La question de l’accès aux soins dans le département de l’Aude

Les déserts médicaux, c’est une réalité dans l’Aude, avec de réels problèmes d’accès aux soins. Mais le pire est à venir : l’âge moyen des généralistes audois est assez élevé et on s’attend à de nombreux départs à la retraite dans les prochaines années.

le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn
présentent les orientations du plan national de santé publique (image Santé Publique France)

La question de l’accès aux soins question constitue l’un des points problématiques issus de la dégradation de notre système de santé. Elle concerne l’ensemble du territoire national avec cependant des disparités territoriales.   Le département de l’Aude n’est pas exempt de déserts médicaux où l’accès aux soins est devenu très problématique c’est pourquoi il a semblé important au « Clairon » de publier l’intervention de Monsieur Philippe Cazal représentant les Comités de Défense et de Reconquête de la Sécurité Sociale du Narbonnais (CDRSS), lors de la conférence des maires du Grand Narbonne le 27 septembre 2019

La rédaction du Clairon de l’Atax

Comme il s’y était engagé au mois de juillet, le Président du Grand Narbonne a invité les comités DRSS à présenter les centres de santé publics avec des médecins salariés à la conférence des maires de rentrée. Cette intervention a été suivie de celle de Serge SARRATO, gestionnaire du CSP de Capestang et de celle de Marie PIQUE, Vice-présidente du conseil régional d’OCCITANIE.

« Les Comités de défense et de reconquête de la Sécurité Sociale sont des comités d’usagers. Nous les avons mis en place, depuis deux ans, dans tout le département. Nous représentons ici, Alain Visa le comité de Sigean-littoral-Corbières et moi-même le comité de Narbonne-Coursan qui sont les deux comités du territoire du Grand Narbonne.

Nous défendons le système de Sécurité Sociale tel qu’il a été mis en place après la Libération et qui comprend la Santé, les Allocations Familiales, l’Assurance accident du travail et les Retraites.

Comme vous le savez, le financement de ce système a été assis sur la richesse économique, sur le travail. Les gouvernements successifs s’emploient à transférer ce financement sur l’impôt, donc l’individu. Ce qui fait que l’on passe d’un salaire différé à des prestations qui dépendent désormais de la générosité de l’État et sont soumises aux politiques d’austérité.

Dans les comités, nous avons travaillé sur la santé, en particulier sur l’hôpital, sur la réforme des retraites, la réforme de l’assurance chômage et sur les déserts médicaux.

Les déserts médicaux, c’est une réalité dans l’Aude, avec de réels problèmes d’accès aux soins. Pourtant, notre département se situe près de la moyenne nationale (1) en ce qui concerne la densité en médecins généralistes par habitant. Mais avec une répartition inégale, au détriment de certaines communes rurales et des quartiers populaires de Narbonne.

Mais le pire est à venir : l’âge moyen des généralistes audois est assez élevé (2) et on s’attend à de nombreux départs à la retraite dans les prochaines années.

Les textes de 2015/2016 ont favorisé les regroupements de médecins, libéraux dans les Maisons de santé pluridisciplinaire, salariés dans les Centres publics de santé. Avec la possibilité de cohabitation entre praticiens salariés et praticiens libéraux, professionnels de santé libéraux (infirmières, kinés…) et y compris médecins spécialistes

Pour nous, les Centres publics de santé sont intéressants parce qu’ils sont attractifs pour les jeunes médecins, qui souhaitent, en majorité, devenir salariés. (3) Les centres publics, en effet, leur offrent le statut de salarié, avec les 35 heures, le repos hebdomadaire, les congés, y compris les congés maternité… Ils mettent aussi en place un secrétariat, qui décharge les médecins des tâches administratives et leur permet de se consacrer entièrement à l’exercice de leur métier (aux soins). Les CPS sont également attractifs pour des médecins en fin de carrière qui souhaitent simplement avoir des horaires normaux.

Et nous pensons que les Centres publics de santé offrent aussi un grand intérêt pour les citoyens, pour lesquels ils représentent des possibilités supplémentaires d’accès aux soins, à qui ils offrent le tiers payant (y compris pour la part complémentaire) ; ces centres peuvent aussi organiser de la prévention, l’accueil des petites urgences, coordonner les praticiens de santé et se coordonner avec l’hôpital.

Pour ces raisons nous pensons que les Centres publics de santé sont une bonne réponse à la problématique des déserts médicaux. »

Philippe CAZAL
Animateur du comité CDRSS de NARBONNE/COURSAN

 

 

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Notes:
  1. 131 médecins généralistes pour 100 000 habitants en France ; 127 dans l’Aude
  2. En 2015, on prévoyait le départ à la retraite d’ici 2020 de 36 % des généralistes audois
  3. 61 % des nouveaux inscrits, toutes spécialisations confondues, veulent être salariés. Parmi les nouveaux inscrits, 62 % sont des femmes

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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