Allemagne – 1h56 – 2024
Un film de Natja Brunkhorst avec Sandra Hüller, Max Riemelt, Ronald Zehrfeld.

automobile Trabant-Allemagne de l’Est
« La propriété, c’est le vol »
Nous sommes en 1990, période charnière entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest.
Après la chute du mur de Berlin, les autorités allemandes avaient décidé de stocker dans le bunker 12, la totalité des billets de banque de la RDA, pour un montant de plus de 100 milliards de marks.
Dans un quartier populaire, des ouvriers se retrouvent au chômage. Trois amis d’enfance, inséparables, Maren (Sandra Hüller), Robert (Max Riemelt) et Volker (Ronald Zehrfeld) découvrent avec la complicité de l’oncle de Robert ces stocks de billets est-allemands. Ils vont avoir trois jours pour les convertir en deutsche marks et découvrir que l’argent ne fait pas forcément le bonheur.
C’est une comédie joyeuse qui se situe dans un entre-deux où tout est permis, où tout est envisageable. L’ouverture à l’ouest offre tous les possibles à ces gens qui vivaient chichement, petitement mais aussi collectivement. En arrière-plan, il y a aussi l’histoire de ce trio, cette femme, Sandra, aimée par ces deux hommes, Robert et Volker qui ont du mal à réorganiser leur vie, ensemble ou pas.
La découverte de cette manne au fond du bunker va bouleverser leur existence. Dans une frénésie juvénile, ils se roulent dans le tas de billets, mais très vite il va falloir faire preuve de pragmatisme et d’organisation, ils vont jouer de nouveau collectif pour se lancer dans une arnaque délirante.
Très vite, sont évoquées les questions classiques dans ce film léger, comment l’argent change les individus, comment repartir de zéro, comment utiliser l’argent intelligemment. Comment vivre à trois sans tomber dans les travers de la jalousie et de la possession.
C’est un film agréable, plaisant, drôle qui retrace une page de l’histoire. Car, si la grande Histoire est bien connue, la petite est plutôt ignorée de ceux qui n’ont pas vécu cette transition, du collectivisme à l’économie libérale. Le regard que portent ces gens sur leur vie d’avant n’est pas dénué de critiques mais ils sont aussi portés par l’enthousiasme vers l’avenir.
Good Bye, Lenin !
Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 08/08/2024

