Louise B Velpeau

Les actionnaires de « l’économie casino »

(Suite du n° 38)

(L’économie racontée à Martine)

Dessin de Martine Rominger

Finalement le papa de Martine a acheté des actions : comme cela il aura de quoi payer les études de Martine qui veut être médecin. Il a longtemps hésité et, comme il n’y connaît pas grand-chose, il s’est finalement décidé en 2014 pour des actions EDF et d’ENGIE, du solide selon lui puisque, dans les deux, cas l’État en était l’actionnaire principal et que « de l’énergie il en faudra toujours plus ». Cela a bien fait rire tonton Georges, le « capitaliste » de la famille, qui ne jure que par les « nouvelles technologies » et qui dit que là où l’État fourre son nez ça ne marche jamais bien. Depuis qu’il est devenu actionnaire, le papa de Martine se fait du souci car il voit baisser le dividende d’EDF de – 0,35 € et celui d’ENGIE de – 0,30€ par rapport à celui servi en 2014, année de son achat. Doit-il vendre avant que ce soit pire ? A perte ? La maman de Martine lui dit qu’il aurait mieux fait d’acheter un studio…

Évolution du dividende (source EDF)

De même que les guerres auront toujours besoin de fantassins, l’économie a besoin d’actionnaires « petits porteurs ».

L’actionnariat des « petits porteurs » s’ajoute à l’actionnariat institutionnel (les zinzins), à l’actionnariat industriel ou d’entreprise et à l’actionnariat public (l’État). Si ces divers actionnariats sont liées par un but commun, « faire de l’argent », ce qui caractérise l’actionnariat des petits porteurs, c’est le poids très relatif de son influence sur le fonctionnement des entreprises. Pour autant, son rôle n’est pas sans importance : il fonctionne peu ou prou comme un régulateur face aux soubresauts financiers de « l’économie casino ».
Les économistes et les observateurs des marchés financiers s’accordent généralement sur le constat que l’actionnariat institutionnel (les « zinzins » : assurances, caisses de retraite, fonds de pension, sociétés gestionnaires de fortune, etc.) est instable, rapide à prendre ses bénéfices, fuyant à la moindre alerte, au moindre incident de parcours rencontré par les entreprises, tandis que les petits porteurs restent généralement plus fidèles et moins réactifs.

Ce rôle régulateur des actionnaires individuels est apprécié des dirigeants d’entreprises qui le considèrent même comme indispensable, d’autant plus qu’ils sont en général plus facilement manœuvrables et disposent de moins de moyens de contestation et de recours que les trois autres catégories d’investisseurs.

Mais voilà, le peuple des « petits porteurs » s’étiole, le nombre d’investisseurs individuels est en baisse : ils étaient 7 millions en 2007, ils n’étaient plus que 3 millions en 2016. Les français semblent se méfier de plus en plus d’un actionnariat aux pratiques devenues trop complexes et trop volatiles, ils préfèrent d’autres types de placements financiers réputés plus sûrs : ainsi 92% des ménages déclarent détenir en 2017 au moins un produit d’épargne.

Pour tenter d’enrayer cette désaffection des petits porteurs les dirigeants d’entreprises cherchent à développer des moyens d’information / formation destinée à cette population. Carrefour, où l’actionnariat des petits porteurs représente 10% du capital, BNP Paribas, où ils sont 450 000 et bien d’autres, inondent leurs actionnaires individuels de propositions de conférences, de débats et de courriers à vocation pédagogique…

Mais le mouvement de retrait semble inéluctable : le retour d’un volant d’actionnaires individuels suffisamment important pour mieux équilibrer le marché financier, semble définitivement compromis : ouste les petits porteurs et vive les investisseurs institutionnels qui concentrent de plus en plus l’actionnariat !
Ainsi se créé un tourbillon de plus en plus fort qui agite « l’économie casino », déstabilise les entreprises de l’économie réelle et décourage les investisseurs individuels.

Comment  ces derniers ne s’inquiéteraient-ils pas, lorsqu’ils apprennent par exemple que le grand Warren Buffet, le vieux sage dont la finesse d’analyse et la bonne fortune de ses investissements – même en période de crise – sont universellement célébrés, vient de perdre en 2017 environ 4,2 milliards de dollars US suite à la dépréciation des actions de sa société d’investissement Berkshire Hathaway.
Comment ne seraient-ils pas découragés au spectacle des vicissitudes encourues par l’Agence de Participation de l’État (APE), actionnaire minoritaire ou majoritaire dans 81 entreprises en 2015/2016, dont les dividendes  ont baissé de 4,1 milliards en 2014 à 3,9 milliards en 2016 et que, pour renflouer EDF, 900 millions d’euros de dividendes n’ont pas été perçus par l’APE en numéraire mais en titres EDF dont la dépréciation ne peut que se poursuivre, compte tenu des dérives de l’industrie nucléaire !

 

 

Si les investisseurs institutionnels et publics connaissent de telles mauvaises fortunes, comment un petit investisseur individuel peut-il s’en sortir avec ses faibles moyens d’information et de réaction ?

Alors le papa de Martine a fait comme beaucoup d’autres : il a vendu ses actions, même en perdant un peu d’argent. Il sait la valeur du travail, lui l’artisan menuisier : voir comment « l’économie Casino », en réaction à un simple « buzz » ou à cause de la voracité de multinationales, ou encore par d’inavouables manœuvres d’un concurrent, pouvait condamner une entreprise pourtant saine, au travail bien fait, à la production de qualité, l’écœure totalement. Le papa de Martine a écouté sa maman et a investi dans la pierre, c’est du solide ! Et voilà que Macron et son gouvernement rétablissent l’IGF, l’impôt sur la fortune pour juste les valeurs immobilières : avec la maison de Tours que maman a hérité de ses parents, leur maison de Schiltigheim où ils habitent et le 2 pièces de 50 m² qu’ils viennent d’acheter pour les études de Martine «  ils y ont droit » !

Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 14/02/2018

 

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Le bonus pour l’achat d’un vélo électrique est fortement revu à la baisse au 1er février 2018 

Le bonus pour l’achat d’un vélo électrique est fortement revu à la baisse au 1er février 2018 

Borne publique de charge pour VAE

C’est le 31 décembre 2017 qu’un décret paru au JO a modifié de façon restrictive les conditions d’attribution de cette aide.

A partir du 1er février 2018, seules les personnes physiques non redevables de l’impôt sur le revenu pourront demander le bénéfice du bonus. Les personnes morales et les administrations de l’État sont désormais exclues de ce dispositif.

De plus, cette aide de l’État, qui était jusqu’à présent accordée sans qu’il soit nécessaire de bénéficier d’une subvention complémentaire d’une collectivité locale, sera désormais conditionnée par l’existence d’une telle aide. Cela réduit le périmètre des bénéficiaires du bonus VAE aux seuls ressortissants des collectivités locales qui ont instauré ce type de subvention !

Et pour compliquer encore les choses, le nouveau bonus de l’État ne pourra être d’un montant supérieur à l’aide de la collectivité locale, sachant que le cumul des deux aides ne peut être supérieur à 20% du coût d’acquisition du VAE, dans la limite de 200 € (ce qui correspond au plafond de l’ancien bonus). Quand on connaît le prix moyen d’un VAE (entre 1 000 et 1 500 €), on peut se demander si les nouvelles mesures de soutien ont encore un caractère incitatif !

Le bonus de l’État pour l’acquisition d’un VAE aura donc duré 2 ans dans sa forme incitative. Il est vrai qu’il a coûté plusieurs dizaines de millions € à l’État. Le nouveau gouvernement ne pouvait le supprimer complètement, il l’a donc fortement réduit en ajoutant des chicanes de procédure quitte à ce que cette mesure se vide complètement de son aspect incitatif.

Ce ne sont que 5 millions € qui ont été inscrits dans la loi de finances 2018 pour financer ce nouveau bonus. Ces dispositions ont été qualifiées de « rafistolage » par le Club des villes et territoires cyclables qui rassemble les représentants de plus de 1 500 collectivités territoriales représentant plus de 40 millions d’habitants !

Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 18/01/2018

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Ca sert à quoi les actionnaires ?

(L’économie racontée à Martine)

Dessin de Martine Rominger

Le papa de Martine est menuisier, il travaille beaucoup. Même que le soir au repas c’est souvent l’engueulade entre papa et maman. Maman dit qu’il se tue au boulot pour des clopinettes et néglige sa famille tandis que papa répond qu’il le faut s’il veut sauver sa menuiserie et les 5 gus qui y bossent. Alors maman lui dit qu’il n’a qu’à demander de l’aide à son frère tonton Georges, que toute la famille a surnommé « l’actionnaire » et qui est « bourré de fric ». Mais papa ne veut pas : il dit qu’il veut rester maître chez soi ! Alors à force d’entendre tout le temps la même rengaine et ce mot « actionnaire » qui revient à tout bout de champ, Martine s’est demandé si c’était bien ou mal d’être actionnaire.

        Etre actionnaire ça commence le jour ou il reste un peu d’argent quand on a satisfait ses besoins ou ce qu’on croit être ses besoins. Alors se pose la question : « que vais-je faire de cet argent ? ». On peut aller le mettre sur un livret d’épargne où ça rapporte un peu, parfois très peu et on peut y retirer l’argent tout de suite, quand on veut. Mais qui n’a pas envie d’être riche ? Alors on essaye de trouver un truc qui rapporte plus et là tout dépend si on a envie de se creuser la cervelle ou pas, si on a envie de prendre des risques ou pas. Devenir actionnaire est une solution qui offre pas mal de choix.
        Actionnaire ça vient d’actions et -actions- voilà d’où ça vient : comme les entreprises ont souvent besoin d’argent pour investir et se développer et que ça ne les arrange pas toujours d’emprunter, elles font appel à des actionnaires qui investissent en achetant des actions émises par ces entreprises. Ces actions sont en quelque sorte des titres de propriété d’une partie de l’entreprise, qui donnent droit d’intervenir dans sa gestion (ndlr : c’est justement ça que le papa de Martine ne veut pas ! L’oncle Georges n’y connaît rien à la menuiserie) et d’en retirer un revenu appelé dividende.
        Si l’entreprise marche bien, on peut toucher de gros dividendes, bien plus que les intérêts d’un livret d’épargne, mais si elle marche mal alors on touche peu ou pas de dividendes et parfois même on perd l’argent qu’on y a mis, parce que les actions qu’on possède ne valent plus rien lorsqu’on essaye de les revendre à quelqu’un d’autre !

Des actionnaires il y en a de toutes sortes !

