Le débat public sur les déchets nucléaires aura enfin lieu

Futs stockés (Image IRSN)

Plusieurs fois repoussé, le débat public sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) pour la période 2019-2021 se déroulera du 17 avril au 15 septembre 2019. Contrairement au « Grand Débat » bricolé par E. Macron pour répondre à la crise politique provoquée par le mouvement des gilets jaunes, il s’agira cette fois d’un « vrai » débat puisque mené sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public par une CPDP  (Commission Particulière du Débat Public)  selon une méthodologie connue par l’ensemble des parties. L’objectif est ambitieux puisque qu’il vise à la fois à recueillir l’opinion des citoyens sur les problèmes et solutions relatifs à  la gestion des déchets radioactifs, mais aussi à tirer des leçons quand à l’amélioration des procédures de concertation.

Madame Isabelle Harel-Dutirou, la présidente de la CPDP chargée de ce débat, manifeste l’ambition de constituer, en plus du seul traitement de la question des déchets nucléaires, une référence en matière de débats publics et servir à une réflexion plus large sur la gouvernance du secteur nucléaire. Les moyens financiers de cette ambition semblent réunis puisqu’un budget de 1,5 millions € a été alloué à ce débat.

Un site internet dédié au débat sera ouvert fin mars 2019.  Le débat sera précédé par 3 expertises qui contribueront à l’alimenter : elles porteront sur « l’analyse des possibilités d’entreposage à sec des combustibles radioactifs, l’état des lieux à l’international du stockage géologique profond des déchets radioactifs, et l’analyse des jeux d’acteurs et des intérêts économiques autour du nucléaire en France ».  Des réunions publiques de diverses formes seront organisées à Paris et dans de nombreuses villes en métropole et outre mer. Un « groupe miroir » de 15 citoyens recrutés selon un panel représentatif suivra l’ensemble de la démarche. Des « cafés citoyens » et des actions de formes diverses devraient compléter le dispositif. Selon la CPDP l’enjeu est important car le débat n’est pas seulement technique, la nature même de certains déchets dont la dangerosité perdure sur des centaines de milliers d’années pose de problèmes éthiques que les  « experts» du nucléaire ne peuvent pas résoudre à eux seuls. La réflexion doit concerner l’ensemble de la société et l’ambition de la CPDP est de faire participer le citoyen profane aux échanges sur l’avenir des déchets nucléaires. « Il ne s’agit pas d’offrir une tribune aux « sachants », mais de proposer des présentations ciblées pour sensibiliser les citoyens », souligne Isabelle Harel-Dutirou. !

Ce débat public devrait se conclure par 2 journées de clôture et de restitution les 24 et 25 septembre.qui se tiendront à Paris.

Les objectifs sont annoncés, les moyens sont là ainsi que la méthodologie, la démarche à l’air sérieuse : réussira-t-elle à mobiliser les citoyens ? La partie n’est pourtant pas gagnée car de nombreuses associations locales ou nationales (comme « Sortir du Nucléaire ») ont été échaudées par des précédents où le débat à coupé court.

La rédaction du Clairon de l’Atax le 12 / 03 / 2019

Pour en savoir plus :

Site internet PNGMDR  (Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs) :
https://www.debatpublic.fr/plan-national-gestion-matieres-dechets-radioactifs-pngmdr

 

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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