour des grands et rêvent à de mirifiques projets industriels, tandis qu’ils laissent des secteurs clefs de notre économie exposés à la voracité de multinationales.
Par malchance l’économie française est étouffée par un Etat jacobin dont le pouvoir trop concentré s’expose au poids des lobbies et de la finance.
Que pèsent alors nombre de projets locaux, face aux fantasmes technocratiques dévoreurs d’argent public  (comme par exemple le projet de construire 6 nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR, alors que la filière nucléaire est en déconfiture) ?
Face à cela des projets locaux viables, utiles et  respectueux de l’environnement abondent même s’ils ne revendiquent pas l’étiquette de Start-up si prisée par notre technocratie qui se proclame  « moderne ».
Mais voilà les PME / PMI n’ont pas les faveurs des « puissants » et des technocrates qui leurs sont asservis comme c’est, au contraire, le cas chez certains de nos voisins européens. Leur chemin est semé d’embuches administratives, bancaires, politiques : l’audace suscite au mieux de l’incompréhension, au pire fait peur.

On peut avec des investissements raisonnables faire de grandes choses aux bénéfices multiples : sociaux, économiques, culturels, environnementaux. Le Clairon de l’Atax à choisi, à titre d’exemple, de présenter à ses lecteurs sous forme d’un récit à épisodes un projet novateur qui aurait pour cadre la côte méditerranéenne de l’Aude…

La rédaction

LES PAYSANS TERRE / MER

« On a besoin de la fiction pour réouvrir le passé sur le futur » Paul Ricœur

 

De quoi est-il question ?

D’une nouvelle agriculture paysanne  pour installer des jeunes sur le littoral et reconquérir notre souveraineté alimentaire,
D’une solution pour développer les circuits courts et la plurifonctionnalité, riches de lien social.
De promouvoir, pour plus de santé, un modèle alimentaire méditerranéen ou crétois.
D’adapter nos paysages à la salinisation, à la sécheresse et aux défis climatiques.

Quoi de mieux qu’un récit de fiction prospective pour expliquer ce projet !

 

 A la conquête de la mer : une nouvelle agriculture paysanne sur le littoral

Petite brise beau temps

Jean vient de quitter ses amis du café, pour rejoindre comme chaque matin la catalane des paysans de la mer dont il est le responsable. Cette embarcation aux trois couleurs, verte, bleu et turquoise, surmontée d’une antenne avec une voile latine couleur tan, est connue de tous. Car depuis cinq ans elle témoigne sur le port de l’émergence d’une nouvelle activité : aventure pour les uns ou nouveau métier, interrogation pour les autres, une nouvelle réalité, très suivie par la presse locale, s’est imposée !
Soudain le portable de Jean se met à vibrer. Le message suivant apparaît sur l’écran de son Smartphone : « Changé d’avion-stop- atterrissage prévu dans deux heures à l’aéroport de Montpellier plutôt qu’à Carcassonne -stop- à très bientôt, signé monsieur Ruiz »

Ce monsieur Ruiz est un client venu de très loin, de l’Indonésie,  acheter du vin des Corbières vieilli au fond de la mer ! Depuis que les nouveaux « paysans de la mer » ont installé à trois miles (4,8km) du port de Gruissan, comme chaque printemps et jusqu’à l’automne, leur «  la ferme ludion marine permacole », des monsieur Ruiz, il en arrive toutes les semaines par avion ! En cet été de 2021, les réseaux sociaux avec facebook, twitter… souvent relayés par les sportifs « wind ou kite surfers » venu du monde entier défier le vent à la mondiale de La Franqui / Gruissan, ont fortement contribué à la réputation de cette ferme étonnante au sein des salons professionnels, en France comme à l’étranger ! Cela tombe plutôt bien alors que l’avenir de notre viticulture Sud France, n’a jamais été autant lié à notre capacité à faire connaître la qualité de nos vins aux nouveaux consommateurs des pays émergeants d’Asie ! S’il faut en croire les statistiques du tourisme, notre méditerranée n’était-elle pas devenue en 2021, après beaucoup d’efforts, la première destination de vacances au monde ?

Après deux heures d’autoroute passées à faire connaissance avec Monsieur Ruiz, on embraque sur la catalane qui quitte le port alors que le soleil n’est pas encore à son zénith. Cap sur ce que leur communauté appelle «  nos granges haute mer » d’été, situées trois miles au large. L’hôte, monsieur Ruiz, profite de la faible houle et de la propulsion totalement silencieuse de la catalane par deux moteurs électriques, pour fermer les yeux et récupérer un peu de son décalage horaire.