        Il y a les actionnaires d’une même famille qui détiennent la majorité des actions et qui donc décident. C’est l’actionnariat familial, il peut se transmettre entre les générations. Il y a de très grandes entreprises comme Michelin, mais aussi de toutes petites, qui appartiennent à un actionnariat familial. Si le papa de Martine voulait d’oncle Georges, ce pourrait être le cas pour sa menuiserie. En général l’actionnariat familial cherche à continuer l’entreprise autant qu’à percevoir des dividendes et ne se lance pas dans des coups tordus comme on le verra par la suite.
        Il y a les actionnaires qui sont employés par l’entreprise dont ils détiennent des actions : c’est l’actionnariat salarié. Eh oui, certaines entreprises offrent à leurs salariés la possibilité d’acheter des actions ou même offrent des actions en guise de primes ou de complément de salaire. C’était le grand rêve du vieux de Gaulle, il appelait ça la participation… L’idée c’était de réconcilier le capital et le travail, mais c’est une autre histoire. En tout cas quand les salariés et pas que les cadres dirigeants d’une entreprise détiennent des actions ce n’est pas non plus pour spéculer avec en les vendant au plus offrant au risque de couler leur entreprise.
        Et puis il y a l’actionnariat constitué par des milliers de particuliers qui possèdent quelques actions mais pas de quoi décider grand-chose dans le fonctionnement de l’entreprise : on les appelle des « petits porteurs ». On les soigne plus ou moins pour leur donner l’impression de participer à la vie de l’entreprise. En général les petits porteurs sont surtout soucieux de percevoir les dividendes promis et de ne pas perdre l’argent qu’ils ont investi en actions.

Au delà de ces 3 catégories d’actionnariat on rentre dans le monde dur de la finance et parfois dans ce que certains appellent l’économie-casino. Dans ce monde là, chère Martine, ce qui compte d’abord ce n’est pas la vie de l’entreprise, la vie de ses employés, ce qu’elle produit, comment elle se maintient et se développe, ce qui compte avant tout c’est sa rentabilité, combien elle rapporte à ses actionnaires et le plus vite possible !

        Il y a tout d’abord l’actionnariat institutionnel : il est constitué par des grosses boites, des assurances, des caisses de retraite, des fonds de pension, des sociétés gèrent l’argent de riches clients. Eux ils placent sous forme d’actions l’argent qui leur est versé sous forme de cotisations ou de dépôts et ils entendent en retirer un profit maximum tout de suite ! Si l’entreprise connaît des difficultés passagères ou une baisse de régime, même si ce n’est pas de sa faute, on vend les actions pour en acheter d’autres, plus rentables et tant pis si la « boite » ferme et si ses salariés sont condamnés au chômage !
        Il y a ensuite l’actionnariat industriel ou d’entreprise : les actions d’une entreprise ou d’un groupe d’entreprises sont rachetées par un autre groupe ou une autre entreprise qui souhaitent par exemple s’agrandir ou éliminer un concurrent, ou contrôler un fournisseur. Dans ce système, chère Martine, c’est la loi de la jungle : manger ou être mangé. Gare à celui qui est mangé ! Quoique parfois le mangeur meurt étouffé. Ici encore ce qui compte ce n’est pas la vie de l’entreprise et celle de ses employés ! Il y a quelques mangeurs qui deviennent énormes, si gros qu’il ne peut plus rien leur arriver : les américains disent « too big to fail » ce qui se traduit par « trop gros pour se casser la figure » et quand ça leur arrive quand même, ce sont les gens comme toi et moi qui paient leur renflouement avec leurs impôts.

        Et puis il y a une catégorie à part celle de l’actionnariat public : la majorité des actions est détenue par l’État ou par des collectivités territoriales, par exemple les sociétés d’économie mixte. L’argent public qui a servi à créer ou développer ces sociétés y a été investi en raison du service public que ces entreprises étaient censées fournir. Certaines sont très importantes et leurs activités de service public attirent les convoitises d’entreprises privées qui aimeraient bien leur chiper leurs clients. Sous prétexte d’être plus efficaces et plus rentables, ils fixeraient alors librement le prix de leurs services. C’est par exemple le cas de la privatisation de la distribution d’eau potable, où de grandes sociétés se sont grassement enrichies en se substituant aux régies municipales. Mais au bout de quelques années, beaucoup de collectivités et leurs habitants sont revenus du mirage qu’on leur faisait miroiter en constatant la piètre qualité du service rendu par le privé. Cette idée de privatisation de certaines grandes entreprises publiques, sous prétexte de meilleure efficacité, est persistante dans les gouvernements qui se succèdent. Elle est le fruit d’une idéologie libérale, c’est-à-dire d’un système d’idées, d’opinions et de croyances qui croient que l’action publique et l’État doivent être réduits au minimum, que la libre entreprise et la loi du marché sont le meilleur moyen d’apporter la paix et le bien être à l’humanité. Chaque jour prouve le contraire.

Bien sûr, chère Martine, la question de l’actionnariat est bien plus compliquée que ce qui est raconté dans ces quelques lignes. Elles ont juste la prétention d’espérer que ces quelques explications t’auront donné le goût et quelques outils pour observer et comprendre ce qui se passe dans le monde de l’entreprise si cher à nos gouvernants actuels.

Louise B. Velpeau & Hubert Reys pour le Clairon d l’Atax le 18/12/2017

 

 

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« Brèves du Clairon »

Emmanuel Macron, Président de la République, s’engage sur la fermeture des centrales à charbon

C’est lors d’un entretien télévisé sur France 2 le 18 décembre 2017, que le Président de la République a présenté ses priorités quinquennales en matière d’énergie.
Emmanuel Macron a réaffirmé d’abord vouloir en priorité de fermer les centrales à charbon françaises d’ici la fin de son quinquennat. La réduction de la part du nucléaire viendra en second plan. Par ailleurs Emmanuel Macron a estimé que « La France est en retard sur les énergies renouvelables. » Ce sera son troisième chantier en matière d’énergie. « On va accélérer », a-t-il assuré.

