Patricia Renaud

Pentagon Papers

(The Post)

USA – 1h54 – 2018
Un film de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson

 

 

Un duo de choc

Katharine Graham,   première femme directrice de la publication du Washington Post et Ben Bradlee, rédacteur en chef vont être confrontés à une prise de décision qui menace leur carrière et leur liberté. 

Dans la compétition avec le New York Times, ils ont eu connaissance d’un rapport qui dévoile l’attitude des 4 présidents des Etats Unis sur une trentaine d’années face à des affaires très sensibles et leurs réactions destinées à les étouffer.

Le Washington Post est alors un petit journal local face au New York Times. C’est la course au scoop qui mettra les media sur le devant de la scène. Mais toute médaille a son revers, quand se présente l’opportunité de damer le pion au mastodonte.

Les risques sont énormes et la question va se poser de la liberté de la presse et de la divulgation de secrets d’Etat.

Meryl Streep est extraordinaire dans ce rôle d’une grande puissance. Elle évolue d’abord comme une petite souris au milieu de ces costumes noirs masculins, que ce soit dans le milieu de la banque ou de la Bourse. Elle se protège derrière l’ombre de son mari suicidé.

Petit à petit, on la voit qui prend  de l’épaisseur, elle qui s’est contentée d’évoluer de cocktails mondains en réceptions tout aussi luxueuses. Elle prend conscience qu’elle risque tout et pourtant quand elle prendra la parole pour décider seule de publier cette bombe, elle ne se réfugiera plus derrière l’image de son mari mais elle s’impliquera elle-même avec courage et détermination.

Tom Hanks lui donne la réplique pour l’entraîner dans les affres de la décision mais c’est pourtant lui qui au dernier moment devant l’enjeu reculera. Toujours aussi charismatique en rédacteur en chef dynamique, engagé un peu grande gueule, il donne la réplique avec brio à une Kay Graham dont la personnalité s’affirme de plus en plus.

L’ambiance de la salle de rédaction d’un journal, le déroulé de la fabrication de ce même journal de la conception à la réalisation nous emporte dans un rythme effréné.  Spielberg nous plonge au sein de ce tourbillon qui nous amène à participer avec élan à cet événement.

Du grand art, je trouve.

                                               

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 14/02/2018

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3 Billboards, les Panneaux de la Vengeance

UK/USA – 1h56 – 2016 – Un film de Martin MacDonagh avec Frances MacDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell.

Meilleur film d’art dramatique/ Meilleure actrice dans un drame Frances MacDormand / Meilleur acteur dans un second rôle Sam Rockwell / Meilleur scénario Martin MacDonagh au Golden Globes 2018

Osella du Meilleur Scénario Nostra de Venise 2017.

 

Impressionnant !

Mildred Hayes, après la mort de sa fille violée et assassinée et l’inertie de la police qui peine à chercher et trouver le coupable, prend les choses en main. Elle loue trois grands panneaux publicitaires pour y afficher des messages mettant en cause l’incurie de la police.

Cette décision met le feu aux poudres dans une petite ville du sud des États Unis.

Le jeu des acteurs est effectivement impressionnant, ils sont tous remarquables : Frances MacDormand en badass (dure à cuire), Sam Rockwell en redneck (plouc, péquenaud), Woody Harrelson en flic humain atteint d’un cancer.

Le thème de la mère obsédée par la mort de sa fille et culpabilisée, qui s’acharne pour découvrir le meurtrier, est bien vu, mais il y a toute une série de petits boutons qui apparaissent à la fin du film et qui démangent furieusement quand on quitte le cinéma.

C’est la « rédemption » du flic beauf, alcoolo, raciste, homophobe qui à la lecture de la lettre posthume de son chef décide de devenir « bon ».

C’est le nouveau chef noir de la police qui vient remplacer l’ancien mort du cancer et qui décide d’accorder de l’intérêt à la mort de la fille de Mildred.

