Coup de gueule (encore) contre l’incohérence et l’absurdité.

Un soir, j’étais tranquillement installée à la terrasse d’un bar avec des amis, lorsque Stéphane, un homme d’une quarantaine d’années, s’installe à notre table et entame, dans un langage à peine compréhensible, un discours interminable à propos du vaccin anti-Covid 19… Stéphane nous a servi les arguments si fréquents  par les temps qui courent : « On est en dictature les jeunes, je vous le dis !»  « Connard de Macron » « On est plus libres » etc., etc.…. Stéphane avait l’air vraiment en colère (j’ai pensé plus tard que cette colère était certainement liée au fait que sa femme venait de le quitter deux jours plus tôt, comme il nous l’apprit quelques instants plus tard). De grosses veines épaisses ressortaient de son front en sueur.  ... Lire la suite

Colère et révolte pour la fête de la musique.

Free Party, Image par Free-Photos de Pixabay Le 21 juin 2019, disparaissait Steve Maia Caniço, animateur périscolaire de 24 ans, noyé dans la Loire à Nantes après une violente charge de police sur le quai Wilson où se tenait un rassemblement libre et festif. Le jeune homme s’était rendu à une soirée électro sur les bords de la Loire, et son corps avait été retrouvé sans vie dans le Fleuve plus d’un mois plus tard. Deux ans sont passés, et le parquet de Rennes vient seulement d’établir que Steve était tombé à l’eau dans le même temps que l’intervention des forces de l’ordre, pour disperser le rassemblement auquel le jeune homme participait. Ce week-end à Redon, lors s’une free party ... Lire la suite

La chronique des successeurs

En ce premier mai 2021, journée de célébration des combats des travailleurs et des travailleuses, beaucoup de jeunes travailleur(se)s et étudiant(e)s s’étaient joints au cortège. On pourrait penser que cette journée symbolique ne concerne que les plus âgés, des gens « installés dans la vie » et dans le monde du travail, mais il n’en fut rien. Énormément de jeunes citoyens ressentent l’urgence de lutter pour protéger des acquis sociaux, qui leur glissent peu à peu entre les mains ; ceux qui ont été des victimes collatérales de la crise sanitaire, ayant perdu leur job, leur appartement, et foi en leurs études, ressentent plus que jamais la nécessité d’exprimer qu’ils existent et qu’ils souhaitent vivre mieux. A l’heure actuelle, la France est ... Lire la suite

Un poème face à la loi « contre les séparatismes »

Le texte poétique qui suit a été écrit par un étudiant strasbourgeois de 20 ans, Benjamin Soskin. Il est une réponse à la loi dite « contre les séparatismes » qui vise à interdire tous les signes religieux ostentatoires, en particulier le voile. Les sénateurs ont ainsi voté il y a trois semaines de cela, l’interdiction du port du voile pour les mineurs dans l’espace public, pour les accompagnantes de sorties scolaires, ou pour les sportives dans des compétitions organisées par les fédérations. Or, cette interdiction du foulard présente un paradoxe évident : en visant la libération et l’émancipation des femmes, elle risque de produire l’effet inverse en forçant leur retrait du monde sportif, et de la vie citoyenne. Partir du principe, ... Lire la suite

L’extinction de la nuit.

club-Image par IULIAN TUCA SIMINICIUC de Pixabay Avec le durcissement des restrictions sanitaires, l’avenir de certains milieux artistiques qui était déjà mis en péril depuis le début de la crise sanitaire est plus que jamais en question. Parmi ceux-ci, le monde de la nuit, dont les établissements ont été fermés pour la majeure partie, et les artistes qui l’animent privés de leur travail depuis le printemps 2020. Cela fait plus d’un an que nous, les jeunes, ne sommes pas allés danser et écouter de la musique dans un club, ni même dans un bar, pour boire des verres et nous retrouver entre amis. Fermer les lieux nocturnes, est-ce exclure la jeunesse du débat public ? A mon sens, il est ... Lire la suite

Malaise étudiant : lettre ouverte à E.Macron

Palais universitaire de Strasbourg, construit à une époque où on respectait les étudiants (Photo S. Masini) Aujourd’hui, le 20 janvier 2020 à 13h, j’ai décidé de ne pas assister à mon cours, derrière mon ordinateur, pour me rendre à une manifestation étudiante, afin de réclamer la réouverture des facultés, fermées depuis de nombreuses semaines. Quels ne furent pas et mon étonnement et ma déception de constater que nous étions très peu nombreux. Très peu d’étudiants, quelques professeurs de l’université, des membres de la CGT et sûrement aussi quelques parents d’élèves révoltés. Mais finalement trop peu pour que notre voix soit entendue comme il se doit. La vérité est que nous sommes comme éteints, empreints d’une lassitude qui nous colle à ... Lire la suite