La Rédaction du Clairon de l'Atax

Fessenheim – Malvési : même combat !

Ainsi sur la question de l’incinérateur THOR, qui doit être mis en service par AREVA / ORANO et répandre ses fumées toxiques sur l’agglomération Narbonnaise, on a pu constater la grande timidité des élus locaux, ménageant la chèvre et le choux dans une valse-hésitation discrète ! Il s’en est suivi la victoire momentanée, validée par l’État, des intérêts industriels sur le principe de précaution ménageant la santé et la sécurité des habitants.
Il en est de même pour la centrale EDF de Fessenheim, à bout de course, usée et dangereuse, dont les élus locaux contestent à présent la nécessaire fermeture au prétexte de la suppression d’emplois locaux et de la disparition de la manne financière distribuée par EDF.

Alors qu’à Narbonne les associations citoyennes, opposées à l’incinérateur cherchent les moyens de continuer le combat, leurs homologues de Fessenheim rappellent à leurs élus, dans une lettre, quels sont leurs devoirs dans le cadre du mandat qui leur a été confié.

A Narbonne comme à Fessenheim, il est temps que les citoyens rappellent aux élus quelles sont leurs responsabilités.

La rédaction du Clairon de l’Atax le 18/02/2018

Récemment, treize élus alsaciens ont récemment demandé à Sébastien Lecornu le maintien en activité de la centrale nucléaire de Fessenheim. Retrouvez ci-dessous le contenu de la lettre, qui leur a été adressée par plusieurs associations et collectifs.
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Les associations signataires :

      

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Les Ateliers Solidaires des Compagnons bâtisseurs

Les Compagnons Bâtisseurs constituent un réseau qui regroupe depuis plus de 60 ans bénévoles, salariés, volontaires, habitants, partageant des valeurs communes, regroupés dans un même mouvement associatif national.

Ils interviennent pour :

  • l’amélioration de l’habitat par des chantiers d’Auto-Réhabilitation Accompagnée, d’Auto-Construction Accompagnée, du prêt d’outils, des animations collectives, etc. La participation concrète à des chantiers permet de mieux s’approprier son logement et son espace de vie,
  • le développement de réseaux d’entraide de proximité grâce à des ateliers et animations collectives qui sont des temps d’échange, d’apprentissage et de convivialité,
  • l’insertion par l’activité économique dans le secteur du bâtiment par des chantiers d’insertion et des chantiers formation, supports à l’apprentissage technique, destinés à lever les freins à l’emploi de personnes en grandes difficultés,
  • l’accueil de jeunes volontaires (service civique et service volontaire européen) et de bénévoles engagés dans le mouvement.

Les Compagnons Bâtisseurs sont implantés dans 9 régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Centre-Val de Loire, Hauts-de-France, Île de France, La Réunion, Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Provence.

A Narbonne, l’association anime un Atelier Solidaire ouvert à tous (voir affiche). Elle dispose de locaux dans le quartier  Razimbaud.

La rédaction du Clairon de l’Atax le 12/02/2017

 

A  qui  s’adresser :
Compagnons Bâtisseurs Occitanie

Tel: 04 67 92 55 30

Agenda Narbonne :
2AQNarbonne_Animations collectives_février_2018

Site national de l’association des Compagnons Bâtisseurs 
http://www.compagnonsbatisseurs.org

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Lettre d’un Narbonnais au maire Didier Mouly

À propos des déplacements urbains

La rédaction du Clairon de l’Atax a choisi de publier ce courrier adressé au maire de Narbonne par un Narbonnais qui contribue à notre journal. Cette lettre réagit à la consultation « stationnement » lancée par la Ville de Narbonne de début février à fin mars.

Sauf à vouloir faire de cette consultation un alibi pour valider des dispositions prises unilatéralement, sans débat préalable avec les usagers et les habitants, on ne peut traiter la question du stationnement sans la relier au problème plus général des déplacements dans la commune et dans l’agglomération. Traiter ce problème relève de l’urbanisme car de nombreux facteurs (évolution du cadre bâti, des activités, des modes de transport, de l’organisation de l’économie locale, etc.) conditionnent l’efficience des mesures prises par les collectivités. Cela implique une démarche complexe, fondée sur une méthodologie et des savoir-faire capables d’établir un diagnostic précis, de conduire un processus d’information et de consultation des habitants et usagers sincère et transparent et de proposer des solutions fiables à la décision des élus.

Le développement de Narbonne et de son agglomération ne saurait souffrir plus longtemps de l’absence de ces méthodes et outils de réflexion / proposition qui dépassent les capacités et compétences habituelles des services techniques de collectivités de cette taille.

Penser et conduire le développement du bassin de vie de la Narbonnaise relève de la mission d’une agence d’urbanisme. Vouloir poursuivre, sur le mode actuel, le traitement des questions posées par l’évolution de Narbonne, revient à favoriser un déploiement de plus en plus anarchique de son territoire, des usages qui en sont faits  et casser définitivement la dynamique insufflée par Hubert Mouly.

La lettre ouverte de Joël Raimondi propose des pistes de travail : Didier Mouly, Jacques Bascou et les élus narbonnais sauront-ils s’en saisir ?

La rédaction du Clairon de l’Atax le 20/02/2018

Vous pouvez pendre ci-dessous connaissance du contenu intégral de la lettre adressée par Joël Raimondi à Didier Mouly, maire de la ville de Narbonne.
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Joël Raimondi pour le Clairon de l’Atax le 20/02/2018l

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Bure, la bataille du nucléaire

Un livre nécessaire sur le traitement des déchets nucléaires !

Gaspard d’Allens, Andrea Fuori / Seuil, 2017/ (Reporterre)

La première guerre mondiale, c’est la ligne de front, des dizaines de villages rasés, des milliers d’hectares classés impropres à la culture, l’exode des paysans, renforcé après la 2e guerre par l’agriculture industrielle, ses monocultures à grand renfort de pesticides et d’engrais chimiques et, désormais, la volonté de l’État d’imposer la plus grande poubelle nucléaire de l’Europe. 

« Sur cette terre de l’est, une guerre au vivant a été menée sans relâche pendant un siècle ».

C’est dans ce « désert », où il n’attend guère de résistance de la part d’une population clairsemée, que l’État veut implanter le projet CIGEO, soit 265 km de galeries taillées dans l’argile pour accueillir 99 % des déchets radioactifs produits en France, déchets qui resteront dangereux pendant des centaines de milliers d’années. L’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) intimide les paysans, colonise les terres, corrompt les élus, subventionne larga manu les projets inutiles,  organise des visites scolaires, soutenue par la gendarmerie et une milice privée.

Le livre veut monter qu’il n’y a pas de problème nucléaire qui ne soit le problème d’un système économique et social. 

« La catastrophe nous frappe déjà : c’est celle d’une idéologie du progrès arrivée à son stade terminal »

Néanmoins la résistance des « indigènes » prend forme peu à peu, soutenue par des militants qui aident à son organisation.  Résistance qui s’exprime aussi dans la reconquête des villages et des terres pour faire vivre ce pays, condamné par le pouvoir central et certains édiles locaux, et inventer ensemble de nouvelles manières de vivre ensemble et de survivre dans la simplicité.

Ayant vécu avec les gens, les journalistes leur donnent la parole et l’on se sent revigoré de rencontrer  des paysans, des mères de famille, des jeunes « hiboux «  vivant dans la forêt, ayant osé se rebeller alors que rien ne les y prédisposait.

Un livre qui se lit comme un roman et donne néanmoins les informations nécessaires pour se faire une idée de ce qui se joue actuellement aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, mais qui nous concerne tous.

Suzanne Rousselot pour le Clairon de l’Atax le 16/01/2018

 

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La réduction de vitesse sur les routes c’est bon pour le climat et pour le porte-monnaie!

Cliquer sur l'image pour l'agrandirUne étude réalisée en 2014 par l’ADEME, portant sur l’impact des limitations de vitesse sur la qualité de l’air, le CO² (dioxyde de carbone) et le bruit, concluait à un résultat positif lorsque les limitations s’appliquaient sur des autoroutes ou des voies rapides. Dans ce contexte particulier il y a diminution ou limitation des concentrations de polluants. Selon l’ADEME, « la baisse des émissions peut atteindre 20% pour les oxydes d’azote et les PM10 (*) et celle des concentrations de polluants dans l’air ambiant pouvant atteindre 8% selon les polluants » 

Mais cette efficacité des limitations de vitesse, en particulier sur l’effet de serre, varie en fonction de nombreux paramètres : les caractéristiques particulières à chaque axe routier, le comportement des automobilistes et les méthodes et outils de mesure. Ainsi, selon l’ADEME : « la variation des émissions avant et après mise en place d’une même limitation de vitesse peut varier de -30% à +5%« .

Pour les autres bénéfices attendus, il semble que cette limitation de vitesse n’a que peu d’impact sur la réduction du bruit de la circulation automobile ; par contre son effet sur la fluidification du trafic et de diminution des embouteillages semble incontestable, de même que sur la réduction de la consommation de carburants (ndlr : particulièrement intéressante dans le contexte actuel d’augmentation de leur prix).