C’est Mildred qui, loin de vouloir la justice, veut la vengeance et est prête à tuer elle-même un homme qui n’est pas le meurtrier de sa fille, sur la simple présomption de Dixon (flic beauf) devenu son copain.

Là, je trouve qu’on retombe dans les poncifs que l’on a tous vus dans les séries américaines, le bon flic noir, la loi du Talion. Le tout traité d’une façon magistrale par un metteur en scène qui n’est même pas américain !.

Si ce prurit surgit quand on a quitté le cinéma, finalement il faut bien reconnaître que Monsieur Martin MacDonagh « a fait le job » et qu’on est quand même tombé dans le panneau !

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 20/01/2018

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L’échange des princesses

France – 1h40

Un film de Marc Dugain avec Lambert Wilson, Olivier Gourmet, Annamaria Vartolomei.

1721 : Philippe d’Orléans, Régent de France, voulant consolider la paix avec l’Espagne après des années de guerre, décide du mariage du futur roi de France Louis XV (11 ans) à l’Infante d’Espagne (4 ans), Anna Maria Victoria tandis que sa fille, Mlle de Montpensier (12 ans) doit s’unir à l’héritier du trône d’Espagne, Don Luis (14 ans). (A cette époque l’espérance de  vie est de 33ans ! il est donc primordial de ne pas perdre son temps ! ).

Loin de Marivaux et de ses jeux de l’amour et du hasard, la cour de France et celle d’Espagne mettent en jeu les chassés croisés diplomatiques pour apaiser les deux pays exsangues après des guerres impitoyables.

Belle rétrospective sur la situation de l’enfant et de la femme qualifiée de « viande à marier », nous sommes confrontés à ces relations faites de compromis, compromissions, complots, et à ses victimes. Ces enfants jeunes, si jeunes sur les épaules desquels repose l’avenir de nations, ces enfants qui peinent à jouer dans l’univers feutré et étouffant de ces cours royales.

Ces jeunes filles qui ne sont vues que comme des ventres pourvoyeurs de futurs héritiers couronnés.

Que dire de l’amour chez ces couples formés pour renforcer l’alliance entre deux pays, pour éviter des guerres qui déciment la population et vident les caisses du trésor royal. L’amour n’a jamais été prévu dans ces alliances comme s’exclame le Roi d’Espagne, Philippe V. Il n’y a que la toute jeune Infante d’Espagne pour y croire et l’espérer naïvement.

Tout est beau dans ce film, les décors, les costumes et les acteurs, du visage très pur et lumineux de Anna Maria Victoria à celui, rebelle mais sensuel de Louise Elisabeth avec le visage égaré de Don Luis et celui altier du futur Roi Louis XV. Ces jeunes acteurs impressionnent au milieu de comédiens chevronnés comme Lambert Wilson et Olivier Gourmet.

Le thème (l’échange des princesses) tiré du livre de Chantal Thomas pourrait servir à régler certaines tensions diplomatiques actuelles entre un grand pays démocratique et son ennemi juré !

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 08/01/2018

 

 

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2 Critiques pour un film : LA VILLA de Robert Guédiguian

Un film si beau qu’il méritait 2 critiques, deux opinions !

France – 1h47 –

Un film de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Anaïs Demoustier.

Un automne en hiver.

Une calanque blottie au creux de la Méditerranée, dans une bulle protégée des tourments de l’univers et au milieu une famille, trois grands enfants réunis autour du père terrassé par un AVC qui ne parle plus, ne bouge plus, pétrifié, le regard fixé sur la mer. Des trois enfants, seul Armand est resté pour tenir le restaurant de son père, Angèle comédienne devenue célèbre n’est pas revenue dans la villa depuis plusieurs années, Joseph, cynique et amer a été licencié par son entreprise et cherche refuge auprès de sa très (trop) jeune fiancée. Un vieux couple de voisins et leur fils très attentionné, un jeune pêcheur amoureux du théâtre complètent ce tableau d’un monde un peu désuet, hors du temps. Mais l’actualité va faire irruption dans ce cocon  et modifier leur vision de la vie.