Arrivé à destination quelle ne fut pas sa surprise de voir la catalane s’élever au dessus des eaux grâce à un vérin électrique l’amenant en suspension à trois mètres au dessus des vagues !  Pas besoin de jeter l’ancre !

  • Je n’avais pas remarqué la légèreté de votre bateau ! » dit- il en se tournant vers Jean.
  • C’est parce que toutes nos embarcations ont une coque légère faite de toile végétale, comme le lin, imprégnées de nouvelles résines mises au point par l’école d’ingénieur d’Alès – répondit Jean en lui passant autour de la taille un harnais de sécurité pour franchir l’étape suivante.
  • Ainsi seules nos catalanes légères à propulsion électrique peuvent passer la nuit ici, mais rassurez vous, nous tiendrons notre promesse de vous ramener ce soir à l’hôtel que nous avons réservé à Montpellier !
  • C’est parce que vous êtes notre invité que nous vous passons ce harnais pour vous rassurer, mais c’est cette palette sous vos pieds qui, comme un ascenseur, va vous hisser à l’intérieur de l’habitacle de la ferme ludion, à neuf mètres au dessus des vagues ! 

Une maison au-dessus de la mer : une ferme touristique mais aussi un élevage piscicole et conchylicole !

Système « aquapod » de cages à poisson flottantes

Pendant toutes ces préparations, monsieur Ruiz leva la tête et vit au dessus de lui une magnifique bulle transparente, lieu de vie et de réunion des paysans de la mer.

Maquette d’un ludion (vue aérienne)

De l’intérieur cela ressemblait à une yourte de 6M de diamètre avec un coin couchage. Un côté s’ouvrait sur une plate forme de 1,5m x 6m dotée de poulies de relevage de cages flottantes. De l’autre côté de la yourte, un coin cuisine et salon, ouvert sur une plate forme extérieure de même grandeur était essentiellement occupé par des capteurs solaires, des outils de météo et de liaison audio-vidéo avec la Terre, ainsi que de quelques hamacs pour prendre le soleil ! L’ambiance lumineuse de cette yourte en polycarbonate légèrement teinté, avec vue à 380° sur la haute mer, fit une grande  impression à monsieur Ruiz. Le jour par grand soleil, des écrans en latex blanc étaient tendus au dessus de la tête pour limiter la lumière, car la yourte se transformait alors en « observatoire permanent » grâce aux écrans télé transmettant les images de cameras placées sur les grandes cages circulaires (de 60 M3 chacune) suspendues sous le niveau de la mer et remplies de poissons !

Monsieur Ruiz ne s’attendait pas à cette ambiance insolite, à neuf mètres au dessus de l’eau, de la vue simultanée d’un paysage cristallin, nettoyé de ses nuages par le vent du Cers, et d’un paysage sous-marin, au plus proche de la vie des poissons, des algues et des coquillages.

  • « Dehors c’est encore plus beau la nuit quand le ciel bleu est remplacé par la voûte des milliers d’étoiles, bien plus présentes et perceptibles ici qu’à terre ! », ajouta Jean. Ce spectacle est si réputé à présent que mon épouse, vient ici pour nous amener des clients adeptes d’un nouveau genre de tourisme !…Certains d’entre eux ont été préalablement initiés à dormir en chambre d’Hôte dans l’un des 170 phares de la côte espagnole »,
  • Oui, ils se sont préparés à cette expérience de nuit en haute mer comme nous la proposons ! » expliqua Geneviève, la femme de Jean, qui jusque là, bien que chargée des réservations, n’avait pas encore osé passer une nuit dans la yourte marine !

En farouche terrienne elle préférait la terre ferme et la culture des « légumes racines » comme les pommes de terre ou les carottes, pratiquée dans des vergers maraîchers établis sur les pentes sur d’anciennes friches viticoles, loin de la mer et de la salinisation des sols ! Ce n’est que récemment qu’elle s’était investie avec passion dans les « tortues flottantes maraîchères » ! (Ndlr : mais ceci est une autre histoire que nous conterons plus loin !)