Selon la FNAUT, avec une limitation de vitesse à 80km/h (déjà pratiquée dans d’autres pays européens), le gain moyen par automobiliste serait de 120 €/an (ndlr : essence / diesel). La réduction de vitesse sur les autoroutes de 130 km/h à 120 km/h serait encore plus bénéfique, tant en matière de pollution que sur le plan économique.
En 2011, la réduction de 10 km/h sur les autoroutes espagnoles avait permis de réduire de 8 % la consommation annuelle de carburant et de réduire de 450 millions d’euros les importations de pétrole selon l’ONG RAC (Réseau Action Climat).

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Données 2015 sur le périmètre de la ville de Paris

Selon l’ADEME, si les effets positifs de la limitation de vitesse semblent acquis, l’ampleur de leur impact en matière de pollution reste à préciser. Il s’agit notamment d’étendre les études en considérant l’ensemble des voies de circulation en ville et hors des villes. Pour autant et dans l’immédiat, l’ADEME recommande d’agir « prioritairement sur le parc roulant des véhicules anciens très émetteurs de particules et d’oxydes d’azote, en particulier le parc diesel non équipé de filtres à particules fermés« , ce qui correspond aux orientations gouvernementales actuelles.

 

 

 

La rédaction du Clairon de l’Atax le 11/01/2018

 

Pour en savoir plus lien  vers l’étude ADEME :
http://www.ademe.fr/impacts-limitations-vitesse-qualite-lair-climat-lenergie-bruit

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France : les difficultés de l’agriculture locale et bio

D’un côté près de 250 exploitations disparaîtraient chaque semaine en France, selon des chiffres du ministère de l’Agriculture. Les exploitations traditionnelles disparaissent tandis que naissent de gigantesques « fermes usines ».

De l’autre 80% des Français attendraient des produits « bio » dans les restaurants et 89% des parents aimeraient qu’on propose des produits bio et locaux à leurs enfants dans les cantines scolaires et ¼ des consommateurs français se disent locavores. C’est ce que révèle l’Agence Bio, groupement d’intérêt public français créé en 2001 par le ministère de l’Agriculture. (Site internet :http://www.agencebio.org/)

Mais la situation actuelle qui résulte des politiques agricoles successives menées au cours du demi-siècle dernier ne permet pas actuellement à notre agriculture de satisfaire cette demande. La production agricole de plus en plus « industrialisée » tend à s’exporter au-delà du contexte local. Selon une étude de l’agence de conseil en développement durable, Utopies : 97% des produits sont exportés un peu partout en France et à l’étranger avant même d’avoir répondu aux besoins locaux !

De plus suite à l’expansion urbaine et à une politique déficiente d’aménagement du territoire ce sont chaque année entre 50 et 70.000 ha de terres agricoles sont artificialisées c’est-à-dire détournées de leur vocation agricole pour des besoins divers (lotissements, zones commerciales, industrielles…). Ces terres sont généralement  situées à proximités de centres urbains historiquement établis sur des sols riches.

Des solutions existent pourtant : elles impliquent la mobilisation des collectivités territoriales qui sont en mesure d’intervenir localement sur l’affectation des sols mais aussi l’Etat qui doit conduire une politique d’aménagement du territoire propice aux modes de production bio. Cela ne semble pas être le chemin pris par le gouvernement actuel.

La rédaction du Clairon de l’Atax le 12/01/2018

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EPR de Flamanville : les essais continuent

EPR de Flamanville : les essais continuent

 

Pose du couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville

Les essais « à froid » de l’EPR de Flamanville se sont terminés le 6 janvier dernier, annonce EDF. Ils sont validés. L’entreprise maintient donc son calendrier qui prévoit un chargement du combustible et le démarrage du réacteur nucléaire à la fin du 4ème trimestre 2018. Le Groupe confirme également le coût du projet fixé à 10,5 milliards d’euros.

L’entreprise a entamé en mars 2017 les essais d’ensemble du réacteur en construction. Les opérations de « chasse en cuve » qui consistent à  faire circuler de l’eau à très grand débit dans l’ensemble des tuyauteries se sont terminées à l’été 2017. Les essais « à froid » ont quant à eux permis de tester l’étanchéité du circuit primaire du réacteur à une pression de 240 bars, supérieure aux conditions d’exploitation. Plus de 500 soudures ont été inspectées.

Les essais « à chaud » commenceront en juillet 2018. Il s’agira cette fois de tester les matériels dans des conditions de températures et de pression similaires aux conditions de l’exploitation, mais sans combustible.

La rédaction du Clairon de l’Atax le 08/01/2018

 

 

 

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La Garrigue : quel avenir ?

Florence Robert élève des brebis et des chèvres à Albas depuis neuf ans. Attirée par les Corbières depuis son plus jeune âge, elle a choisi ce métier en accord avec ses convictions : participer à la sauvegarde de l’écosystème garrigue grâce au pâturage des troupeaux. Aujourd’hui, elle mesure mieux que jamais les menaces qui pèsent sur ce milieu naturel fragile et continue d’en apprécier les beautés, discrètes ou spectaculaires.