Quelle mélancolie au sein de l’hiver de ces personnages à l’automne de leur vie, cela pourrait être du Tchekov. Ces trois personnages rassemblés un peu contre leur gré avec leurs rancunes, leur amertume, leur cynisme représentent une société dépassée.

On regrette les temps anciens, on est tenté par un « c’était mieux avant » mais on se reprend « une réflexion de vieux con » !
On retrouve les gestes de la jeunesse, la pêche au poulpe, les cris sous le viaduc repris en écho, bref on se souvient.

Après ce regard vers le passé, ce regret peut-être, le présent rattrape la famille et c’est vers l’avenir que les yeux se tournent avec la relève de la jeune génération et le sentiment que tout n’est pas fini.

Finalement un vrai « Guédiguian » !

                                                                                            Patricia Renaud pour le Clairon l’Atax le 10/12/2017

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La VILLA  un film de Robert Guédiguian, avec Gérard Meylan (Armand) , Jean-Pierre Darroussin (Joseph), Ariane Ascaride (Angèle). , Robinson Stevenin, Anaïs Demoustier (2017)

Le décor : une villa qui surplombe la mer, à Marseille, et au-dessus un viaduc où passent des trains ; un environnement qui n’a pas changé, sauf que les villas autour sont devenues des résidences de vacances et sont donc vides, il n’y a plus guère de gens dans les rues ou sur les places, comme en témoignent des vieilles photos en noir et blanc.

Les trois enfants (l’habituelle tribu du cinéaste) se retrouvent dans ce film autour du patriarche soudain frappé par une attaque : Armand tient un modeste restaurant sur la place et songe à arrêter ; Joseph est un cadre licencié, bavard, amer et sardonique accompagné d’une jeune femme qui se lasse peu à peu de lui et enfin Angèle, la fille, comédienne à Paris et qui revient à contrecœur car cet endroit est chargé pour elle de très mauvais souvenirs. C’est l’hiver, et l’ambiance générale du film est bien noire. On retrouve le pessimisme du cinéaste, ici encore plus poignant.
Réflexion sur le passé ; on mesure ce qui sépare les générations, en particulier avec l’histoire du couple de voisins et de leur fils médecin vraiment bouleversante.
La découverte d’enfants réfugiés, cachés dans la garrigue  vient tout à coup réveiller le sens de la solidarité et l’esprit de groupe. Et on est emballé par le personnage lumineux du jeune pêcheur incarné par R. Stévenin qui séduit Angèle en lui déclamant du Claudel et par là son amour du théâtre.

Malgré une mélancolie ambiante, le film s’achève sur une forme d’espoir,
Et puis il y a la mer, magnifiquement filmée dans ce soin de Marseille, avec ses poissons, poulpes, bateaux,  comme une consolation suprême

 

Pour moi La Villa est le plus beau film de cette année 2017 : profond, drôle, émouvant, nostalgique et d’une humanité rare…

                                                                                   Catherine Burger pour le Clairon de l’Atax le 22/12/2017

 

 

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« The square » un film…ben…

« The Square »

Suède/ Allemagne/ Danemark /France – 2h22 – 2017 – Palme d’Or Cannes 2017.
Un film de Ruben Östlund avec Claes Bang, Elisabeth Moss et Terry Notary

Tout çà pour çà ? !!

Christian est conservateur d’un musée d’Art Contemporain, Christian est divorcé, père de 2 filles à qui il consacre du temps, Christian est propre sur lui et animé des meilleures intentions du monde, il installe une exposition qui rappelle à tout citoyen leur devoir vis-à-vis de leurs prochains. Mais quand Christian se fait faucher son téléphone mobile et son portefeuille grâce à une habile mise en scène, tout ce vernis de bonne conduite va se dissoudre dans la dure loi du Talion.

