Faire connaitre la mobilité électrique

Le récent R.E.V.E.R. (Rassemblement Eurorégional de Véhicules Electriques de Rivesaltes) a remporté un franc succès : les visiteurs, exposants, conférenciers, les élus et visiteurs ont unanimement reconnu la nécessité d’agir dès à présent pour limiter le réchauffement climatique et donc les déplacements anarchiques en véhicules thermiques…

Bus électrique à  autonomie illimitée, utilisé comme navette entre l’aéroport de Nice et la Ville (photo RFI)

Une fois de plus, cette manifestation organisée par des associations, témoigne de la capacité de la société civile à mobiliser des compétences et de l’expertise dans un cadre bénévole. Les professionnels et les entreprises, constructeurs d’automobiles ou de matériel électrique engagés dans une démarche plus écologique, ne s’y sont pas trompés en exposant leurs matériels et / ou en participant aux débats.

Si R.E.V.E.R a attiré un public souvent conquis d’avance, il nous semble souhaitable que de prochaines manifestations de même nature devraient plus insister sur une information et des explications ciblant un public moins averti, sur des thèmes tels que :

  • l’autonomie réelle des véhicules et sa variation en fonction des conditions climatiques été/ hiver, des  styles de conduite et type de routes,  
  • les différents moyens de recharge des batteries,
  • l’impact du développement de la mobilité électrique sur la production nationale d’électricité, etc.
  • le coût comparé entre un véhicule électrique et un véhicule thermique, incluant l’achat et l’entretien du véhicule mais aussi la consommation de « carburant »

De plus, si l’on a pu entendre des déclarations émanant d’élus locaux et régionaux, il apparaît hautement souhaitable que les collectivités locales proposent des stands destinés à informer le public sur les différents investissements existants et en projet, en vue d’une mobilité plus respectueuse de l’environnement et des ressources énergétiques disponibles : investissements engagés ou prévus en matière de mobilité électrique bien sûr, mais plus largement, vers une mobilité durable, qu’il s’agisse de véhicules particuliers ou de solutions partagées (transports en commun, véhicules partagés et covoiturage , etc.). Cette question est d’autant plus aiguë pour les zones rurales pour lesquelles le déficit en transports en commun rend quasi obligatoire le recours aux véhicules individuels.>

Dans le même état d’esprit, il conviendrait que les associations investies dans cette démarche soient plus visibles, afin de témoigner des actions prises ou envisagées pour influer sur les décisions de la puissance publique, à tous niveaux : état, région, département mais  aussi Villes et Agglomérations (parkings de délestage, stations vélo, etc.)

Camions électriques Sovel des brasseries Hatt, Strasbourg années 1930,  (photo Brasseries de Mons)

La mobilité : un problème urgent et incontournable

Le temps perdu dans les embouteillages, les coûts de la pollution automobile en termes de santé publique, amènent des citoyens à agir et la puissance publique à engager de lourds investissements d’infrastructures (réseaux de trams, métro, bus, navettes et parkings de délestage connectés), mais aussi création d’aires de covoiturage, systèmes d’auto-partage, installation de bornes de recharge rapides, etc.

Les électromobilistes, souvent « militants », sont passés à l’après pétrole avec des habitations dotées d’installations solaires et/ou géothermiques et/ou éoliennes pour produire de l’électricité, de l’eau chaude et du chauffage / climatisation … et recharger leurs véhicules  électriques.

R.E.V.E.R.2018 ? Aux rencontres de Rivesaltes ou aux étapes du RALLYE qui les suivirent, un public intéressé est venu se renseigner sur des solutions plus avantageuses pour son porte-monnaie quotidien ….

La flambée des prix du Gazole (vers un baril à 100 dollars ?),  le rééquilibrage des prix à la pompe essence-diésel, les interdictions d’accès aux véhicules polluants dans certaines villes (Berlin, Londres, Paris …), sont autant de raisons qui conduisent le sacro-saint diesel droit dans le mur. En France, la vente de voitures diesel est passée de 75% en 2012, à moins de 40% en 2018 ! La chute est vertigineuse pour les constructeurs qui non seulement peinent à écouler leurs stocks, mais rencontrent des difficultés à fournir les moteurs à essence demandés  (cf. Peugeot qui importe ses nouveaux moteurs essence efficients fabriqués en Chine !).

Certains constructeurs et non des moindres annoncent l’arrêt du DIESEL (Toyota, Lexus, KIA, Porsche, …) ; plusieurs pays / régions / villes annoncent 2030 comme date d’interdiction à la vente des véhicules thermiques ainsi du Danemark, des Pays Bas, de la Wallonie, de la Norvège,d’ Israël, de l’Inde, de l’Allemagne  … (la France en 2040 ?).

