Incendie à Cuxac : mêmes causes, mêmes effets !

Vue panoramique du Mont Carretou dévasté par l’incendie (photo D. Vexenat)

Un incendie évitable ?
Des ouvriers travaillant à la clôture d’une propriété ont involontairement mis le feu  à des broussailles avoisinantes le jeudi 18 juillet. Cet incendie attisé par un vent assez fort s’est ensuite propagé au pied et le long de la colline du Mont Carretou, sur une surface d’environ 8 hectares, détruisant au passage un important patrimoine floristique qui comprenait des variétés rares de fleurs endémiques, d’orchidées, ainsi que de nombreux arbres et arbustes, certains plantés récemment dans le cadre de la restauration des anciennes glacières qui ont, elles aussi, subi de sérieux dégâts. Grâce au professionnalisme des pompiers le feu a pu être cantonné à la face sud du Mont Carretou et n’a pas atteint les maisons proches.
Il y a 2 ans, les travaux d’une entreprise dans une propriété, située chemin du Pas de Sarte avaient mis le feu à des broussailles. Ce feu s’était ensuite propagé en détruisant des arbres ainsi qu’une remise et en menaçant de très près une maison voisine.

Deux incendies provoqués dans des circonstances proches, en peu de temps, cela pose question. Et peut-on se contenter de répondre « c’est la faute à pas de chance » ?

  • Les entreprises n’ont-elles pas à prendre des dispositions particulières quand elles travaillent dans un espace naturel combustible comme, par exemple, arroser un périmètre minimum autour de leurs travaux ?
  • Le piémont et les flancs de la colline appartiennent à une mosaïque de propriétaires qui ne prennent pas en compte les consignes de débroussaillement. Rappelons que celles-ci ont un caractère obligatoire dans un rayon de 50 m autour des installations et maisons et dans une bande de 10 m de part et d’autres des voies privées qui y donnent accès. Rappelons aussi qu’en cas de non respect de la règlementation le contrevenant est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1500 € et qu’indépendamment des poursuites pénales, le maire ou le préfet peuvent mettre en demeure les propriétaires d’exercer le débroussaillement et en cas de non exécution de prononcer une amende de 30 € par m² de la surface soumise au débroussaillement.
  • Enfin dernière interrogation : l’intervention d’un avion « tracker » qui a déversé un liquide retardateur à permis d’éviter une contagion du feu à des broussailles, mais pourquoi n’a-t’il pas été possible de faire intervenir des canadairs pour limiter la propagation du feu sur les flancs de la colline et préserver ainsi une partie du patrimoine naturel

Les pompiers arrosent les broussailles pour contenir le feu (image HR)

L’incendie du 18 juillet n’est pas à prendre à la légère : il a non seulement détruit une végétation remarquable qui mettra du temps à repousser, mais il a aussi  dégradé les anciennes glacières qui contribuent à l’attractivité touristique de la commune de Cuxac d’Aude. Il est temps de ne plus considérer ces incendies comme une fatalité régionale mais de prendre et d’observer enfin les mesures simples qui permettent de les éviter !

La rédaction du Clairon de l’Atax le 21/07/2018

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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