 » Bon, tout cela pour cela  » me suis-je dit en quittant le cinéma, 2h22 c’est quand même long quand on vous explique par le menu détail que finalement l’homme n’est pas bon, que son discours altruiste n’est qu’hypocrisie, que quand la nature rencontre la culture, cf: la scène du performeur (Oui, j’ai découvert que cela s’appelait comme cela) mimant le grand singe et agressant ce public bourgeois endimanché, smoking et robe longue, cela donne une scène d’une tension et d’une cruauté extraordinaire et cela en dit long sur l’individu intellectuel qui tresse des phrases comme des colliers sauf que les perles sont creuses.

Christian donne l’image de l’homme arrivé à qui tout réussit, qui a de brillantes idées, qui réussit même à plagier son propre discours abscons . Eh oui, il suffit de poser un objet dans une salle de musée et il devient objet d’art … Magique !!!
Et que dire de la réaction de la directrice quand elle découvre qu’un technicien de surface (oui, oui, cela se dit comme cela !)  a aspiré des tas de graviers posés par terre dans une salle et censés représenter une œuvre d’art !!
Bref, l’homme est un loup pour l’homme, mais comme il est rusé, il camoufle sa « louvitude » sous une laque bien pensante et rutilante de bons sentiments.

Mais 2h22, (je reviens à mon idée première), c’est vraiment long surtout si l’on considère  que l’homme (au sens individu, j’entends) a quand même un cerveau. Donc Östlund délaye, il paraphrase, il pléonasme (!), il combine toutes sortes  d’ingrédients qui font à la sortie une Palme d’Or….. Yep !!!

Et voilà notre grand cinéaste qui se la joue à la Christian, en informatique on appelle cela « boucler » ou bien « retour case départ ».
MAIS, il faut aller voir ce film, car il y a de grands moments et je n’ai jamais perdu une occasion de fous rires, quand bien même ce n’était pas l’objectif de Ruben Östlund.

                                                                        Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 05/11/2017

 

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Un beau soleil intérieur

France – 1h34 – 2016

Un film de Claire Denis avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine.

 

Premier ou Deuxième degré ?

Isabelle, artiste, quinquagénaire, divorcée,  cherche et veut croire dans le grand amour……

Dès les premiers plans du film, on est dans le vif sujet. Des répliques d’une banalité affligeante (Christine Angot oblige..), des situations à la fois cocasses mais aussi ridicules, des personnages à côté de leurs pompes et au milieu la Binoche, superbe, magnifique qui décline toute la palette des sentiments, qui pétille, qui flambe, qui s’effondre comme une poupée cassée et qui se relève pour repartir à la recherche de cet homme sublimé.

Il ne se passe rien dans ces 1h34 et il se dit tout de ce que vit une femme menacée par l’automne de sa vie et qui espère encore et qui croit encore, jusqu’à la scène finale absolument époustouflante.

A l’origine, Claire Denis voulait faire un film à partir du livre de Barthes « Fragment d’un discours amoureux », elle réussit un film qui n’en est pas un, qui se voudrait réaliste mais qui est à côté de la plaque. Malgré cela, on reste jusqu’au bout captivé par le regard lumineux de Juliette Binoche et espérant avec elle l’aboutissement de sa quête.

                                                                            Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax, le 13/10/2017

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Numéro Une

France – 1h50 – 2016

Un film de Tonie Marshall avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Benjamin Biolay, Richard Berry, Sami Frey.

Amazone ou Cendrillon ?

Emmanuelle Blachey est une femme brillante, elle a gravi tous les échelons pour arriver à un poste décisionnaire dans un grand groupe. Un réseau de femmes influentes lui propose de l’aider à  prendre la tête d’une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper un tel poste. Le challenge est d’importance, mais très vite, Emmanuelle se rendra compte avec les obstacles qui se dressent devant elle qu’il va falloir faire la guerre si elle veut arriver à ses fins. Et dans cette guerre, tous les coups sont permis.

