La chronique des successeurs

En ce premier mai 2021, journée de célébration des combats des travailleurs et des travailleuses, beaucoup de jeunes travailleur(se)s et étudiant(e)s s’étaient joints au cortège. On pourrait penser que cette journée symbolique ne concerne que les plus âgés, des gens « installés dans la vie » et dans le monde du travail, mais il n’en fut rien.

Énormément de jeunes citoyens ressentent l’urgence de lutter pour protéger des acquis sociaux, qui leur glissent peu à peu entre les mains ; ceux qui ont été des victimes collatérales de la crise sanitaire, ayant perdu leur job, leur appartement, et foi en leurs études, ressentent plus que jamais la nécessité d’exprimer qu’ils existent et qu’ils souhaitent vivre mieux.
A l’heure actuelle, la France est un des seuls pays européens où les minimas sociaux ne sont pas distribués aux moins de 25 ans, au nom d’une sorte de dogme moral qui voudrait que le fait d’obtenir ces minimas quand on est jeune, pourrait nous faire basculer dans l’assistanat.
Aujourd’hui on refuse à la jeunesse populaire, qu’elle soit étudiante ou non, une solidarité sociale et nationale qui lui permettrait de s’émanciper, et d’avoir un socle sur lequel s’appuyer pour se diriger dans la vie.

Plus que jamais il est temps de se faire entendre pour ne pas qu’ils oublient que la jeunesse, les futurs travailleurs, sont là.

Lena Waag pour le Clairon de l’Atax le 22/05/2021

 

1er mai : un cortège qui rajeunit

Par Eva Chibane

 9h45. La CGT fait gronder les moteurs et la musique démarre. Les habitués sont déjà là, mais pas que. Cette année, c’est aussi les plus jeunes, ceux qui grondent d’entrer dans le monde du travail dans cette crise sanitaire qui manifestent. Étudiants, ils se sont joints au cortège lors des manifestations du 1er mai, à Strasbourg, pour faire part de leurs craintes et revendications pour l’avenir.

Manifestation traditionnelle pour défendre les acquis sociaux, célébration de la fête du Travail, le cortège du 1er mai se tient tous les ans en France. Cette année, les étudiants se sont joints en masse au cortège pour fouler le pavé strasbourgeois. Le ciel est gris, le vent souffle sur le cortège, mais cela n’a pas empêché la jeune génération de se mobiliser. Les Jeunes Insoumis-es sont présents. Yann, 23 ans, tient fièrement une banderole où sont inscrits ces mots « Génération sacrifiée ». Pour lui, il est essentiel que la jeunesse se mobilise. « J’aurai fini mes études dans un mois. En tant qu’étudiant, je n’ai pas l’impression que mes droits ont été représentés. Alors je pense déjà à l’après, qu’est-ce que ça va être dans le monde du travail ? On est là, pour beaucoup pour la première fois, pour représenter cette jeunesse qui va débouler dans le marché du travail sans avoir d’avenir ». Plus que jamais, cette année a fait monter les revendications sociales et la peur de l’après.

 « C’est la première fois que je ressens le besoin de manifester un 1er mai »

 

« La crise nous a fait nous politiser »

Ce premier mai a laissé voir que la prise de conscience des jeunes est allée au-delà d’intérêts catégoriels : il faudra compter sur leur présence dans le débat politique.

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