Empoignades autour de l’hydroélectricité française ?

La France résistera-t-elle à l'ouverture à la concurrence de sa production hydroélectrique ainsi que le lui demande l'Union européenne ?

Centrale EDF de Rhinau (image : « Au fil du Rhin »)

La France dispose actuellement d’un potentiel en hydroélectricité qui représente 12,5% de la production électrique totale. Ce potentiel est réparti entre des installations de natures et de tailles diverses (grands barrages, conduites forcées, centrales au fil de l’eau, etc.). Des entreprises de tailles et statuts variés se partagent l’exploitation des centrales électriques. L’exploitation des centrales > à 4,5 Méga Watt fait l’objet de concessions attribuées par l’Etat, la plus part pour une longue durée (jusqu’à 75 ans). Il y aurait ainsi plus de 400 concessions attribuées par l’Etat.
Ce système de concessions est devenu contraire au droit européen et la Commission européenne a mis en demeure le France, ainsi que 7 autres pays européens, de renouveler et d’attribuer les marchés publics de production hydroélectrique selon des règles conformes au droit européen.

Jusqu’à présent, la France, comme d’autres pays européens, autorisait le renouvellement ou la prolongation, de concessions sans passer par une procédure d’appels d’offres ce qui est contraire à la règlementation européenne. Cette pratique en vigueur est liée au fait que la production hydroélectrique est considérée comme stratégique par la France ainsi que le souligne la députée Delphine Batho, présidente de Génération écologie, qui confirme le caractère stratégique de ce secteur d’activité : « tant pour la production d’électricité renouvelable que pour la gestion de la ressource de l’eau ». Cette position est partagée par plus d’une centaine de députés, tous bords politiques confondus, qui ont déposé une proposition de résolution qui demande à l’Etat de négocier avec Bruxelles, en concertation avec les autres pays visés par la commission, l’exclusion de l’hydroélectricité des directives européennes imposant l’ouverture à la concurrence.

Cette position, soutenue par la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT,) devrait aussi convenir aux grands opérateurs historiques de l’hydroélectricité : la CNR (Compagnie Nationale du Rhône), EDF et la SHEM (Société Hydro-électrique du Midi). Cela à un moment où l’Elysée réfléchit à une reconfiguration d’EDF en établissement public qui en plus du nucléaire, prendrait en charge les barrages hydroélectriques !

Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 08/04/2018

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