La ministre des Transports annonce le lancement d’un plan vélo

Elisabeth Borne a déclaré en clôture des Assises de la mobilité le mercredi 13  décembre que la France allait se doter d’une réelle politique du vélo. Ce nouveau plan vélo ambitionne sera présenté au public début février 2018.
« Quand on sait que 75% des déplacements font moins de 5 km, il faut arrêter de regarder le vélo avec condescendance en considérant que c’est un sujet mineur », a déclaré la Ministre.
Ce plan vélo portera sur l’ensemble des aspects du sujet : santé publique, infrastructures, éducation fiscalité…, a promis Mme Borne qui a aussi indiqué que la prime à l’achat d’un VAE serait rétabli dans le cadre de la loi de finances pour 2018.

Des ONG attaquent devant le Conseil d’Etat l’avis validant la cuve de l’EPR de Flamanville

4 associations écologistes ont déposé un recours au Conseil d’Etat le jeudi 30 novembre contre l’avis du 10 octobre 2017 de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN). Selon cet avis l’anomalie du fond et du couvercle de la cuve du réacteur de Flamanville (Manche) n’est « pas de nature à remettre en cause la mise en service ». Le Réseau Sortir du nucléaire, Greenpeace, le Comité de réflexion d’information et de lutte anti-nucléaire (Crilan), Stop EPR  ni à Penly ni ailleurs, demandent au Conseil d’Etat de remettre en cause cet avis qui constitue une dérogation permettant la mise en service de l’EPR.
Ces associations, rappellent que la cuve est une partie ultra sensible des réacteurs nucléaires où « la rupture est censée être absolument exclue ». Selon les 4 plaignants cette éventualité ne peut être exclue si on se réfère aux analyses effectuées par AREVA qui les a construites.

                                             Hubert Reys, Curly Mac Toole, Louise B Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 18/12/2017

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On pourrait nourrir le monde entier en bio à partir de 2050 !

Mais non, proclament les multinationales dont le profit repose sur l’agriculture intensive : si on veut faire face aux besoins d’une population mondiale sans cesse croissante, il faudra toujours des intrants (semences adaptées, engrais, pesticides, etc.) !

Des chiffres qui font peur :

Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) il faudra augmenter la production agricole de 50% si on veut nourrir en 2050 les 9,8 milliards d’humains (*) qui peupleront la planète. Selon les multinationales et autres « business » dont le profit repose sur l’agriculture intensive, cet objectif serait impossible a atteindre si l’agriculture ne reposait que sur le bio aux rendements trop faibles ! Tant pis pour la hausse de l’effet de serre, la pollution de l’eau et des sols, les atteintes à la santé et à l’écosystème ; l’agriculture intensive resterait selon eux la seule solution possible, réaliste, nécessaire, indispensable…

Cette idée soigneusement entretenue et propagée par les lobbies de l’industrie agro-alimentaire se heurte cependant à un nombre croissant des démentis scientifiques.

Une agriculture exclusivement bio pour toute la planète c’est possible :

Une récente étude publiée le 14 novembre dernier par des chercheurs européens indépendants dans la revue « Nature Communications », affirme qu’au contraire il est tout à fait possible de nourrir une population de plus de 9 milliards d’êtres humains avec 100% d’agriculture biologique.

En faisant tourner des modèles informatiques basés sur l’hypothèse qu’il faut en moyenne 2700 calories / jour et par individu, les chercheurs sont arrivés à la conclusion qu’il faudrait augmenter la surface agricole cultivée de 16 à 33% par rapport à la surface moyenne exploitée entre 2005 et 2009, compte tenu des rendements plus faibles du bio…

Cela impliquerait une déforestation supplémentaire de 8 à 15% par rapport à un scénario de développement de l’agriculture intensive, mais des effets bénéfiques compenseraient cette déforestation : moins d’énergies fossiles employées, moins de pollution liée aux pesticides et engrais industriels, diminution des émissions de gaz de serre de 3 à 7%, etc.

Pour diminuer les effets négatifs du « tout bio » précédemment cités, les chercheurs préconisent des solutions qui impliquent des choix politiques et des changements sociétaux. Il faut choisir entre privilégier l’intérêt du plus grand nombre ou celui des multinationales.

Comme pour les énergies renouvelables la solution passe en même temps par un changement de nos modes de consommation. Actuellement 30% des aliments produits ne sont pas consommés et finissant à la poubelle ! Il s’agit de mettre fin à ce gaspillage.

Par ailleurs l’agriculture mobilise actuellement 1/3 des terres cultivables de la planète pour l’alimentation industrielle des animaux (soja, maïs, céréales diverses, etc.). Il sera nécessaire de retourner une partie de ces terres vers une production destinée à l’alimentation humaine ce qui implique une diminution d’environ 1/3 de la consommation de protéines animales (viandes, poissons, lait, œufs) au profit de protéines végétales.

Au changement des modes de production devra donc correspondre un changement des modes d’alimentation. Dans la pratique ce changement se fait déjà même s’il reste encore marginal : une étude réalisée en France montre que ce transfert entre consommation de protéines animales vers des protéines végétales est une réalité chez les consommateurs de bio.

Une fois de plus la solution se trouve entre les mains des citoyens, c’est-à-dire de l’évolution de leurs pratiques de consommation, mais aussi de leur vigilance et de leur détermination à imposer à la classe politique (**) des choix privilégiant l’intérêt de l’humanité contre le maintien et le développement de pratiques agricoles  fondées sur le seul intérêt financier et court-termiste des multinationales de l’industrie agro-alimentaire.

