Si Beale Street pouvait parler

USA – 1h59 – 2018 – Meilleure actrice dans un second rôle Golden Globes 2019
Un film de Barry Jenkins avec Kiki Layne, Stephan James, Regina King.

Les années 70 à Harlem. Un jeune couple Tish et Fonny sont follement amoureux. Ils se connaissent depuis l’enfance et leur avenir semble tracé. Malheureusement Fonny est arrêté et bien qu’il clame son innocence, sa négritude le condamne d’emblée. Tish va engager un long combat pour que l’innocence de son amoureux soit reconnue et qu’il soit libéré.

Nous ne sommes pas dans les bas-fonds de Harlem, ce jeune couple est propre, bien habillé et parle correctement. Les parents de Tish semblent originaires de la middle-class, ils vivent dans un appartement coquet.

Ce qui les rassemble, c’est l’amour autour de la mère, femme d’une grande bonté, c’est la présence du père, un homme travailleur qui aime rire, boire et qui témoigne une affection profonde à ses enfants. Il en va tout autrement des parents de Fonny, le père qui est un ami du père de Tish, lui ressemble, il aime s’amuser, la mère et les filles sont des grenouilles de bénitier, confites dans l’adoration du Seigneur qui considèrent que l’arrestation de Fonny est bien méritée et que seul le Seigneur peut le tirer de ce mauvais pas.

Un film totalement et purement esthétique, tout est bien « léché », les plans sont magnifiques, les couleurs s’harmonisent, la lumière est travaillée, c’est très beau et les regards de ces jeunes gens les transcendent.

Moi, j’aurais aimé un peu plus de politique, un développement sur la situation des Noirs dans ces années de braise, j’aurais aimé que le policier responsable de l’arrestation de Fonny soit moins caricatural, j’aurais aimé plus de conviction dans la bagarre pour arracher Fonny aux griffes de la justice. Ce film, tiré du livre de James Baldwin est très policé. J’aurais eu envie de prendre fait et cause pour ces jeunes propulsés dans la dureté de la vie, de m’enflammer contre cette injustice.

Bref, je n’aurais pas seulement aimé voir mais aussi participer. C’est peut-être la différence dans un cinéma entre regarder et voir !

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 12/02/2019

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