Transport routier, l’entrepôt mobile des entreprises

Dans une courte vidéo, réalisée par la chaîne de télévision franco-allemande ARTE, on découvre quelques aspects saillants fort intéressants sur la question du transport routier des marchandises. En particulier, on y découvre les raisons pour lesquelles, en France, ce mode d’acheminement des marchandises représente 88% du frêt acheminé, contre 10% seulement pour le frêt ferroviaire et 2% pour le frêt fluvial (1).

Parmi les causes majeures de la prééminence du frêt routier, il y a le fait que les entreprises ne veulent plus supporter le coût de stockage des marchandises (2), préférant se faire livrer plus souvent des quantités de marchandises moins importantes. Ce mode de fonctionnement est plus favorable aux transports routiers dont le coût, pour des faibles volumes, est incomparablement plus faible que celui du frêt ferroviaire. Cette situation est brillamment illustrée par un intervenant qui affirme que « la voie de droite de l’autoroute constitue désormais l’entrepôt mouvant de stockage des entreprises« .

Un camion de 40 tonnes use 60 000 fois plus les autoroutes qu’un véhicule particulier. Cependant, le coût d’entretien des autoroutes, notamment en Allemagne, est assuré par les contribuables et, en France, en très grande partie par les usagers particuliers (3). Dit autrement, le coût de stockage des marchandises, autrefois supporté par les entreprises, est désormais supporté de façon très inégalitaire par les usagers particuliers des autoroutes. Pas mal, non ?

Beaucoup plus préoccupante est bien sûr la question environnementale et cela à au moins deux titres:

  • la pollution de l’air et l’émission de gaz à effet de serre par des camions qui roulent tous au gazole,
  • le surdimensionnement de l’emprise des autoroutes sur le territoire, pour permettre le passage de camions toujours plus nombreux et beaucoup plus encombrants que les véhicules particuliers.

Malheureusement, ni la France ni l’Europe ne semblent prêtes à favoriser le frêt ferroviaire. En France notamment, le « train des primeurs » qui relie quotidiennement Perpignan à Rungis a été suspendu jusqu’au mois de Novembre 2019, parce que cela coûterait trop cher de remplacer des wagons frigorifiques en mauvais état…

Jean Cordier, pour le Clairon de l’Atax, le 22 juillet 2019

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Notes:
  1. Données pour l’année 2016
  2. Notamment les entrepôts et leur entretien, la manutention, le gardiennage et l’acheminement de l’entrepôt au site de production
  3. selon la tarification ASF, le coût du péage d’un camion de 40 tonnes n’est que de trois fois supérieur à celui d’un véhicule léger

Publié par Administrateur du Clairon

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