                                                                                             Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 15/11/2017

 

(*) Source Nations Unies (ONU) : la population mondiale aurait augmenté de 2 milliards d’humains au cours des 25 dernières années selon la dernière révision démographique de juin 2017mais la croissance ralentit depuis une cinquantaine d’année avec l’amélioration, des conditions de vie de certaines populations…

 

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Les impôts : un marqueur de la démocratie

(L’économie racontée à Martine)

Martine est triste car ses parents sont préoccupés. Après le troisième tiers des impôts sur le revenu et la taxe foncière pour leur petit pavillon périurbain, les voici en train de compléter l’enveloppe destinée à la prochaine taxe d’habitation ! Il faudra encore se serrer la ceinture à Noël. Pourtant, avec ce que gagnent ses parents, papa cadre B dans la fonction publique territoriale et maman secrétaire médicale, ils sont considérés comme riches par le président Macron et son ministre de l’économie Bruno Le Maire. Alors Martine se demande à quoi servent les impôts et si on ne pourrait pas les supprimer.

Chère Martine, les impôts ce n’est pas simple : pour comprendre il faut tout d’abord parler de l’Etat qui les créé et les perçoit !

Aussi loin qu’on remonte dans le temps, les hommes se sont rassemblés avec l’idée qu’être ensemble c’est mieux pour se protéger et protéger ses biens, ce qui constitue une première étape dans la recherche du bien être : L’Etat est né de ça. Il a certes pris des formes différentes : dictature, monarchie, république, etc., mais chacun de ces régimes à toujours tenté de justifier son existence en prétendant assurer le bien être de ceux dont il avait la charge.

Le bien être d’une société humaine concerne de nombreux domaines : la sécurité, la santé, le niveau de vie, l’instruction, la culture, etc. Pour l’établir et le développer il faut des moyens à l’Etat : par exemple des écoles et des universités, des services de santé, une justice, une police, une armée et bien d’autres choses encore, que l’on désigne sous le nom de « services publics ».

Ces moyens développés par l’Etat sont coûteux et c’est pour les faire fonctionner qu’on a inventé les impôts. Les impôts sont donc un système par lequel les citoyens contribuent au fonctionnement de l’Etat et de ses services publics.

Cette contribution peut être physique (de nos jours encore, dans certains Etats du Pacifique, des citoyens sont mobilisés par leur Etat pour des travaux collectifs de construction ou d’entretien) ; en nature (autrefois les paysans remettaient une partie de leur récolte ou de leur troupeaux au seigneur du coin) ; mais dans les pays « modernes » cette contribution est financière : les citoyens consacrent une partie de leur revenus à payer les services que leur rend l’Etat.

Et c’est là chère Martine que les choses se compliquent : le principe vertueux où les citoyens payent à l’Etat sous la forme d’impôts les services que celui-ci leur rend, ça ne fonctionne pas ou pas longtemps dans la réalité.

D’un côté il y a ceux qui gouvernent l’Etat, les politiques, qui tôt ou tard pensent qu’ils sont spéciaux, distincts de la population qu’ils sont censés représenter, qu’ils font partie d’une élite et qu’ils ont à ce titre le droit de prélever une part du gâteau dont ils définissent eux même la taille puisqu’ils sont au pouvoir.
De l’autre il y a les contribuables qui paient l’impôt et qui trouvent souvent que le service que leur rend l’Etat ne vaut pas l’argent qu’il leur prélève : du coup ils essayent par tous les moyens d’en payer le moins possible, voire de se soustraire à l’impôt.

Mais là où ça se complique encore plus, c’est que chez les contribuables il y a de tout : d’un côté des riches et des très riches et de l’autre des pauvres et des très pauvres.
Les pauvres, quand ils le sont beaucoup, ne paient pas d’impôts directs, calculés sur la base de leurs revenus, puisqu’ils en ont peu ou pas, mais ils paient -plein pot- des impôts indirects lorsqu’ils ils achètent un bien ou un service sur lesquels l’Etat perçoit inévitablement une taxe, par exemple la TVA. Alors certains pauvres se « débrouillent » : ceux qui le peuvent travaillent au noir, font du troc, achètent des produits de contrebande et utilisent tous les moyens possibles pour passer sous les radars de l’Etat.
De leur côté les riches et les très riches pensent que s’ils sont riches c’est parce qu’ils le méritent par leur travail ou le travail de leur argent qui tire l’économie en avant, et contribue donc au bien être général. Ils sont les « premiers de cordée » qui hissent toute la cordée vers les « sommets », mais si eux méritent d’être riches cela implique à contrario que les pauvres méritent de l’être parce que leur travail ne vaut rien ou peu, qu’ils n’ont pas su évoluer, s’adapter, ou qu’ils n’ont pas su faire fructifier leur argent. Ce genre de raisonnement implique que la solidarité des riches vis-à-vis des pauvres se limite à de la compassion et à l’octroi d’un minimum vital, souvent sous-évalué…Cela implique aussi tout « naturellement » que les riches, contrairement aux pauvres et aux classes moyennes, n’ont pas à payer des impôts proportionnels à leurs revenus, puisque cela les conduirait à assurer aux pauvres et aux couches moyennes un surcroit de bien être que ceux-ci ne méritent que peu ou pas !

