État du système de santé dans le narbonnais : le Collectif Citoyen Santé Narbonne organise un débat

En France le droit à la santé est un droit constitutionnel

C’est à l’initiative du Collectif Citoyen Santé Narbonne, qu’une rencontre-débat a eu lieu le 15 février à la Bourse du travail de Narbonne. La séance a été introduite par Madame Monique Ferrandez, porte-parole qui a présenté le Collectif et rappelé un certain nombre de principes qui jusqu’à présent fondaient le système de santé français. Après un exposé de la situation locale plus qu’inquiétante par Madame Fabienne Viala, le débat qui a suivi ces interventions a mobilisé un public très concerné et réactif. Aux témoignages et doléances des uns, s’ajoutaient les propositions des autres. D’autres Collectifs Citoyens du Narbonnais étaient venus pour témoigner de leurs expériences et exposer leurs propositions et revendications.

Un public attentif et mobilisé (photo HR)

Le constat que le système de soins se délite ne cesse de croître au sein de la population de la Narbonnaise. Il mobilise un nombre croissant de citoyens, puisque le débat organisé par le Collectif Santé Narbonne a été précédé au début du mois de février par 2 autres manifestations : la réunion du “Comité pour l’accès aux soins pour tous de Sigean et alentour” et la création à Coursan d’un “Comité de citoyens pour l’accès aux soins”. Ces 2 comités citoyens, ainsi que des élus de Lézignan étaient représentés au débat organisé par le Collectif Citoyen Santé Narbonne.

Une réalité qui s’écarte des principes fondateurs du système de santé français.

Dans son introduction Madame Ferrandez a rappelé qu’en France le droit à la santé est un droit universel et constitutionnel, en citant le 11e alinéa du préambule de la Constitution de 1946 qui dispose que la Nation “garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé“. Pour réaliser ce droit, le système de santé repose d’abord sur l’action d’un médecin traitant qui accueille, oriente et gère avec le patient le parcours santé de ce dernier et particulièrement l’accès aux spécialistes. Ce médecin traitant sert aussi de référent à la Sécurité Sociale qui rembourse en tout ou partie les frais médicaux et les prestations sociales.
Lorsque l’accès au médecin traitant devient difficile ou impossible du fait du manque ou d’une surcharge de travail des médecins existants, alors le droit à la santé n’est plus exercé.

La dramatique situation actuelle du système de santé est le résultat d’un politique.

Celle-ci, comme le rappelle Madame Viola, a été menée par les gouvernements successifs . Malgré la dynamique de crise qui ne cesse de s’accentuer, les gouvernements qui se succèdent actuellement, poursuivent leur politique de fermeture des lits d’hôpitaux et de services d’urgence, tandis que les financements publics favorisent le développement de cliniques privées fortement lucratives au détriment des hôpitaux publics.

En ce qui concerne la médecine libérale qui rassemble l’essentiel des médecins traitants ; les départs des généralistes dont la population vieillit, ne sont pas compensés par des installations de jeunes médecins, dont le nombre est d’autant plus réduit que pendant 30 ans une politique de « numérus clausus » limitait le nombre de médecins accédant à la formation universitaire.  Les déserts médicaux s’accroissent tandis que les conditions de travail se détériorent sous la pression de patientèles de plus en plus nombreuses.

État des lieux à Narbonne.

Le nombre de médecins libéraux, généralistes ou spécialistes est en diminutions constante.
En 2014 à Narbonne on recense (chiffres Rezone AMELI) 57 médecins pour une population de 56000 habitants. Dont 20 médecins qui sont âgés > 60 ans dont 8 > 65 ans, soit plus de 1/3 des médecins sont en fin de carrière…
A cela s’ajoute un vieillissement de la population qui contribue à une augmentation de la demande se soins.
Actuellement sur le territoire du Grand Narbonne, le rapport patient / médecin s’établit sur une moyenne de 1008 patients pour 1 médecin. Pour l’Aude le rapport est de 1065 /1 et pour la France métropolitaine de 1129/1.

Un débat qui témoigne de la mobilisation citoyenne.

Ce qui ressort du débat et des différentes propositions qui y ont été faites c’est que, compte de la gravité de la situation et des choix politiques qui l’ont provoquée, les participants ne se contenteront plus d’être les spectateurs passifs des orientations et décisions qui seront prises. Ils comptent être une force propositionnelle, écoutée et entendue par les acteurs et décideurs du système de santé, à commencer par les élus des communes, du Grand Narbonne et du département qui, le cas échéant, pourront bénéficier de leur soutien, en particulier dans la mise en œuvre du CLS (Contrat Local de Santé élargi à tout le territoire de la Narbonnaise.

On ne peut que se réjouir que des propositions et actions issues de la base citoyenne du territoire, contribuent à équilibrer les effets d’un système de gouvernance trop centralisé et bureaucratique.

Pour le Clairon de l’Atax, le 17/02 /2024

 

Pour en savoir plus extraits du texte/support communiqué par le Collectif Santé Narbonne :

Extraits texte Collectif Santé Narbonne

 

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire