Sécurité que ne fait-on en ton nom !

Combien de temps encore nous laisserons-nous conduire au désastre par nos chefs aux apparences si soucieuses de notre sécurité ?

Le temps n’est plus aux assassinats de masse pour rendre les foules dociles et disponibles à la production ! Léopold 2, Hitler et Pol Pot c’est fini, ça ne marche plus, on gouverne à présent avec le consentement. De l’obéissance forcée à celui qui menace votre vie, on est passé à l’obéissance consentie à celui qui vous fait croire qu’il peut vous sauver !
Ce n’est pas la peur de la balle qui tue qui est  la plus efficace en matière de gouvernement des hommes : on sait d’où viennent les coups, on peut identifier l’origine de la menace : chef d’état, gouvernement, parti politique et éventuellement réagir. Mais lorsque la peur n’a pas son origine dans une volonté humaine identifiable, lorsque la science est elle-même surprise et se partage sur les causes et la conduite à tenir, lorsque des pseudo-rationalisations de la crise s’effondrent en quelques heures, quelques jours, lorsque la peur tourne follement sans pouvoir se fixer, lorsque le désir de sécurité inhibe la raison, alors les temps deviennent durs pour la démocratie.  

Caméras de sécurité (Image par Stafford GREEN de Pixabay)

C’est le moment où des chefs dénués de scrupules exploitent les aspirations des peuples à la sécurité pour attenter à leurs libertés. Marché de dupes : pour assouvir le désir de sécurité des foules, attisé par telle ou telle crise (épidémie, immigration, pauvreté…), on restreint les libertés publiques comme si celles-ci étaient en relation avec la cause de la crise ! Le confinement n’est pas un remède à la Covid-19, mais un pis aller, parce qu’on ne sait pas faire autrement, compte tenu des circonstances (pas de masques, pas de vaccins, système de soins inadapté…). De même la restriction des libertés publiques par l’autocrate Orban en Hongrie, ne résout en rien la pression des réfugiés moyen-orientaux, qui se pressent aux frontières du pays et qui font peur aux hongrois, au point de provoquer leur assentiment aux dérives fascisantes de leur chef.

Réduire, au prétexte d’une mise en sécurité incertaine, les libertés de gens étourdis par des informations pléthoriques et contradictoires et peu habitués à faire face à des incertitudes ou leur laisser le temps de l’initiative et faire confiance à leurs capacités de résilience et de solidarité (prouvées pendant la crise) : la balance des chefs a vite penché du côté qui donne l’illusion de leur efficacité mais qui renforce leur pouvoir.
Assignés à résidence, ou encadrés par un contrôle social de plus en plus étroit, les individus sont progressivement purgés de leur potentiel de libre arbitre. Déroutés, engourdis par la montée des incertitudes, soigneusement mises en spectacle par les médias de formatage, ils subissent l’érosion de leurs pouvoirs citoyens, de leur qualité de sujet raisonnant, qui se poursuit inexorablement au profit de ceux qui gouvernent avec de moins en moins de souci de l’intérêt général, de retenue, de vergogne.
Ainsi que dire d’une époque où un Fillon maintient sa candidature à la présidence de la République après sa mise en examen et trouve des gens qui votent pour lui, ou qu’un Darmanin, mis lui aussi en examen, devienne ministre de l’intérieur…et tous les autres ? Quel type de pouvoir se cache derrière ces responsables qui invoquent la présomption d’innocence pour éviter d’y réfléchir plus avant ?

Mais puisque ça marche et que nos peurs nous inhibent et émoussent nos résistances, nos gouvernants poursuivent avec si peu de gêne leur programme néolibéral. Ainsi, l’actualité en est toute fraiche, les médias de formatage le claironnent à tout vent : le Ségur de la santé serait parvenu à un accord qui marque un changement significatif de notre système de soins ! Mais qu’en est-il réellement ? La tarification à l’acte est conservée, les ARS seront maintenues dans leur principe, l’augmentation des moyens des hôpitaux continuera à dépendre en priorité de considérations comptables, on fait confiance aux hôpitaux pour l’augmentation de leurs moyens mais la confiance peut se retirer…
Le mot de la fin revient à  Martin Hirsch, directeur de  l’AHP, interviewé ce matin sur France-inter, qui a résumé la situation en expliquant que le système de soins actuel était maintenu, mais qu’on « mettait de l’huile dans les rouages » !

Combien de temps encore nous laisserons-nous conduire au désastre par nos chefs aux apparences si soucieuses de notre sécurité ?

Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 23/07/2020

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