Cette manière de penser à un nom : cela s’appelle le libéralisme.(*) Bien entendu plus les riches sont riches et plus ils ont les moyens d’influencer, voire de diriger les politiques qui gouvernent dans le sens de leurs intérêts.
Dans une démocratie qui fonctionne c’est-à-dire où le politique dispose d’un véritable pouvoir face aux puissances de l’argent, il est possible de combattre cette dynamique néfaste où l’écart se creuse entre les « nantis » et ceux qui ne le sont pas.
Dans notre beau pays certains politiques ont promis de réduire « la fracture sociale », d’autres de lutter contre « la montée des inégalités »… Mais l’histoire de ces 50 dernières années témoigne que ceux qui nous gouvernent, tous bords confondus, ont été gangrénés par la pensée libérale jusqu’à en devenir des serviteurs zélés, menant des politiques de plus en plus radicales dont les échecs sont pourtant régulièrement démontrés.
Pourtant ils continuent car leur souci n’est plus le bien être du plus grand nombre : il s‘agit de se gaver, vite, dans le plus court terme possible, d’argent et de pouvoir ou des deux « en même temps »…
Les institutions de la 5ème République, fondées sur une certaine idée de la France et de la démocratie, que l’on peut certes critiquer mais qui ont dans un premier temps contribué incontestablement au bien être des citoyens, ne fonctionnent plus et favorisent à présent le hold-up des riches sur la démocratie. Nos gouvernants actuels, issus d’une habile campagne de marketing politique, se dévoilent après quelques mois d’exercice du pouvoir en renforçant les mesures en faveur des riches : ainsi la modification de l’impôt sur les grandes fortunes (ISF) en faveur du capitalisme boursier, ainsi la mise en place d’une « flat tax » limitant la contribution fiscale des plus hauts revenus, ainsi l’ensemble les mesures fiscales récemment annoncées dont on peut illustrer la partialité favorable aux riches par ce tableau établi par l’OFCE (LObservatoire français des conjonctures économiques) :

Chère Martine, cette présentation du fond du décor où se joue l’évolution de notre société est certes schématique mais son but est avant tout de te faire réfléchir, critiquer, débattre, réagir, bref de relancer tout ce qui est à la base de l’expression démocratique. Ne crois pas que cela soit vain, au contraire, l’avenir du libéralisme n’est pas si rose que cela : actuellement la société « dite civile », réfléchit, agit et s’organise au delà du cadre établi par ceux qui nous gouvernent. De nouvelles solidarités, de nouvelles coopérations, de nouveaux réseaux se créent horizontalement en s’affranchissant de ce qui vient d’ « en haut ». L’Etat n’est plus seulement aux mains des « puissants », le peuple s’en mêle.

                                                                  L. B. V. et HR de l’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax le 20/10/2017 

         L’injustice fiscale dans l’ancien régime…et aujourd’hui ?

 

(*) Ce terme est employé ici dans son sens économique ; dans un sens plus général il désigne une philosophie des libertés issue du siècle des lumières

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La « compétitivité » cette fable des libéraux pour démonter le droit du travail et gaver la finance !

(L’économie racontée à Martine)

Dans notre édition de Juillet / Août nous avions raconté à Martine comment la question de la « croissance » économique de notre pays avait été trafiquée et dévoyée par les libéraux qui nous gouvernent, en privilégiant l’intérêt des puissances financières. Selon eux le socle de toute croissance est la compétitivité et leur équation est simple : On facilite la vie des entreprises (surtout les grandes) en diminuant leurs charges (c’est-à-dire le coût du travail, les impôts et les taxes), du coup les entreprises deviennent concurrentielles sur les marchés extérieurs et intérieurs, du coup le PIB augmente et notre dette publique se réduit et alors on pourra peut être voir comment redistribuer la richesse produite !

Compétitivité est un mot qui émoustille : être bon, voire le meilleur en quelque chose est toujours agréable… Mais cette compétitivité qu’invoquent nos gouvernants n’a rien à voir avec celle qui règne dans le domaine sportif : celle-ci promeut la courtoisie, le fair-play, la coopération, le respect de l’autre ; celle-là implique la domination, la défaite de l’autre, son affaiblissement, voir sa destruction !  La loi du « business » se situe aux antipodes de l’éthique sportive !

De plus cette compétitivité invoquée et prônée par Macron et ses soutiens libéraux ne s’exerce pas seulement sur une concurrence économique qu’elle est censée vaincre, elle sape et détruit « en même temps » le tissus social.

En effet pour retrouver cette compétitivité qui nous ferait actuellement défaut et serait la source de tous nos maux (faible croissance et endettement public « honteux » selon les critères de Maastricht) la potion magique serait un cocktail mélangeant le soutien aux entreprisses, les cadeaux fiscaux aux investisseurs et l’austérité ! Et cette austérité que nos gouvernants s’emploient à imposer est constituée de deux ingrédients : la diminution des moyens de l’Etat et la diminution du coût du travail.

Et pourtant cette politique, déjà largement amorcée sous la présidence Hollande, ne marche pas !

Elle n’est pas seulement critiquée par beaucoup d’économistes, parmi lesquels des prix Nobel (J. Stieglitz, P.Krugman) et même sur son principe par le FMI (Fonds Monétaire International), mais elle est aussi invalidée par les faits.

