Municipales Narbonne : l’atelier logement de la liste « Nous sommes Narbonne »

De nouvelles méthodes, de nouveaux outils, un programme où l'urbanisme prend le pas sur l'immobilier

   La liste « Nous sommes Narbonne » a tenu ce 15 janvier un premier atelier de réflexion consacré au logement. 
   La démarche entreprise par cette liste, dans cet atelier thématique comme pour ceux qui suivront, vise à associer les Narbonnaises et les Narbonnais à toutes les étapes de la construction de son programme municipal.

Photo HR

   C’est dans une salle tapissée de cartes, plans et rubriques chiffrées que Laurent Fabas, candidat désigné de la liste « Nous sommes Narbonne… » à ouvert la séance devant un public constitué de membres du Collectif « Une gauche pour Narbonne », du NPA, du groupe d’action LFI « Pour et avec Narbonne » mais aussi de citoyens sans étiquette politique.

   Après un examen de différents documents relatifs au logement et à l’urbanisme à Narbonne, et avoir pris connaissance de données nationales relatives à la politique du logement, les participants se sont accordés sur un état des lieux et une méthode d’action.

   L’état des lieux a d’abord fait apparaître un déséquilibre entre les résidences principales (environ 40.000) et les résidences secondaires environ 30.000), avec pour conséquence qu’une part importante du parc immobilier échappait aux résidents permanents et que ce manque générait une inflation des loyers, alors que dans certains cas, la qualité des logements proposés était médiocre voire hors normes.

   Du côté du logement social, le compte n’y était pas non plus : le manque de logement sociaux a pour effet de rabattre une partie des demandeurs sur le parc privé, ce qui a pour conséquence d’en augmenter les loyers. Un habitat social de qualité est pourtant possible. Judicieusement réparti, ce qui implique d’interroger la pertinence du Plan local d’urbanisme (PLU), il peut contribuer à l’établissement d’une mixité sociale apaisée et au développement de parcours résidentiels, où chacun habite selon ses besoins, sans être assigné à résidence du fait d’une offre insuffisante, ou inadaptée, ou encore inabordable en raison du prix des loyers.

   La situation des organismes bailleurs a été reconnue comme problématique. De taille insuffisante au plan local, ceux-ci ne peuvent rendre tous les services qu’ils devraient assurer. Qu’il s’agisse de gestion locative ou de maitrise d’ouvrage, ils sont souvent déconnectés des besoins réels des populations qu’ils sont censés loger. De plus, l’aspect et les fonctionnalités du cadre bâti qu’ils produisent en tant que maîtres d’ouvrage lui assignent une ″étiquette″ de logement social qui stigmatise ses occupants. Afin que les besoins des locataires soient mieux pris en compte, il s’avère nécessaire d’associer leurs représentants à la gouvernance des organismes et qu’ils prennent une part pleine et entière aux prises de décision.

   Du côté du parc privé « social de fait », souvent dégradé, des mesures ont été proposées pour favoriser l’émergence d’un secteur locatif ″quasi social″ de qualité. Dans ce domaine, le rôle de l’investisseur traditionnel doit être repensé. Le modèle de la défiscalisation spéculative a montré ses limites. L’investissement de capitaux privés dans des structures d’utilité publique sera encouragé par des moyens autres que la coercition ou les cadeaux fiscaux ce qui permettra d’alléger la charge financière qui pèse sur la collectivité.

   Il a aussi été question de la reconquête du centre ancien de Narbonne qui concentre des logements et locaux insalubres et / ou inoccupés. Sa réhabilitation implique l’utilisation d’un outil juridique et financier approprié : un Outil Foncier Solidaire. Mais son utilisation doit être guidée par une réflexion préalable sur les fonctions du centre-ville : celles-ci doivent mieux être appropriées à son cadre physique et aux possibilités qu’il offre aux usages particuliers de certaines catégories de la population.
Il s’agit, selon les réflexions menées par les participants, que le centre-ville de Narbonne redevienne « désirable » pour toutes les générations qui souhaitent vivre « une urbanité apaisée ».

   Le dernier sujet de réflexion de l’atelier a porté sur le nécessaire mutation des professions de l’immobilier.  Selon la formule condensée de l’un des participants : « Les agents immobiliers et les avocats doivent passer d’une économie du flux spéculatif à une économie de la valeur d’usage et de la gestion durable ». Leur véritable place se situe dans la réalisation des projets politiques en matière d’habitat et non dans le pilotage de l’urbanisme et de l’aménagement de Narbonne.

   La séance s’est terminée par un exposé des modes et procédures de financement du logement social en France. Les participants vont continuer à échanger jusqu’à la production d’une proposition de -programme logement- qui sera débattue en assemblée générale.

 

La rédaction du Clairon le 12/01/2026

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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