J’veux du Soleil !

France – 1h16 – 2019
Un film de Gilles Perret et François Ruffin

Et voilà les deux compères sur les routes de France dans leur Berlingo.

Objectif : aller rencontrer les « gilets jaunes » et parler de ces gens. Et nous voilà aussi embarqués dans le Berlingo pour découvrir les ronds-points et leurs occupants, les « petites gens » comme on dit.

Et soudain, ce sont Cindy, Corinne, Khaled, Rémi, Denis, Marie qui nous parlent et nous racontent leur quotidien. Le frigo vide que remplit la grand mère parce que, bien qu’ils travaillent tous les deux, ils ne s’en sortent pas. La petite dame qui mange grâce aux lotos-quines (les bingos dans les salles municipales) : elle aide à la mise en place, on lui donne des cartons et elle peut jouer et gagner des bons d’achat Auchan. Une autre dame bien mise qui n’a jamais manifesté mais qui pique des plots pour bloquer les camions.

Et ils disent aussi combien ils se sont soudés dans leur misère, comment ils se serrent les coudes Il y en a un qui a trouvé du travail grâce à un autre :  le rond point, c’est plus efficace que Pôle Emploi  » !.

Ils montrent fièrement leur construction, leur aménagement ; ils parlent de ceux qui les soutiennent, qui leur apportent de la nourriture.

François Ruffin va un peu les chercher, les provoquer : « Et si vous étiez Président, vous feriez quoi ?« . Et puis il joue aussi à Macron, il répond aux réclamations.

Et puis, il y a Marcel, le portrait géant d’un maçon à la retraite, au visage buriné et marqué par la fatigue mais, dans l’œil, un sourire, qui est venu au rond point. La cabane a été brûlée mais ils ont sauvé le portrait qui est un peu leur totem.

Et toi, tu es là, dans ton fauteuil de cinéma, au chaud avec ta place que tu as pu payer et tu regardes l’autre France, celle d’en bas qui trime et qui n’en peut plus.

Ce film, c’est la déclaration d’amour de François Ruffin à tous ces gens. Il se termine sur ces notes de la chanson « J’veux du soleil« .

Les quatre salles du cinéma d’art et d’essai l’Astrée de Chambéry étaient pleines. François Ruffin était là et la soirée a continué avec un débat au Carré Curial.

Patricia Renaud, pour le Clairon de l’Atax, le 04 mars 2019

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