Extension de Port la Nouvelle : des dérapages financiers avant le début des travaux !

Plus fort que Flamanville avant même que démarrent les travaux les coûts dérapent !

Ayant examiné divers dossiers de grands projets, la Cour des comptes avait estimé la dérive budgétaire moyenne à 30 % de l’estimation initiale.

Pour Port la Nouvelle l’estimation livrée à l’enquête publique était :

Rappelons que l’étape 1 concerne le quai éolien (ainsi que le dragage du chenal d’accès à 11 m) et la construction des digues. Sont exclus de ce coût tous les travaux afférents au sea line : démantèlement, solution transitoire, nouveau poste de dépotage, éventuelle indemnisation de l’exploitant… pour rappel, l’exploitant avait estimé ce cout à 72 M€ qu’il refusait de prendre en charge. Ce chiffre non vérifié est cependant cohérent avec celui de l’opération en cours à Sète avec le démantèlement du sea line de Frontignan, l’aménagement d’un poste à l’intérieur du port et pipeline
de raccordement au dépôt de Frontignan, le tout estimé à 80 M€.

Les étapes 2 et 3 visent à rendre le projet portuaire opérationnel. La région a entamé une procédure de création de SEMOP dont l’objet est de financer et exploiter le port par un opérateur privé. Cette solution comporte des risques : cas unique de recours à une SEMOP pour ce genre d’opération ; risque juridique sur la création, une partie du conseil régional étant ferment opposée à ce processus. De plus, la région garantit l’opération (cf. annexe) ce qui ouvre la porte à un grand risque pour les finances publiques. Cela sans parler du fait que le public va financer une opération dans laquelle seuls des privés vont trouver profits. Carole Delga, dans une lettre jointe au dossier d’enquête publique, précise : « La 1ere étape (les digues et le quai lourd) a d’ores et déjà fait l’objet d’un engagement financier (210 M € HT) ; il s’agit d’une phase sans productivité économique (pour les digues) mais indispensable pour les étapes suivantes (…) »
La partie ouvrages divers et autres dont le contenu n’est pas connu précisément n’a pas à notre connaissance fait l’objet d’appel d’offre. Pour les autres parties, le résultat est résumé dans le tableau suivant :

Conséquence, l’engagement financier passe de 210 M€ à près de 236, auxquels il faudrait ajouter les 25 533 600 € d’ouvrages divers. Nous en serions donc probablement autour de 260 M€.
Dans cette configuration, la répartition du financement deviendrait : part de la région 182 M€, part du département et de l’agglo, respectivement : 39 M€
L’examen du résultat d’appel d’offre montre que le dérapage provient du lot 1 (digues et dragages) qui présente une plus value d’environ 45 M€. Même si tous les lots peuvent faire l’objet d’avenants en cours de chantier, les variations sont relativement minimes. Par contre le lot 1, soumis aux aléas climatiques est susceptibles de fortes variations positives avec l’augmentation de fréquence et de puissance des tempêtes.
En route vers l’inconnu….

Albert Cormary le  08 /10 / 2019

ANNEXE

  •  Dans la rubrique « ouvrages divers et autres », nous pensons que doivent être pris en
    compte : le balisage des ouvrages, le suivi écologique du chantier, les études
    environnementales complémentaires en cours, une partie des compensations
    environnementale et mesures de suivi ainsi que l’assistance à maîtrise d’ouvrage (suivi
    juridique des marchés…)
  • L’appel d’offre du 29 septembre 2019 visant : La concession de service public pour
    l’aménagement, l’exploitation, la gestion et le développement du port de commerce de port
    la Nouvelle avec constitution d’une SEMOP dédiée précise les conditions :
    « La Région pourra apporter une subvention d’investissement qui ne pourra toutefois
    pas excéder 34% du montant total des investissements mis à la charge de la SEMOP
    et en tout état de cause dans la limite de150 millions d’euros. Les soumissionnaires
    pourront également solliciter le versement d’une subvention d’exploitation annuelle et
    forfaitaire en compensation de contraintes particulières de fonctionnement du service
    public dûment identifiées et justifiées. Le concessionnaire versera à la Région une
    redevance d’exploitation comportant une part fixe arrêtée à 300 000 euro(s) HT et une
    part variable, à proposer par les soumissionnaires, indexée sur le chiffre d’affaires. La
    SEMOP contribuera en outre, par une participation forfaitaire annuelle, aux charges
    de dragage à hauteur de 590 000 euros HT indexées sur l’indice Tp01 »
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