Ainsi en ce qui concerne l’aide aux entreprises le CICE et l’emploi :

Rappelons que le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) accordé aux entreprises représente dans sa forme actuelle une subvention publique de 40 milliards/an. Pour prélever une telle somme sans creuser le déficit déjà existant dans le budget de notre pays, il a fallu faire des économies en réduisant les dépenses de l’Etat dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de la modernisation de l’Etat, de l’investissement public, de la transition énergétique, etc. En contrepartie de l’allègement des charges des entreprises, le CICE était censé favoriser la création d’emplois et renforcer la fameuse compétitivité de nos entreprises particulièrement à l’exportation…

Or on n’observe aucune amélioration dans ce dernier domaine : le commerce extérieur continue à creuser son déficit (*) : il atteint 22,7 milliards € au premier semestre 2017 soit 2% de PIB.               Quand à l’emploi les évaluations des divers organismes publics considèrent l’impact du CICE comme négligeable (Gattaz le patron du MEDEF parlait de créer un million d’emplois : où sont-ils ?) et la légère embellie actuellement constatée semble relever de la reprise générale de l’économie européenne et générer essentiellement la création d’emplois précaires et de faible qualité.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les objectifs du CICE ne sont pas atteints ! Pour les macronistes et autres libéraux l’explication est claire : on n’est pas allé assez loin dans la politique d’austérité : il faut faire plus fort !

Pourtant malgré cette dégradation du commerce extérieur qui nous coûte 2% de PIB au premier semestre 2017 la croissance du PIB se confirme et se renforce. L’INSEE annonçait  une augmentation annuelle de + 1,7% en juin : il annonce à présent +1,8%, le plus fort taux de croissance de notre économie depuis 2011…et cela avant même que les nouvelles réformes « Macron » visant à « flexibiliser » le marché du travail ne soient mises en place !

Ce n’est donc pas le cocktail -soutien aux entreprises + austérité- qui a fait preuve de son efficacité, mais tout simplement un contexte de reprise économique européenne et mondiale plus favorable.

Pourtant la politique d’austérité et d’aide aux entreprises va être renforcée : les orientations budgétaires présentées à l’Assemblée en juillet dernier par E. Philippe sont claires : accélération de la baisse des dépenses publiques, diminution de la protection sociale (économies sur les retraites, l’assurance maladie, l’aide au logement, l’assurance chômage, etc.. avec maintien des prélèvements actuels). Les effets sont prévisibles : accroissement des inégalités sociales et territoriales, baisse du pouvoir d’achat de la majorité des Français, menacé de plus par un retour de l’inflation…

Martine s’étonne qu’un président et un gouvernement, démocratiquement élus, puissent ainsi entraîner le pays dans le mur….Le pays mais pas tout le monde ! Pendant quelques années le « business financier » pourra continuer à se gaver…après ils iront ailleurs : c’est leur conception de la mondialisation…

                                                          L.B.V. et HR de l’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax le 232/07/2017

 

(*) Déficit du commerce extérieur = balance entre la somme des importations et des exportations de biens et services.

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La croissance, cette carotte des libéraux pour faire courir les ânes

(L'économie racontée à Martine)

(Glisser la souris sur les photos pour voir les commentaires)

Le bondissant président Sarkozy promettait de la chercher avec les dents, son successeur Hollande, l’ennemi de la finance, s’était pour elle converti au libéralisme et l’actuel dynamique et jupitérien président Macron veut appuyer sur l’accélérateur de l’austérité pour la retrouver… Tandis que la croissance minaude et hésite… Mais qu’a-t-elle donc de si sexy pour exciter d’aussi mâles appétits ?

Selon les économistes libéraux qui charment nos gouvernants actuels, c’est simple : la croissance crée des richesses qui sont ensuite réparties dans la société; du coup, les gens devenus plus riches peuvent mieux satisfaire leurs envies, ce qui fait croître la demande; du coup, l’augmentation de la demande sollicite l’offre et, pour répondre, il faut fabriquer plus et vendre plus de biens et de services; du coup, la croissance économique continue et crée de nouvelles richesses réparties dans la société; du coup, la demande croit, etc.

Ca monte, ça monte… Mais alors, pourquoi la croissance s’arrête-t-elle parfois ? Les économistes libéraux et nos gouvernants savent pourquoi : c’est à cause de la mondialisation. Le développement des médias et des échanges à l’échelle de la planète a fait connaître notre merveilleux modèle économique aux peuples les plus éloignés ! Ils rêvent de notre croissance et de notre mode de vie et, du coup, ils nous imitent. Sauf que, comme ils ont l’habitude de vivre à la dure, ils se contentent de petits salaires et de moins de services publics que nous; du coup, les marchandises qu’ils fabriquent et les services qu’ils proposent coûtent moins cher que les nôtres; du coup, on achète chez eux et moins chez nous et la croissance passe chez eux.

Comment faire pour retrouver la croissance chez nous ? Mais en leur faisant concurrence ! Ils se contentent de peu ? OK faisons pareil et même mieux ! Baissons les salaires de nos employés, réduisons les services publics qui coûtent si cher en impôts à nos entreprises ou vendons-les à des privés qui sauront être tellement plus efficaces ! Grâce à ça, nous baisserons le prix de nos produits et services et nous redeviendrons compétitifs !

Car il n’y a pas de croissance sans compétitivité, de compétitivité sans dynamisme et en même temps sans austérité. Et l’austérité c’est quoi ? C’est travailler plus, plus longtemps, être plus dynamique, plus productif, plus créatif : tout ça pour le même prix, voire un peu moins ! Du moins pour ce qui concerne les salariés car, pour les investisseurs, qui nous font l’honneur de mettre leur argent dans les entreprises, il faut les attirer en répartissant les richesses crées un peu plus de leur côté que du côté des salariés…

Seulement voilà : ça ne marche pas comme ça dans la réalité. Leur truc aux libéraux c’est juste un récit, un conte à dormir debout destiné à tromper ceux qui reçoivent un peu des richesses créées pendant que d’autres se gavent…

L’économie, c’est bien plus compliqué que cette mécanique simpliste que nous racontent ces libéraux qui nous gouvernent actuellement, en feignant de se soucier de nous.

