Styx (à voir sur arte.fr)

Allemagne/Autriche – 2018 – 1h31 – Prix du Film allemand 2019. en VOD sur Arte

Un film de Wolfgang Fischer avec Susanne Wolff, Gedion Oduor Wekesa, Alexander Beyer.

A la limite de l’enfer

refugiés- Image par Bonnie Ferrante de Pixabay

Rike, quarante ans, est médecin urgentiste.

Pour ses vacances, elle a planifié un voyage en solitaire pour rejoindre l’île de l’Ascension depuis Gibraltar, une île au nord de Sainte-Hélène, où Darwin avait planté une forêt entière. Seule au milieu de l’Atlantique, après quelques jours de traversée, elle affronte une violente tempête. Le lendemain matin, le ciel est de nouveau bleu et la mer calme, mais l’océan porte sur ses flots le radeau de la Méduse.

Dès le début du film, le ton est donné, Rike sauve des vies ou tout du moins elle essaie. C’est une femme libre, seule, mais nous n’en saurons pas plus tout au long du film, comme si Fischer voulait que tout le monde puisse s’identifier à cette femme, il en dit le moins possible. On sait toutefois qu’elle appartient à une classe aisée de la population. Elle a un bateau et un équipement digne d’une pro du voilier, c’est une femme sportive, en forme, qui a pris soin de remplir les placards de nourriture et de boisson pour une longue traversée en Atlantique. 
Et nous assistons à la vie à bord, aux manœuvres, aux repas, aux siestes, aux bains de mer et nous aimerions bientôt entrer dans le vif du sujet. La tempête arrive, Rike est super équipée pour l’affronter et elle ne se prive pas de prendre à bras le corps les éléments déchaînés pour lutter telle une « skipper » du Vendée Globe !
Le jour se lève sur une mer d’huile, mais une autre tempête s’annonce. Un vieux rafiot à la dérive surchargé de migrants se présente au regard de Rike. Bien évidemment le médecin urgentiste qui sommeille en elle se réveille. Peut-elle les sauver ?.
Fischer pose avec finesse le problème du secours aux migrants et celui du paradoxe de sauver la  vie de  ces gens qui affluent sur les côtes et à qui l’on impose des situations proches de l’enfer. Comment faire et que faire ?. Cette question se pose à toutes les consciences et Rike, femme allemande bien nourrie, bien vêtue, bien payée ne peut se soustraire à cette nécessité de sauver son prochain. Le balancement entre la première partie du film qui présente toute la richesse des pays du Nord et la deuxième partie sur la misère des pays du Sud est évident.

Ce film n’est pas un plaidoyer pour ou contre l’immigration, il n’y a aucun parti pris, mais juste une question qu’il nous renvoie en pleine figure :  » Et vous, que feriez vous ? « .

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 19/02/2021

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