Les îles Baléares, programment l’interdiction des véhicules diesel à partir de 2025 et les véhicules essence à l’horizon 2035. Paris imagine d’interdire les diesels à la circulation dès 2024. Plusieurs villes d’Allemagne ont décidé de prohiber dès à présent la circulation des voitures diesel polluantes (respect de la norme Euro6) telles Leipzig, Hambourg, Francfort, Berlin, alors même que des capitales instaurent avec efficacité des péages urbains : Singapour (1975), Téhéran, Bergen (1986), Oslo (1990), Trondheim (1991), Dublin et Londres (2003), Stockholm et Milan (2008), Rome, bientôt Madrid…  Citons les initiatives de Göteborg, en Suède puis Stockholm : un abonnement (130€ / mois) permet d’utiliser à volonté tous les modes de transports existants : vélos, covoiturage, bus, tram, taxi, bateau et même la location de voiture, pour un week-end à la campagne par exemple. L’objectif étant de vivre sans voiture (s)  personnelle (s) et donc de décongestionner les villes.

Dès 2019, les constructeurs présents sur le marché chinois et vendant plus de 30 000 voitures par an devront vendre au moins 10% de véhicules entrant dans la catégorie « NEV » (New Energy Vehicle) : hybrides rechargeables, électriques ou dotés d’une pile à combustible, que ces véhicules soient produits sur place ou importés et ce, sous peine de pénalités.

A noter :

Ce mardi 9 octobre 2018, les ministres de l’Environnement de l’Union européenne ont acté une réduction de 35% des émissions de CO2 des voitures et utilitaires d’ici à 2030, soit moins que les 40 % proposés par le Parlement européen au début du mois.

Alors que faire pour remplacer les carburants fossiles polluants ?

Les consommateurs se retournent vers

  • les carburants alternatifs : le GPL, le GNV, l’Ethanol dilué ou via des boîtiers homologués (1 500 € installés pour un carburant à moitié prix),
  • l’électrique à batterie qui voit une offre grandissante de véhicules neufs ou d’occasion à autonomie augmentée (400 kms et même 500 kms) ; l’hybride rechargeable (offrant une autonomie électrique de 50 kms) et les hybrides simples popularisés par les constructeurs japonais Honda et Toyota-Lexus, à la fiabilité légendaire et apportant un coût d’usage 40% moins cher que leurs équivalents Diesel tout en offrant une pollution moindre et une facilité d’utilisation sans équivalent : il suffit de mettre de l’essence… l’ordinateur de bord réglant le fonctionnement des 2 moteurs (thermique + électrique) ainsi que la recharge / décharge de la batterie (Les PRIUS 1 commercialisées en 1997 passent allègrement les nouvelles normes Euro VI…) .
L’UFC-Que Choisir vient de publier sur son site les résultats d’une étude comparative qui met au jour que, en dépit d’un prix d’achat plus élevé, les modèles électriques et hybrides rechargeables sont au final plus économiques que les véhicules équivalents qui grillent du carburant fossile.

 

Et demain ? Bien malin le devin qui peut prédire l’avenir !

Le véhicule électrique à énergie solaire construit par les élèves du collège J Anglade de Lézignan

La fin programmée du pétrole abondant et pas cher sera remplacée par de multiples solutions énergétiques. Finis les moteurs diesel pour tous types de véhicules et de déplacements.  Au R.E.V.E.R. de Rivesaltes et à Barcelone (Expo Electric),  les engins électriques proposés à la vente étaient légion : mono roue, ou avec 2, 3 ou 4 roues, pour se déplacer debout ou assis, de la trottinette aux vélos, du scooter à la voiture jusqu’à l’utilitaire…  Tout dépend du besoin …et du budget.

Il est plus que probable que l’énergie -carburant unique- (pétrole) sera remplacée par de multiples solutions énergétiques… La propriété individuelle de la bagnole, signifiante de statut social, laissera la place à de multiples solutions de location : le consommateur achètera des Kms et choisira un cabriolet pour un week-end en bord de mer, un 4×4 pour un séjour à la montagne, une berline routière pour un déplacement grande distance et de l’auto partage ou du covoiturage pour ses déplacements fréquents et/ou  utilisera les transports en commun (bus-tram-train-vélos..) au quotidien.

Le mix énergétique évoluera lentement mais sûrement … Croire au grand remplacement par le V.E. à batterie n’est pas pour demain,  sauf découverte technologique de grande ampleur !

  • 150 000 V.E circulent en France sur un parc de 38 millions de véhicules ! (0,39%)
  • 3,1 Millions de V.E. circulent dans le monde soit 0,1% d’un parc de 1,8 milliards !
  • En 2017, il s’est vendu 1,1 million de V.E. dont 580 000 en Chine !

Bref la marge de progression est immense ….

Et demain ?   A suivre…

Joël Raimondi pour le Clairon de l’Atax le 29/10/2018

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