Le regard de monsieur Ruiz fut d’abord attiré par un écran projetant la vie des algues comestibles sous la ferme ludion, éclairée en son centre par une guirlande de LED. Puis il regarda les cages de coquillages, d’huîtres et de moules et enfin les cages à poissons.

  •  Quel type de poisson élevez-vous ? –  demanda-t-il à Jean.
  • Des truites d’eau de mer pour ne pas faire concurrence aux pêcheurs locaux. Mais aussi parce que la recherche agronomique de l’INRA en Pays Basque, nous fournit des truites sélectionnées… quasiment végétariennes !…Elles n’ont pas besoin comme dans les autres élevages de poissons très carnivores (comme le loup ou la daurade), de farine de poisson issue de déchets de chalutier ! 
  • Mais à quoi servent ces tiges fines au milieu des cages ?  – demanda monsieur Ruiz curieux de tout.
  • C’est pour actionner l’émission de graines de lupin que nous cultivons sur les friches viticoles pour redonner vie à nos sols après arrachage des vignes.

Jean sentit que monsieur Ruiz, voulait en savoir davantage.

  • Il n’y a pas plus adapté à nos sols que le lupin d’origine méditerranéenne, et de surcroît très riche en protéines (60%) ! Avec nos carpes élevées sur nos tortues maraîchères, avec un kg de lupin nous obtenons 650 grammes de poisson ! Avec nos truites d’eau de mer c’est moins, alors nous rajoutons un complément d’insectes élevés ici sur farine ! »
  • Vos truites de mer paraissent bien paisibles dans leur cage ! »- fit remarquer monsieur Ruiz.
  • C’est peut être pour cette raison qu’elles ont été appelées : «  les princesses des mers.  Mais elles ont besoin d’un petit rituel pour s’adapter à l’eau de mer !  Quelque chose comme une naissance ? Car nous effectuons progressivement le transfert à l’eau de mer à partir de l’eau douce, toujours avant leur maturité sexuelle.

Pour créer un effet de surprise, Jean actionna discrètement une petite manette ! Sur l’écran des poissons, monsieur Ruiz observa l’effet immédiat.

  • Quelle agitation ! C’est leur dessert que vous venez de leur donner ? » – demanda t-il.
  • Oui ces insectes, c’est en quelque sorte la cerise sur le gâteau de leur repas qui les excite ainsi. Cela permet de vérifier leur vitalité et leur santé. Car bien nourries avec une densité d’habitat qui leur convient en milieu naturel de 10 kg à 15kg par m3 de cage, elles vont revenir paisibles comme tout à l’heure. Et leur qualité gustative ici en haute mer est remarquable, comme pour les coquillages.
  • Mais pourquoi n’élevez-vous pas que des poissons ? Cela ne serait il pas plus rémunérateur ? – interrogea monsieur Ruiz, qui voyait déjà un transfert possible de ces nouvelles pratiques paysannes terre mer dans les îles de son propre Pays.

Jean ravi de la curiosité de son hôte, se fit plaisir à partager ses connaissances !

  • Notre balise ludique et sportive, comme l’appellent les gens du port, devrait s’appeler : « ferme ludion d’aquaculture intégrée multi-trophique » pour reprendre le vocabulaire des scientifiques qui pratiquent ces complémentarités d’élevage, comme au Canada.
    Les déchets de nos « princesses des mers », alimentées par nos graines de lupin « nature », créent une chaîne alimentaire de proximité pour faire grandir nos coquillages, -de vrais filtreurs-, puis nos algues alimentaires ! Rien ne se perd, tout se transforme, dans cette économie circulaire qu’est la nature  – dit fièrement Jean en regardant le visage étonné de son invité !  Il ajouta en guise de conclusion : – tout cela se fait dans une température de l’eau de mer devenue, avec un degré de plus, encore plus favorable à la croissance de la chaîne alimentaire pendant quatre mois d’été. Il a été maintes fois démontré que cette complémentarité entre ces trois écosystèmes « poissons, algues, coquillages », est la meilleure manière d’éviter toute maladie ! A terre nous appelons cela de la permaculture.

