La permission

Iran – 1h28 – 2018

Un film de Soheil Beiraghi avec Baran Kosari, Amir Jadidi, Sahar Dowlatshahi.

« Allez les filles ! »

Afrooz est capitaine de l’équipe féminine de futsal (football en salle). Après 11 années de travail acharné, son équipe est en finale de la coupe d’Asie des Nations qu’elle doit aller disputer en Malaisie. Mais au moment de prendre l’avion, elle apprend que son mari lui interdit de quitter le territoire. Effectivement en Iran, une femme ne peut voyager qu’avec l’accord de son mari.
Afrooz va alors tout mettre en œuvre pour obtenir cet accord.

Ce film s’inspire d’un fait réel : Niloufar Ardalani a bien été interdite de voyage par son mari, Mehdi Toutounchi qui est aussi (comme Yaser dans le film) présentateur télé.

L’avocate d’Afrooz, Pantea Aledavood (Leili Rashidi) rappelle la grande avocate iranienne Nasrin Sotoudeh (lauréate en 2012 du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen, cette militante des droits de l’homme a été condamnée à cinq ans de prison en juin 2018, notamment pour avoir défendu des Iraniennes qui contestaient le port du voile obligatoire).

Afrooz va devoir se battre contre la loi iranienne, mais aussi contre la directrice de l’équipe de futsal qui, loin de prendre son parti, va la desservir en la considérant comme une rebelle. De même que l’équipe féminine qui, après avoir embarqué, a totalement ignoré Afrooz et l’a laissée seule se débattre face à l’obscurantisme.

Que dire du mari ?! Si ce n’est que c’est un pauvre malheureux (!), séparé de sa femme depuis un an, qui ne peut accepter l’évidence de la distanciation affective de celle-ci. Il se réfugie donc derrière la loi pour imposer sa volonté de façon perverse et bornée.

Afrooz apparaît comme une femme enfermée dans une cage de verre qui, comme la luciole attirée par la lumière, se cogne sans effet aux parois de sa prison.

Un film à voir pour se souvenir que nous sommes en Iran (à quelque heures d’avion de la France) encore loin de la libération de la femme et qu’il ne faut rien lâcher, même en France, pour garder les droits que nous avons conquis de haute lutte. Celle-ci n’est malheureusement pas finie et pour nos sœurs iraniennes, elle commence seulement.

 » Allez les filles ! « 

 

UN FILM BOYCOTTÉ EN IRAN (extrait d'un article du Courrier International)

Les accents féministes de La Permission n’ont guère plu au distributeur Hozeh Honari, connu pour son conservatisme, qui a refusé de programmer le film dans les 97 salles de son réseau. Dans une lettre ouverte, l’Association des réalisateurs iraniens, une organisation indépendante, a dénoncé ce boycottage comme étant “une violation de la loi”, le film ayant obtenu son visa d’exploitation. Face au tollé, Hozeh Honari n’a nullement fait marche arrière et a accusé le film d’être “contre les valeurs familiales”.

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 16/11/2017

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