
Pictogramme eau potable (Image par S K de Pixabay)
Selon le Canard Enchaîné, Didier Jaffre, directeur de l’ARS Occitanie a prévenu par mail ses cadres, le 23 septembre 2023, que l’eau du robinet ne devait « plus être consommée » dans la région, et qu’il fallait « donc privilégier l’eau en bouteille » à cause des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) et autres métabolites. Ces polluants sont aussi appelés des polluants éternels.
Les études menées sur les animaux ont montré que l’exposition aux PFAS infligeaient quasi-systématiquement des dommages au foie, aux reins et au système immunitaire. Les tumeurs sont également un constat fréquent et il semblerait que certaines souches de PFAS puissent être à l’origine de cancers et de troubles de la tyroïde.
L’agglomération de La Rochelle a d’ailleurs annoncé qu’elle allait couper quinze de ses captages en eau potable.
Sur cette base, les élus d’opposition de Coursan ont interpellé le maire de la commune et à travers lui l’agglomération du Grand Narbonne détentrice de la compétence :
« Nous demandons la communication des analyses concernant les PFAS pour le forage de Blanquefougasse, ainsi que pour l’eau fournie par l’usine de traitement de Pech de Labade qui traite l’eau acheminée depuis une prise de surface sur l’Orb.
Si de telles analyses ne sont pas en déjà réalisées, nous vous demandons en temps que responsable de la police générale et de la santé publique, de presser le Grand Narbonne pour que ces analyses spécifiques soient effectuées sans délais.
Le « Forever Pollution Project » a cartographié les zones contaminées. Coursan est entouré de zones contaminées, on ne peut pas tourner le dos à ce problème de santé publique. La population est en droit de connaître l’impact ou non des PFAS à Coursan. »
Le journal « le Monde » détaille dans un article des décodeurs que la concentration de PFAS mesurée dans l’Aude à Salles d’Aude immédiatement à l’aval de Coursan est de 11,3 ng/L. En 2020, le taux de PFAS dans le Rhône à Avignon à l’amont de la prise d’eau qui alimente le canal du Bas Rhône était de 747 ng/L. Cette eau sert à sécuriser l’alimentation en eau de la région. A l’amont, le taux mesuré dans l’Orbieu à Névian est de 16,1 ng/L A Narbonne, la source alimentant la ville a été mesurée à 11 ng/L.
La Directive européenne du 16 décembre 2020 fixe la norme de qualité environnementale à 100 ng/L de PFAS.
L’inquiétude à Coursan est alimentée par un précédent. En effet, deux points de pollutions dus à une casse automobile sauvage et à une situation de cabanisation n’ont été nettoyés qu’en surface. Aucune analyse spécifique n’a été prescrite, aucune décontamination du sol n’a été effectuée. La nappe phréatique et le captage d’eau potable de la ville étant proche d’un des lieux, leur inquiétude est légitime.
Olivier Aguzou, élu municipal d’opposition de Coursan ajoute : « La question sur les polluants dits éternels que pose l’opposition municipale de Coursan concerne l’Europe entière. » Il faut que partout, comme à Coursan, les élus, les associations et les citoyens appellent à la transparence.
Pour le Clairon de l’Atax Laurent Fabas le 22//2023
Pour en savoir plus :
https://foreverpollution.eu
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/02/23/polluants-eternels-explorez-la-carte-d-europe-de-la-contamination-par-les-pfas_6162942_4355770.html

