Un clou dans la chaussure : « Pour être enfin libre » – Shirin Ebadi

« Je ne m’opposais pas à l’État, je défendais les droits de l’Homme, et je fondais mes critiques de L’État sur des bases juridiques. Mais les gouvernements autoritaires n’aiment pas les nuances; ils ne supportent aucune critique…. »

Shirin Ebadi était juge en Iran…être juge et femme sont deux choses incompatibles dans l’Iran des Ayatollahs..d’autant plus qu’elle cumule d’autres défauts voire tares, aux yeux des barbus dirigeant le pays : elle est également militante pour la paix, écrivain, défenseur des droits de l’homme, militante féministe..Bref, le courage ne lui manque pas pour dénoncer  la « loi islamique reposant sur des interprétations du VIIème siècle »
Oui, il en fallait du courage pour s’opposer à ces pendaisons d’adolescents coupables d’avoir aimé hors mariage, pendaisons horribles sous le crochet d’une grue…pendaisons pour punir mais surtout pendaisons mises en scène afin que l’horreur fasse entrer dans les crânes du peuple tous les préceptes islamistes…Ayons une pensée pour ces gamins et gamines de 15 ans dont les corps suppliciés seront jetés sans aucun respect ni considération à la fosse commune.
Les médias iraniens n’ont jamais été autorisés ni eu la possibilité de parler de son Prix Nobel de la Paix…On ne parle pas des choses qui fâchent… Quant à  elle, afin de leur prouver si besoin sa détermination, elle fit jouer un groupe kurde, lors de la remise de son Prix. Beau Pied de nez au pouvoir!

La guerre dans laquelle chacun répondait aux coups de l’autre était déclarée.
Une guerre dans laquelle tous les coups étaient permis de la part du pouvoir, surtout lorsque Ahmadinejad fut élu, secondé sur le terrain face à Shrin Ebadi, par Mahmudi, officier de renseignement chargé de la surveiller, voire de trouver des occasions et motifs pour l’abattre. Ahmadinejad, qui, personne n’en parla sous nos cieux, fit déterrer les corps des soldats irakiens morts dans les combats contre l’Iran afin de leur donner une nouvelle sépulture …dans les jardins publics de Téhéran.
Il la persécuta, elle et sa famille et se proclama même son « ennemi juré ».

Dans la guerre qu’ils se livraient, Shirin Ebadi  alla courageusement jusqu’à créer  un Centre des défenseurs des droits de l’Homme…une banderille bien agaçante pour le pouvoir…Le pouvoir, de son côté, ne manquait pas d’imagination et de vice pour tenter de la faire taire en s’en prenant aux siens, à son mari et à leurs enfants, à sa sœur. Leurs téléphones furent mis sur écoute, leurs passeports seront saisis ou falsifiés par les fonctionnaires iraniens, afin de leur interdire de quitter l’Iran, ou afin de les faire emprisonner à leur arrivée à l’étranger pour faux et usage de faux, si jamais l’idée de partir les effleurait. »Leur malveillance et leur fourberie étaient vraiment sans limite ; ils étaient prêt à tout – anéantir les enfants des gens, détruire leur mariage – pour arriver à leurs fins. »
Le pouvoir iranien se permet tous les coups bas afin de la faire plier, allant jusqu’à lui voler sa médaille de Prix Nobel dans le coffre de la banque, en tentant également de démonter qu’elle était une agent à la solde de l’étranger, puis qu’elle détenait de l’argent venant de l’étranger !…… les 1,2 millions de dollars de son prix Nobel, sur lesquels on lui demanda, sans succès face à sa détermination, de payer des impôts!

Shirin Ebadi dénonce également ces élections truquées dans lesquelles des candidats parviennent difficilement à obtenir moins de votes que de militants soutenant leur parti…Tous n’avaient pas donc voté ?

Jean Pierre Vialle pour le Clairon de l’Atax le 21/012021

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