Roubaix, une lumière : un film réussi !

France – 1h59 – 2019
Un film d’ Arnaud Depleschin avec Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier, Antoine Reinartz.

C’est un jeu de dupes à 4, une sonate à 4 mains, un match de tennis à 4. Sur la partition, une ville, Roubaix, l’ambiance: les lumières de la nuit, la nuit de Noël, une musique, celle lancinante des larmes, des sanglots des pauvres. C’est une confrontation de paumées, de solitaires, de ceux qui croient et de celles qui ont cessé de croire à la beauté du quotidien.

Claude et Marie, un couple, deux femmes, paumées, alcooliques et sans emploi, portées par leurs mensonges tuent une vieille dame de 83 ans, Lucette qu’elles connaissent pourtant bien pour lui voler une télé et des produits de nettoyage.
Claude pour se défendre met sans cesse en avant son jeune fils, Marie qui n’en peut plus de ne pas être aimée comme elle le voudrait, va les charger toutes deux en aggravant leur crime.

Le commissaire Daoud, magistralement campé par Roschdy Zem, qui me fait penser au commissaire Adamsberg des livres de Vargas, connaît sa ville parfaitement. Il est arrivé à Roubaix à l’âge de 7ans, il est capable de déjouer tous les petits délits, les larcins de cette population d’une cité qualifiée de « la plus pauvre de France », qui a décliné au fil des ans en entraînant avec elle ses gueux, ses miséreux. Ce flic, tellement bienveillant, qui ne crie jamais, qui ne s’énerve jamais, mais qui sait reconnaître un coupable juste d’un regard, témoigne tellement d’empathie face à ces jeunes femmes qu’elles ne peuvent que se soulager la conscience de ce crime horrible. Quel charisme !
Il est accompagné d’un « bleu », nouveau venu, (Cocherelle) qui va devoir décrypter cette cour des Miracles. Celui-ci fait ses premiers pas dans cet univers sordide avec beaucoup de bonne volonté mais aussi beaucoup de maladresse.

Ce film s’est inspiré d’un fait divers, relaté dans le documentaire de Mosco Boucault, Roubaix commissariat central de 2008.
Depleschin s’essaie au genre polar : on dirait du Simenon avec une touche de Vargas et quelque chose d’Elizabeth George. Je trouve que le mélange est réussi, en tout cas il faut aller voir …

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 05/09/2019

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1 commentaire

Je confirme, film magnifique, émouvant, aussi captivant qu’ un polar, mais avec une telle humanité et subtilité qu’ il vous poursuit longtemps après

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