Finlande – 1h21 – 2023 – Prix du jury au festival de Cannes
Un film de Aki Kaurismaki avec Alma Pöysti, Jussi Vatanen, Janne Hyytiäinen.

amour en Finlande (Image par Олеся Парфенюк de Pixabay)
Ansa est vendeuse dans un supermarché à Helsinki et Holappa est soudeur dans une usine. Ils vont se rencontrer dans un café à l’occasion d’un karaoké. Peu de mots sont échangés, pourtant ils se plaisent mais les aléas de la vie vont se charger de les contrarier.
Qu’attendre d’une vie où l’on s’ennuie au boulot, où l’on a peu d’argent pour sortir s’amuser, où tout est gris et triste sur fond d’informations terribles sur la guerre en Ukraine (1340km de frontière sépare la Finlande de la Russie). Alors, on va au café, chanter ou bien boire jusqu’à l’excès.
C’est ce que fait Holappa, malheureusement les événements se liguent contre lui. Quant à Ansa, elle se contente d’attendre un appel, un regard, un geste. C’est le jeu de l’amour et du hasard avec un peu d’humour noir, une remarque désabusée. C’est un lieu de désespérance et en cela, je pense au cinéma russe ou au théâtre russe. Que faire ? Que dire ? Quand deux taiseux se rencontrent et qu’ils n’osent faire un pas l’un vers l’autre. Ils font donc confiance au hasard qui leur jouera des tours.
Ces deux personnages semblent décalés dans un monde qu’ils ne maitrisent pas, le peu de dialogue entre eux confine au burlesque, quand, sortant du cinéma après avoir vu un film de zombies, Holappa remarque que ce film avait un petit air de Bresson ou de Godard !! Décalé vous dis-je !!
Le personnage principal est la solitude de ces deux êtres qui cherchent malgré tout désespérément l’amour. Un amour qui comblerait leur vie si vide, si pauvre.
Il ne se passe pas grand-chose dans ce film, et pourtant tout est là, tout est dit par des petits gestes, des regards vite escamotés, Kaurismäki est passé maître dans l’art du non-dit.
Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 14/10/2023

