Laurent Fabas tête de liste « Nous sommes Narbonne » rencontre les agriculteurs en colère

En fait ce n'était qu'un seul sujet, toujours le même. Les plus petits paient le prix pour que quelques autres fassent fortune sur les marchés internationaux

Laurent Fabas au contact des manifestants (photo Ouss)

 

  Colère agricole dans l’Aude.

   Le 18 décembre à l’aube, la fumée noire et épaisse d’un tas de pneu indiquait à toute la ville que quelque chose se passait au péage de Croix-Sud à Narbonne. Une colonne de grands tracteurs s’était formée et une petite foule se rassemblait pour les soutenir. Depuis quelques jours on s’était donné le mot. Le monde agricole était en crise et avait besoin de tous les soutiens contre une campagne d’abattage brutale de vaches saines et contre l’accord avec le Mercosur. En fait ce n’était qu’un seul sujet, toujours le même. Les plus petits paient le prix pour que quelques autres fassent fortune sur les marchés internationaux.

   La mobilisation avait un profil inattendu. Appelée par les Jeunes Agriculteurs, suivis par la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale, elle se faisait en l’absence notable de la FNSEA nationale. La fédération départementale audoise (FDSEA 11) s’était pourtant jointe au mouvement. Voir ces syndicats, d’ordinaire opposés, unis sur le bitume était le signe indéniable d’une colère généralisée.

   Au milieu de la foule, on n’a pas vu beaucoup d’écharpes tricolores narbonnaises. Le silence est assourdissant du côté de l’Hôtel de Ville. Pour nos élus actuels, Narbonne semble être une île flottante, déconnectée de son arrière-pays, uniquement bonne à vendre du soleil aux touristes et des appartements aux retraités.
   On a en revanche croisé Laurent Fabas (tête de la liste « Nous sommes Narbonne ». L’ingénieur en aménagement du territoire jouait quasiment à domicile. Enfant du pays, issu d’une famille de vignerons des Corbières, il n’était pas là pour la photo souvenir, mais pour écouter. Plutôt que d’exposer son point de vue, il partait des problèmes vécus pour faire le lien avec les outils qu’une collectivité peut mettre en place : créer des filières, faciliter la coopération ou inventer les services publics capables de déverrouiller l’activité des paysannes et paysans.

   À l’appel des responsables syndicaux, le convoi s’est mis en branle vers Carcassonne. Ce n’était pas annoncé, la foule fut surprise. Alors que les premiers tracteurs franchissaient la barrière de péage, une agricultrice a interpellé le candidat en l’invitant à monter dans sa voiture déjà presque pleine. Il n’a pas hésité.
   Notre entretien s’est terminé ainsi, sur le vif. Nous retenons de cet échange une attitude chaleureuse et une écoute sincère. Cette approche par « l’aménagement du territoire » change des habituelles jérémiades ou des promesses de subventions magiques. Reste à savoir si la Mairie sortira de sa tour d’ivoire pour comprendre que sans ses paysans, Narbonne n’est qu’un décor de carte postale vide.

 

La rédaction du Clairon de l’Atax le 18/12/2025

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

1 commentaire

Salut à tous

Je suis un agriculteur exerçant encore, bien qu’ayant atteint l’age de la retraite. Si je continue, c’est bien par passion et amour de la nature.
Comme beaucoup je suis indigné, quand je vois les méthodes employées pour éradiquer la dermatose de nos paisibles bovins, et sidéré face aux paysans qui se suicident endettés, les fermes qui se vident et les exploitations restantes qui prennent des dimensions inhumaines…
Par contre, je ne me sens pas de la (petite) famille des agriculteurs quand je découvre nombre de rond-points saccagés, pollués, noircis par le brûlage des pneus. Je croyais que quand on est agriculteur on avait un minimum de respect écologique. Dommage que ces manifestations donnent encore une image de paysans pollueurs!

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