Monsieur Ruiz, de plus en plus intéressé, osa une dernière petite question, pensant déjà à l’équivalent de nos lagunes que sont les innombrables mangroves abritées de la haute mer  en Indonésie :

  • C’est le même principe que vous utilisez sur les tortues maraîchères flottantes que j’ai pu apercevoir de loin sur l’étang en arrivant à Gruissan ? »
  • Oui, mais à la différence que nous pratiquons un circuit fermé à 94% entre un élevage de carpes d’eau douce et des légumes, méthode qui prend le nom d’aquaponie. Les 6% d’eau douce qui manque, correspondant à l’évapotranspiration de nos légumes, sont alors apportés par distillation solaire de l’eau de mer ou de la saline. Par tortue maraîchère, 16 m2 de capteurs solaires servent à capter l’évaporation de l’eau et la condenser par refroidissement. Cela suffit à compenser cette évapotranspiration, rendant la tortue totalement autonome de son environnement.
    Entre poissons et légumes, il manque le troisième écosystème que sont les algues, comme dans notre ferme ludion d’aquaculture intégrée. Sur notre tortue, cette fonction est obtenue par des filtres bactériens intermédiaires qui transforment les nitrites en nitrates. Les chinois pratiquent ceci dans leurs rizières depuis 2000 ans, nous n’inventons rien ! Mais nous évitons avec les carpes que nous nourrissons de lupin, tout engrais issu du pétrole pour nos légumes ! Et comme ces tortues maraîchères sur lagunes, grâce à leurs dômes en polycarbonate, sont à l’abri des vents jusqu’à 140 km/h, nous sommes aussi à l’abri des insectes pour éviter tout produit phytosanitaire. Et travailler debout à l’abri du vent, c’est en plus agréable et à la portée de tous. Souvent nos retraités adhérant à nos paniers légumes hebdomadaires, viennent nous aider bénévolement. Cette interconnaissance nous a fait découvrir cette bonne surprise, que nos cameras cachées dans nos serres flottantes sont devenues inutiles… ce qui n’est pas le cas dans nos ceintures vertes urbaines !

Émerveillé par cette nouvelle réalité qu’il découvrait pour la première fois, monsieur Ruiz fut ravi de se mettre à table pour goûter cette complémentarité de couleurs et de saveurs entre les poissons, les algues et les coquillages merveilleusement bien agencée par Geneviève dans les assiettes… comme s’il s’agissait d’aquarelles !

Un ludion n’est pas un bateau !

Exemple de maison bulle flottante : Anthénéa

La faim est propice au silence, mais en s’asseyant monsieur Ruiz s’intéressa aux trois plongeurs qui s’étaient rajoutés à la table d’hôte. Sans doute espéraient-ils eux aussi profiter de la séance de dégustation de bon vin qu’ils étaient allés chercher à 25 mètres de fond dans leurs casiers métalliques.

  • Ce qui m’étonne, dit monsieur Ruiz, en s’adressant à son nouveau voisin : «  C’est que nous sommes confortablement assis à 9 mètres au dessus des vagues grâce à quatre tuyaux qui soutiennent notre plate-forme de 6m X 9m, et que nous ne ressentons pas, comme sur un bateau, le roulis des vagues ! »
    «
    Gérard le plongeur fut tout content d’apprendre à ce convive venu de très loin acheter du vin, qu’un ludion n’est pas un bateau ! Par souci de pédagogie, Gérard sortit de sa poche son thermomètre, un outil familier pour un grand sportif. Il trempa son thermomètre dans un grand verre d’eau, et montra à monsieur Ruiz la bille de mercure lourde qui permet au thermomètre de rester vertical, quelque soit l’agitation de l’eau !
  • « Hé bien, si notre serre construite comme une sphère aplatie de 6m de diamètre est si stable à 9m au dessus de l’eau, c’est parce que, à 9 mètres en dessous du niveau de la mer… des casiers de galets remplacent le mercure lourd de mon thermomètre ! Dix huit tonnes de galets à 9m sous l’eau, pour compenser les deux tonnes de notre serre-habitacle à 9m au dessus de l’eau… Voila la fonction du ludion ! »
  • Et si la tempête se lève, cela fonctionne pareil ? » demanda monsieur Ruiz étonné.

Jean lui répondit que notre ludion sert aussi de station complémentaire d’observation pour la météo des plages, pour la détection des espèces invasives comme les méduses, pour le secours en mer,  et d’outil de détection sismique pour le BRGM.

  • «Autant vous dire que si une vague de 6,5m vient surprendre notre ludion, je préfère être ici que chez moi sur le ponton ou dans le chenal du port ! Car devant cette vague de 6,5m que nous verrons passer sous nos pieds, nous aurons juste le temps d’en alerter au portable nos amis et nos familles pour fuir sur les hauteurs ! Une  vague de 6,5 m ici, en rencontrant la côte, peut devenir en dix minutes une vague du double, soit de 12 mètres !»

