Progrès dans la lutte contre l’emploi du Glyphosate

Malgré les atermoiements d’E. Macron et du gouvernement, les actions pour sa suppression se multiplient tandis qu’un succès important est obtenu auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Malgré les atermoiements d’E. Macron et du gouvernement, les actions pour sa suppression se multiplient tandis qu’un succès important est obtenu auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne.

En France

Recherche de glyphosate : échantillons d’urines (photo FR3) 

A la suite des campagnes d’analyse d’urine en vue de rechercher des traces de glyphosate initiées par le collectif ariégeois Campagne glyphosate suivi par les « faucheurs volontaires » bretons ces deux organisations avaient porté plainte en justice en 2018, suite à la détection dans l’ensemble des échantillons de taux de glyphosate supérieurs à la dose maximale autorisée.
Ce sont cette fois 50 volontaires originaires de la région lilloise, des Flandres, de la région de Douais et du Valenciennois qui ont déposé une plainte en justice après avoir fait analyser leurs urines le 12 janvier 2019. L’ensemble des échantillons révélait des taux variant de 0,35 nano grammes par millilitre à 2,05 nano grammes/ml, pour une moyenne de 0,88 ng/ml, la dose maximale autorisée dans l’eau potable par l’UE étant de 0,1 ng/ml !
Le collectif nordiste a donc porté plainte à son tour « mise en danger de la vie d’autrui« , « tromperie aggravée » et « atteinte environnementale« .

Ces trois plaintes seront traitées par le pole « Santé publique » du Parquet de Paris.

Au niveau européen

Le jeudi 7 mars, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt annulant la décision de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) de refuser l’accès aux études scientifiques qui avaient fondé sa conclusion en novembre 20)15 que le glyphosate n’était pas cancérogène. 

Cet arrêt fait suite à une plainte déposée contre l’EFSA pour -entrave à l’accès aux documents- par 4 députés européens dont la Française Michèle Rivasi (Europe Ecologie les Verts). Le refus de l’EFSA se fondait notamment sur la nécessité de protéger les intérêts commerciaux des 3 industriels agrochimistes Monsanto, Cheminova et Syngenta ainsi que sur « l’absence d’intérêt public supérieur » !!

Il est intéressant de noter que l’EFSA, partie défenderesse, était soutenue dans ce procès par  Cheminova A/S, Monsanto Europe, Monsanto Company, ce qui pose pour le moins des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts reliant l’autorité européenne aux agrochimistes ! Rappelons aussi qu’il a été établi, fin 2018 que l’institut allemand BfR (Bundesinstitut für Risikobewertung), réputé indépendant et mandaté par l’Union Européenne, pour produire l’expertise justifiant la prolongation d’autorisation d’emploi du glyphosate, avait recopié, souvent mot par mot le dossier d’homologation que Monsanto et ses partenaires avaient remis en 2012 aux autorités européennes !
Ces faits ont largement contribué à alimenter les convictions d’une partie de l’opinion que les autorités européennes, soumises à l’influence prépondérante des lobbies, privilégiaient les intérêts industriels et financiers au détriment du bien public.

Les agrochimistes contre attaquent ?

Les différentes campagnes de recherche de  glyphosate dans les urines, menées actuellement par des initiatives citoyennes, montrent que dans la quasi-totalité des échantillons analysés les taux de glyphosate supérieurs à la dose maximale autorisée par l’UE.  Le camp des industriels agrochimistes et des organisations agricoles qui les soutiennent tentent d’opposer une contre feu à ces résultats accablants en mettant en cause les tests pratiqués. C’est ainsi que le bruit se répand dans les médias que ce qui est mesuré par ces tests urinaires c’est la présence d’un produit, l’AMPA, issu de la dégradation soit du glyphosate, soit de la dégradation de la lessive, des détergents industriels et domestiques présents dans les eaux usées et que les tests pratiqués ne permettaient pas de distinguer l’origine de cet AMPA. Ce qui traduit élégamment le slogan d’une organisation agricole par : « les pisseurs de glyphosate sont en réalité des pisseurs de lessive »…

Mais la réponse de la communauté scientifique ne laisse aucun doute sur l’ineptie de ces rumeurs et infox : il est parfaitement possible de distinguer l’origine de cet AMPA et dans le cas des analyses pratiquées il s‘agit bien de glyphosate !

(Image Greenpeace)

Pour autant la bataille du glyphosate n’est pas terminée, loin de là, les lobbies agro-industriels conservent leur influence : ainsi l’Assemblée nationale à voté, vendredi 15 mars dernier, le report à l’année 2025 de l’interdiction de produire, stocker et vendre des produits phytopharmaceutiques destins aux pays hors UE, alors que cette interdiction était initialement fixée à 2022 !  La réponse à la question : « les institutions politiques européennes et nationales actuelles sont-elles garantes de la sécurité et du bien être des citoyens ou vouées aux intérêts des multinationales industrielles et financières ? », n’est pas évidente. Il appartiendra au citoyen de clarifier la situation par leur vote aux prochaines élections européennes !

Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 17/03/2019

 

Pour en savoir plus :

https://www.liberation.fr/checknews/2019/03/15/les-tests-urinaires-du-glyphosate-mesurent-ils-en-realite-des-residus-de-lessive_1714309

 

Print Friendly, PDF & Email

1 commentaire

burger catherine

A Narbonne, un groupe de citoyens se sont soumis à ces prélèvements et les résultats sont édifiants, mais peu d’écho dans la presse locale…..

Laisser un commentaire