Douleur et Gloire : un film à voir

(Dolor y Gloria)

Espagne – 1h52 – 2019 Un film de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Penélope Cruz

 

« Un homme se penche sur son passé »

Cela commence comme une encyclopédie médicale par la lente énumération de tous les maux d’un homme sur le déclin. Mais dans ce lamento, il y a un rire contenu, un peu d’humour et beaucoup d’amour. Cet homme crucifié par tous ces maux n’a plus de goût à rien, enfermé dans la somptuosité de son appartement madrilène, il souffre de ne plus tourner.
Et Almodovar égrène les plans comme d’autres les grains de chapelet. On s’y retrouve toujours dans la litanie de ces années et dans la croissance de cet enfant.
C’est Almodovar tout nu qui regarde le Salvador de sa jeunesse, qui regarde sa mère, c’est et ce n’est pas Almodovar. Quelle est la part de fiction dans la réalité de son passé ?
Le voilà enfant plutôt doué qui apprend à lire et à écrire à un jeune ouvrier, le voilà en discussion avec son « ennemi juré » avec qui il a eu maille à partir trente ans auparavant. Mais le temps a passé et c’est l’heure des réconciliations.

On sent dans toutes ces scènes de jeunesse, notamment celle des lavandières parmi lesquelles il y a sa mère, tout l’amour qu’il a porté à ces femmes et la nostalgie de ces jours harmonieux passés.
Le père existe peu, c’est sa mère, femme forte et courageuse qui mène la barque et qui occupe le devant de la scène, c’est elle qui réconforte, qui soigne et qui nourrit (merveilleuse Penélope Cruz).
Il semble que Douleur et Gloire achève la trilogie composée de La Loi du Désir et La Mauvaise Education qui traitent toujours du sujet d’un homme réalisateur et de la façon dont il aborde la fiction cinématographique. C’est encore le cas dans Douleur et Gloire où fiction et réalité s’entremêlent.
Mais est-ce tellement important de savoir qui est qui ou qui est quoi ? Ces petites touches minimalistes de ces moments presque picturaux nous apportent tellement de bonheur teinté d’un soupçon de nostalgie qu’on en redemanderait.

Encore, Monsieur Almodovar, por favor !!

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 23/05/2019

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