Un film, somme toute, pas vraiment optimiste où l’on découvre que pour atteindre les sommets une femme doit utiliser les mêmes armes que les hommes. En effet, Emmanuelle se lance dans la bataille tout en gardant une certaine fraîcheur, rien à voir avec ces machos blasés et retors que campent avec maestria Richard Berry et Benjamin Biollay et ces femmes manipulatrices et perverses qui l’accompagnent.
C’est tellement triste de constater que Emmanuelle devra sa victoire au fait qu’il y a du tirage dans le camp adverse, que le personnage qui est son adversaire est relativement falot et n’a que peu d’épaisseur ( d’ailleurs il va traverser le film un peu comme un fantôme) et que finalement son « équipe » sortira des cartons des histoires nauséabondes  pour enfoncer l’ennemi et le museler.
Emmanuelle nous rassure sur sa capacité à garder une certaine humanité avec une touche de sensibilité (la scène de la chanson de son enfance sur la plate-forme pétrolière).
Emmanuelle devra lutter même dans son camp vis-à-vis de son mari mais aussi de son père, enseignant à l’université, persuadé que sa fille a besoin de dominer et qui ne lui épargne aucune phrase fielleuse.

Le plus inquiétant dans l’histoire est que Tonie Marshall n’a rien inventé, tous les coups bas, toutes les remarques salaces lui ont été racontés par des personnes bien réelles du monde de l’entreprise.

C’est un film intéressant, tellement d’actualité porté par des actrices et acteurs de grand talent.

 

                                                                                        Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 21/10/2017

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Ôtez-moi d’un doute

France – 1h40 – 2016

Un film de Carine Tardieu, avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms, Guy Marchand.

Tragi-comédie cornélienne !

Erwan vit en Bretagne, son métier : démineur. Sa fille est enceinte.

Suite à la recherche d’un gène pathogène, il apprend que son père n’est pas son père. Cette nouvelle bouleverse la famille et entraîne Erwan à la recherche de son père biologique. Il le retrouve en la personne d’un vieux monsieur charmant.

Dans  le même temps, Erwan rencontre Anna qu’il entreprend de séduire, jusqu’au jour où il se rend compte qu’Anna est sa demi-sœur !

Un petit plaisir simple, tout est bon dans ce film, la distribution, les paysages, le thème, les répliques.

Erwan excelle en démineur affairé sur les plages bretonnes, père attentif, il tombe amoureux d’une femme médecin, Anna, pétillante, pétulante qui parle vrai et direct.

Les deux pères jouent juste, le père adoptif dont la vie c’est de conduire son chalutier et qui porte le secret de la paternité d’Erwan depuis des années, le père biologique, ravi de découvrir un fils qui est à l’écoute des événements passés qui ont marqué son père.

La fille enceinte qui veut élever son enfant seul, remettant en cause la quête de son père.

Le ton est donné, ce film oscille entre le rire, l’émotion, la tendresse et c’est une belle réussite.

 

                                                                         Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 17/09/2018

 

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Les Proies / The Beguiled

Etats-Unis – 1h33 – 2017-

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2017

Un film de Sofia Coppola avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning.

Prédatrices ou Proies ?

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud, un pensionnat de jeunes filles est géré par Miss Martha, femme de tête, volontaire et autoritaire. Cinq jeunes filles sont encore présentes et suivent les cours d’Edwina, l’institutrice. Amy trouve un soldat nordiste blessé et le ramène au pensionnat.

Seul homme dans ce gynécée, sa présence va poser quelque problème dans cette société puritaine au milieu de ces femmes enfermées dans les interdits de leur sexe.

