It must be heaven

France/Qatar/Allemagne/Canada/Turquie/Palestine – 1h42 – 2019

Un film de Elia Suleiman avec Elia Suleiman, Gael Garcia Bernal.

« Un petit bijou »

Aimez vous les films où il ne se passe pas grand-chose ? Si oui vous allez être servi(e)s !! Car en fait dans cette lente déambulation de Suleiman, on ne voit qu’une recherche d’identité, on ne voit qu’un Palestinien qui regarde les autres regarder la Palestine. Et nous voyageons dans l’absurde où le principal protagoniste ressemble furieusement à Buster Keaton, « l’homme qui ne souriait jamais ».
Suleiman pourrait être « l’homme qui ne parle jamais ou si peu…  » Tout est dans les mimiques, elle sont nombreuses et elles disent tout ce qu’il y a à dire sur l’image de la Palestine véhiculée par les étrangers. Suleiman quitte Nazareth pour se  promener de Paris à Montréal en passant par New York mais où qu’il aille il sera toujours palestinien. Il rencontre des gens qui lui expliquent que la Palestine en film ce n’est plus porteur.

Les scènes sont des tableaux de mini comédies rapides, fugaces où il faut saisir au vol le clin d’œil du cinéaste. Il serait nécessaire de revoir le film pour lire ce qui nous a échappé et pour mieux décrypter la culture palestinienne. Car Suleiman utilise la métaphore avec brio, se moque des travers de notre civilisation et de chaque société, les armes aux USA, les terrasses de café à Paris….

Il se passe très peu de chose mais tout est significatif et chaque plan exprime quelque chose d’important pour peu qu’on puisse le comprendre. Ce petit bonhomme avec son petit chapeau et son sac en bandoulière avec ses mimiques en dit plus long qu’un vrai discours. Il dit qu’il n’est nulle part chez lui, mais partout à l’aise à regarder notre monde fou tourner sur lui-même et s’enfermer des ses paradoxes.

Nous avons besoin de son regard dénué de méchanceté mais très malicieux qui nous fait comprendre combien nous marchons sur la tête.

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 23/12/2019

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