Ce verdict effrayant jeta un froid au milieu des convives ! Un autre plongeur pour rompre le silence, expliqua que Jean Louis Étienne, que tous semblaient bien connaître, était parti dériver neuf mois en mission scientifique dans  l’Antarctique en 2018 pour faire des mesures  avec une sorte de « radeau des mers » qui n’était rien d’autre qu’un ludion comme le nôtre ! Mais bien sûr, plus sophistiqué et construit avec l’aide des chercheurs d’IFREMER.

  • «En Amérique à San Diego existe un phare flottant conçu sur le principe du ludion depuis longtemps, pourquoi ne pas nous en inspirer ? » conclut le plongeur pour clore le sujet.»

Le moment du dessert arrivant, tous furent d’accord pour mettre en place le rituel de la dégustation tant attendue ! Car c«’était pour cette raison que monsieur Ruiz, acheteur potentiel, avait fait tant d’heures de vol depuis l’Asie !

La dégustation de vin élevé sous la mer !

Chaque échantillon était double, pour que chaque vin soit dégusté dans sa version « vieille barrique en cave», et sa version « vieillie à température constante à 25m de profondeur, sans lumière sous la mer ». Jean disposa les verres sur des numéros anonymes, pour utiliser la méthode bien connue des « tests en aveugle ».

La valeur ajoutée du vieillissement du vin en mer s’imposa à tous sans hésitation !

Jean apporta des compléments d’études scientifiques réalisés par des œnologues en fond marin à Saint Malo et à Ouessant, pour permettre de mieux comprendre cette différence.

Sans perdre de temps, on en vint alors très vite au prix majoré du vin des Corbières, vieilli au fond de la mer, par les paysans Terre Mer ! Monsieur Ruiz trouva ce surcoût  très raisonnable et félicita l’initiative des paysans Terre / Mer en regrettant de ne pas pouvoir changer son billet d’avion pour découvrir leurs autres activités à terre et sur les tortues maraîchères flottantes qui servaient  d’installation agricole aux jeunes. Des installations qui avaient permis de requalifier significativement des friches viticoles par l’agroforesterie, le lupin…et de redonner une vie aux sols épuisés par la vigne, de développer l’éco pâturage pour limiter les incendies, combiné avec l’entretien des fossés pour juguler les inondations de plus en plus brutales l’hiver. Ce qui fit vite consensus dans la discussion ce fut de  remplacer progressivement cet arbre conquérant et incendiaire qu’est le pin  d’Alep (venu d’Afrique) par  la relance du figuier, grâce à l’appui du conservatoire de Porquerolles et de l’Aquitaine, de l’olivier grâce à l’appui de variétés de la Corse et du Conservatoire de Durban, de l’amandier en garrigue grâce à une méthode d’ aridiculture pratiquée bénévolement et pédagogiquement avec les enfants du primaire.

L’heure du départ était venue : monsieur Ruiz fut touché par le petit cadeau offert par Geneviève au nom des paysans de la mer : une amphore en argile contenant 5 litres de vin, modèle réduit d’une amphore de 60kg  retrouvée avec son vin dans le Golfe du Lion et vendue aux enchères ! Monsieur Ruiz, définitivement conquis, promit de revenir à Gruissan en famille au moment du Mondial du Vent.

François Plassard pour le Clairon de l’Atax, novembre 2018

Contacts :
Francois Plassard président de l’association Paysans Terre Mer , 9 place de la mairie
11440 Peyriac de mer  tel : 0676477809   fplassar@gmail.com

Bruno Cluset : Chantiers et recherche et developpement, INNOVEUM  Mediterranée , ZI la Coupe, 74, Avenue Paul Sabatier, 11 100 Narbonne tel : 0468581888 ou 0676282582   bruno.cluset@sfr.fr
L’association : lespaysansdelamer@gmail.com 

 

Note de la rédaction : en raison de contraintes d’édition nous n’avons pas reproduit la partie du texte qui expliquait comment de tels équipements peuvent, au delà de l’aspect maraîcher et piscicole,  servir d’appui à toutes sortes d’extensions novatrices dans les domaines de la recherche scientifique, du tourisme, etc.

 

 

 

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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