Contribution anonyme

De Hugo à Hallyday : de l’idole des jeunes à l’idole d’un pays en détresse…

  

Beaucoup de gens ont été étonnés par l’hystérie démesurée des médias comme de la masse des gens mobilisés lors des funérailles de J. Hallyday… Pour respectable qu’elle soit, cette démesure peut aussi apparaître comme inquiétante et significative de la détresse de notre époque.
Bon « show man », comme on dit maintenant, J. Hallyday n’était pas antipathique : il semblait un peu paumé, pas très original, vraisemblablement plutôt gentil, même si son comportement social (et fiscal) n’était pas des plus exemplaires.
J. Hallyday, c’est l’histoire d’un « mec » markétisé, fabriqué par le système marchand pour faire de l’argent en exploitant la sensibilité, ou plutôt la sensiblerie de nos concitoyens.
On a comparé la foule rassemblée à celle présente lors des obsèques de Victor Hugo… Était-ce la même foule ?
Celle d’Hugo voulait témoigner une ambition sociétale possible, une envie de construire une société meilleure.
Celle d’Hallyday m’a semblé un peu perdue, voire dérisoire, avec les « Harley Davidson » en guise d’emblème… Symbole d’une société du adonnée au spectacle de la marchandise, totalement profane… mais qui se finit dans le lieu sacré des chrétiens… Émotion récupérée par les anciens et nouveau Présidents de la République et d’autres… le jour anniversaire de la laïcité !!

Je comprends, mais je suis inquiet, car entre Hugo et Hallyday je pense que l’on a perdu quelque chose en route… Ce qui se passe me rend profondément triste… Triste, face aux symboles affichés par ces deux évènements : l’un républicain, l’autre dérisoire et marketisé. Ce qui en dit long sur la détresse symbolique d’un peuple qui ne se réfère pas à des valeurs d’émancipation, mais juste à une créature que le spectacle a fabriqué bien au-delà de ses propres qualités.

Je ne souhaite pas être méprisant et je comprends la tristesse de ceux qui l’ont aimé, mais j’ai du mal avec ce concert de louanges, ce tapage médiatique et ce culte dérisoire pour cette copie des grands rockers américains qui fut « l’idole des jeunes » d’une, voire de plusieurs générations… Ne pleure-t-on pas sur sa propre jeunesse, ne serait-ce pas comme une façon  d’oublier les réalités de notre société ! 

                             Jean François un contributeur au Clairon de l’Atax le 12/01/2017

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