Lentement, la tension va monter jusqu’à son paroxysme et le malaise plane jusqu’à la résolution finale.

Et ce malaise reste bien présent à la sortie du cinéma.

Pourtant, tout commence sur des scènes très bucoliques, des jeunes filles qui jardinent, une petite fille qui chantonne en cueillant des champignons et vient le premier accroc dans ce paysage paisible, la découverte de cet ennemi blessé. La confrontation de l’innocence avec la guerre et en arrière plan le canon qui tonne…… et puis commence une lente descente vers les affres du désir, cet homme seul au milieu de ces jeunes filles pour certaines encore très jeunes et de ces deux femmes  est soumis à leur bon vouloir. Va-t-il être dénoncé et livré aux sudistes ?

Sous couvert de charité chrétienne, ces dames vont le garder mais à quel prix ?…. Jusqu’à sa guérison ! Mais après ? Alors qu’il s’emploie à montrer sa serviabilité dans l’espoir de rester dans ce havre de paix, plane la menace de son départ.

Et puis les événements vont pousser ces femmes à se changer en prédatrices. La peur exalte les excès.

Magistralement mené par trois excellents acteurs, ce film de Sofia Coppola est un bon film. Quelques critiques qui ont vu la première mouture réalisée par Don Siegel avec Clint Eastwood, le trouvent un peu fade, pour ma part, il n’en est rien.

C’est un autre point de vue et un autre état d’esprit. John MacBurney, le soldat blessé qui s’est engagé à la place d’un autre pour combattre et gagner quelque argent s’avère vulnérable, faible et lâche. Il fuit la guerre et ses horreurs. On aurait tendance à le considérer comme un proie facile face à ces femmes toutes séductrices à leur manière. Mais finalement qui est la victime ?

Un film à voir.

                                                Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 28/08/2017

 

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Grand Froid

France/Belgique/Pologne – 1h26 – d’après le roman « Edmond Ganglion & fils » de Joël Egloff, lauréat Festival du Premier Roman 1999.

Un film de Gérard Pautonnier avec Arthur Dupont, Jean-Pierre Bacri et Olivier Gourmet.

Dans une petite ville enneigée et isolée, Edmond Zweck, le patron d’une entreprise de pompes funèbres a bien du mal à se maintenir à flot. Les morts sont absents et les deux employés, Georges et Eddy sont désœuvrés. Eddy taille les cheveux d’une vieille dame qui tarde à mourir, Georges cherche désespérément l’épitaphe qui sera apposée au fronton de son caveau. Edmond boit quelques tasses de saké au restaurant chinois en face de son commerce.

Tout va donc assez mal, lorsque la veuve et le frère d’un mort se présentent pour préparer la cérémonie.

Georges et Eddy sont alors chargés de mener le défunt vers un cimetière lointain où aura lieu les funérailles. Ils sont suivis par la voiture du frère dans laquelle ont pris place la veuve, le curé hyper connecté et Pierre et Paul, les deux enfants de chœur.

Ce trajet dans un paysage d’une blancheur désolée prend des allures de grosse farce comique jusqu’au dénouement brutal et inattendu.

Les trois personnages principaux forment un trio comique avec des acteurs dont la renommée n’est plus à faire. Chacun, avec son style particulier ponctue le film de façon décalée en s’amusant d’un sujet qui à l’origine n’est pas drôle du tout. Cet humour au deuxième degré nous amène à rire de situations plutôt dramatiques.

Olivier Gourmet en patron pris dans le marasme de sa boutique et son attachement pour Georges avec qui il travaille depuis des années, cherche le mot juste pour expliquer à celui-ci qu’il ne pourra pas le payer. Bacri, l’employé coincé dans sa rigidité se défausse sur son jeune collègue Arthur Dupont qui côtoie la mort avec une certaine naïveté et candeur.

Un film à voir quand on n’a pas le moral. Un grand moment.

                                                                                                         Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 11/07/2017

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