Détérioration du cadre de vie des Français : les accidents industriels ont augmenté de 34% en 2 ans

Tandis que les accidents industriels on augmenté de 34% en 2 ans la politique d'austérité suivie par le gouvernement français réduit lles moyens de contrôle des installations classées. Il ne faut pas s'étonner si des sinistres comme celui de Lubrizol se produisent...

Dans son dernier rapport,  publié en septembre 2019 sur les accidents technologiques constatés en France en 2018, le Barpi (Bureau d’analyse des risques et pollutions industriels) constate une augmentation de ces accidents de 34% en 2 ans. (1).

Densité des accidents industriels par département (Infographie Barpi)

Selon le Barpi : « L’accidentologie des établissements Seveso contribue significativement à cette évolution ». Ces établissements sont au nombre de 1312 en France dont 705 classés « Seveso seuil haut » (2), qui représentent en 2018 25% des accidents constatés. L’infographie ci-dessus montre la coïncidence entre répartition géographique de l’accidentalité et densité des établissements Seveso.

Des causes d’accidents liés à des problèmes d’organisation

Selon les analyses du Barpi, les accidents technologiques sont plus provoqués par des dysfonctionnements dans l’organisation du travail que par le facteur humain ou par des aléas impondérables. Plus précisément ce qui prédomine dans l’analyse des causes d’accident, ce sont des failles dans l’organisation des contrôles, dans le choix des procédés, des manquements dans l’identification des risques et dans la rédaction de consignes appropriées. Enfin l’expérience acquise est de moins en moins prise en compte dans l’organisation du travail, ce qui entraîne parfois la reproduction d’accidents similaires au sein d’un même établissement. (3).

L’Etat reconnait l’insuffisance dans le contrôle des établissements Seveso, mais ne prend pas les mesures adéquates… au contraire…

Les ministres successifs de la Transition écologique, F.de Rugy et E.Borne ont adressé aux préfets des instructions pour un contrôle renforcé des installations sans toutefois leur donner les moyens nécessaires. Ainsi, le nombre d’inspecteurs des installations classées s’élevait à 1 607 en 2018 contre 1 627 en 2016 tandis que le nombre d’inspections baissait de 18 196 inspections en 2018 contre 30 000 en 2006. Soit une baisse de 39 % en douze ans !
De plus dans le Projet de loi de finances pour 2020 (4), il est prévu  une baisse des effectifs de 797 postes dans les services du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Mais les conséquences de ces accidents industriels ne se répercutent pas seulement sur leurs personnels : elles frappent aussi les populations environnantes…

Depuis la fin du 18ème siècle l’extension urbaine rattrape des territoires originellement destinés aux activités industrielles ou minières. Un certains nombre de réflexes aggravent cette évolution :

  • On tend à installer de nouvelles industries sur des zones déjà « sacrifiées »  qui de plus sont  propices à une certaine mutualisation des moyens (par ex. : création + ou – anarchique de  dessertes routières et ferroviaires, alimentation en eau et énergies, etc.)
  • Les entreprises industrielles évoluent dans le temps, déménagent et créent souvent des friches. Le paysage peu attractif de ces territoires tend à en faire des espaces libérés ou libérables, des zones de faible valeur foncière, propices à l’installation de logements sociaux. Dans ces territoires de relégation les installations industrielles s’entourent progressivement d’un important peuplement qui peut transformer un accident industriel en catastrophe.

Actuellement 2,5 millions de Français vivent à moins d’1 kilomètre d’une usine Seveso : le risque industriel  pose aussi un problème d’aménagement du territoire.

Louise B.Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 21/10/2019

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Notes:
  1. 1 112 accidents ou incidents en 2018, contre 978 en 2017, et 827 en 2016
  2. ndlr : par exemple l’usine Lubizol de Rouen… l’agglomération du Grand Narbonne pourtant située dans un territoire peu industrialisé compte 7 établissements (dont Orano / Malvési) classés « Seveso seuil haut »
  3. Ndlr : ce qui semble ici remis en cause c’est le management des ces entreprises particulièrement dans le domaine des ressources humaines (L’usine Lubrizol avait déjà connu un accident en 2013)
  4. http://www.assemblee-nationale.fr/15/projets/pl2272.asp

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