Martine, qui a beaucoup de jugeote pour son âge, apprend qu’actuellement l’économie européenne en général et la française en particulier vont mieux depuis mi 2016 ! En France la croissance pourrait, selon l’INSEE, atteindre + 1,6% en 2017 ! Du coup, le chômage baisserait, selon nos distingués prévisionnistes, de 9,9% à fin 2016 à moins de 9,5% à la fin 2017. Alors Martine se demande pourquoi le duo Macron / Philippe et leurs affidés se démènent tant pour renforcer et durcir encore la politique d’austérité de tonton Hollande, puisque ça va mieux ? La réponse est toute simplette : quand la richesse produite croit un peu, plus on diminue les coûts de production (salaires et services publics) et plus on pourra distribuer une part importante de cette richesse aux actionnaires, aux préteurs, aux banques, aux financiers de tout poil : en un mot à la rente.

Martine, qui a compris, comme de nombreux économistes reconnus, comme le FMI, comme l’OCDE, que la croissance est complètement déconnectée de l’austérité, a encore beaucoup de choses à apprendre : par exemple que la croissance ne peut pas continuer indéfiniment, que les inégalités dans la redistribution des richesses créées tendent à détruire les sociétés : cela sera raconté dans les prochaines éditions du Clairon, que Martine attend avec impatience !

L.B. V. et H.R. de l’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax le 23/07/2017

 

(*) Milton Friedman (1912 / 2006) est l'un des papes du néo-libéralisme qui fascine tant nos gouvernants.

Traduction : « la leçon de l’histoire est claire comme de l’eau de roche, aussi loin que l’on cherche il n’y a pas d’autre alternative pour améliorer le sort des gens ordinaires que de les faire bosser dans les activités dérégulées de la libre entreprise »

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Un groupe extraordinaire de vitalité, un rock de haute qualité : The Oldies !

Un groupe qui joue de la pop anglaise des sixties

The Oldies en action  (photo H.R.)

A chaque fois que j’assiste à un concert des « Oldies » c’est la même magie qui opère ! Le rock m’envahit, me bouge, me scande et quelque fût auparavant mon humeur je pétille de bonheur.

Les « Oldies » sont un groupe de vrais « musicos » : le rock les habite, ils vivent la musique qu’ils jouent, en connaissent l’histoire. Leur énergie et leur amour du son passe la rampe et irradie le public. Leurs arrangements originaux des grands standards de la pop sixties témoignent de leur créativité sans cesse renouvelée. On est loin des pseudos rockers grimaçants, qui « exécutent » des morceaux, cramponnés à leurs guitares !

Ces  « musicos » d’immense talent sont Philippe Fabres à la guitare, Serge Calvayrac à la basse, Michel Geronimo à la batterie, Georges Pistre le chanteur, véritable encyclopédie du rock.  La qualité du son et du spectacle en général est assurée en tout lieu et quelque soit la scène par Daniel Bonnafous régisseur  son et lumière…..

Leur programme reprend essentiellement le répertoire de groupes anglais des sixties mais aussi des titres empruntés à celui de groupes d’autres pays célèbres à la même époque…Citons pêle-mêle leurs reprises des  Kings, des Animals, des Beatles, des Who, des Rolling Stones, du Spencer Davis group avec Steve Winwood, des Yardbirds des années Clapton,  de Led Zeppelin, des Herman’s Hermitt, etc.

Les Oldies effectuent actuellement une tournée triomphale dans la Narbonnaise : n’hésitez pas à venir les voir ! Ils seront prochainement le 1er  juillet à la Garenne à Mirepeisset, le 15 juillet sur les Barques à Narbonne, le 18 juillet à Villesèque des Corbières, etc. Leur agenda se trouve sur leur site : http://www.lesoldies.com/

                                                                                     Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 16/06/2017

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Contre le projet TDN d’AREVA / Malvési : manifestation réussie !

Un public nombreux et familial manifeste sur la place de la mairie de Narbonne contre le projet TDN  Areva / Malvési

Le samedi 13 mai 2017, à l’appel des associations COVIDEM et RUBRESUS (*), des habitants de Narbonne et des communes environnantes se sont rassemblés place de la mairie à Narbonne pour exprimer leur refus du projet de traitement thermique des effluents nitratés (350 000 m3) stockés dans des bassins à ciel ouvert depuis plus de 50 ans par l’usine d’AREVA à Malvési. Ce traitement produira en continu, 7 jours / 7, des fumées (40 000 m3/h) contenant des gaz (12 000 m3 de gaz sec) et des déchets solides (12 000 tonnes/an) au cœur de l’agglomération narbonnaise (les premières maisons de Narbonne sont à moins d’1km).

Selon les organisateurs, ce sont entre 1 500  et 1 800 personnes qui se sont assemblées pour former un papillon géant, symbole de la précarité de la nature et de la vie mises en péril par ce projet !

Rappelons que le projet présenté sous l’acronyme TDN par AREVA a été instruit dans des conditions particulièrement contestables, notamment en ce qui concerne la neutralité et l’objectivité des expertises réalisées. Les autorités, mal informées, ont donné leur feu vert au projet mais le préfet de l’Aude, alerté par les deux associations, a freiné sa mise en œuvre en prononçant un sursis à statuer prenant fin au 9 août 2017.

Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 18/05/2017

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