La garrigue des Cévennes aux Corbières

La garrigue, un milieu anthropisé et dynamique

La garrigue est ce lieu de senteurs et d’imaginaires que de nombreux auteurs méridionaux ont semés dans nos esprits, associés à un accent prononcé et des histoires cocasses ou terribles, avec pour lointains une mer miroitante et des falaises pleines de perdrix…

Plus rationnellement, la garrigue se définit comme le milieu naturel qui émane de deux contraintes associées, que l’on qualifie de pédoclimatiques : un sol calcaire et un climat chaud, sec et venté. Il en résulte une végétation buissonnante, apte à résister à la sécheresse mais aussi aux vents froids de l’hiver. La garrigue est un milieu naturel dynamique, c’est-à-dire instable. Son évolution naturelle le porte à devenir une forêt : la forêt méditerranéenne, de chênes verts, de chênes blancs ou de pins, sauf pour les endroits les plus pauvres, qui restent pelés. Mais l’anthropisation intense dont a fait l’objet le pourtour méditerranéen, à travers le pâturage et le prélèvement de bois, a modifié l’écosystème depuis des millénaires, et a favorisé les garrigues ouvertes ou semi-ouvertes et les plantes et espèces qui leur sont inféodées : les orchidées, les tulipes sauvages, les narcisses, les iris, certaines graminées, des passereaux (pies-grièches, traquets, bruants, pipits rousselines…), des rapaces (aigles royaux, grands-ducs, circaètes Jean-le-blanc, busards cendrés…) sans oublier les perdrix, lapins et lièvres. Cette liste bien incomplète fait du pourtour méditerranéen un des hot-spots de la biodiversité mondiale ! C’est d’ailleurs un fait remarquable que les activités humaines aient à ce point participé d’une telle richesse écologique. Et c’est une responsabilité.

La rigueur climatique et la forte spécificité de ce milieu ont entraîné une faible densité de population, regroupée dans des villages souvent distants les uns des autres. Comme partout où les sols sont pauvres, le pastoralisme a été d’une importance vitale, fournissant la viande et le lait. Ce lien fort et structurant se lit encore lorsqu’on parcourt la garrigue au hasard : capitelles en ruine, bergeries nombreuses, puits ou citernes, « assietadous » de berger. L’essor de la vigne durant la deuxième moitié du XIXe siècle a accentué amplement cette occupation pastorale, le fumier étant alors devenu un allié indispensable du vignoble.

Aujourd’hui, le pastoralisme a quasiment disparu, la garrigue se referme et les espèces des milieux ouverts ont toujours moins de place pour s’épanouir.

Un espace « vide » et un espace de liberté

De tous temps, la garrigue a été un espace où l’on se sert : chasse, cueillette, pâturage, bois de chauffage. Ici plus qu’ailleurs l’espace ouvert est un espace commun, régi par peu de règles, jusqu’à l’extrême. La présence de nombreuses mines (Quintillan, Tuchan, Palairac) a par exemple entraîné le prélèvement intense de bois pour fabriquer sur place un minerai plus facile à transporter. Ce phénomène associé au pâturage sans réserve de dizaines de milliers de brebis a vidé la garrigue de ses arbustes jusqu’au début du XXe siècle.

Lorsqu’il a fallu planter plus de vignes car le contexte était favorable, on peut supposer que défricher la garrigue n’a jamais été un problème. Il en reste toujours assez… C’est l’espace des garrouilles (nom donné aux chênes-kermès), du sauvage. Il est significatif que la plupart des garrigues soient communales, percées d’enclaves qui signalent les meilleures terres. Les garrigues, sans clôture, sans propriétaire évident, nous autorisent une liberté d’agir impossible ailleurs. On peut parler d’un véritable appel d’air. Il y a quelques années, on a vu des équipes nombreuses d’ouvriers récolter de grandes quantités de romarin pour une firme d’herbes aromatiques connue, et ce sans autorisation municipale. Actuellement, un entrepreneur récolte des plantes pour une firme de cosmétiques de façon plus discrète, mais sévère sur certaines espèces, assurant que ces prélèvements sont sans importance pour les plantes… qui de toute façon n’appartiennent à personne.

Cette liberté autorisée ouvre pour certains la porte d’un rapport plus spirituel avec le paysage, qui devient un espace de méditation et de dialogue avec le vide, les puissances élémentaires du vent, de la roche : un espace de promenade inspirée. D’autres y trouvent l’avantage de pouvoir le traverser comme on traverse un désert, vert, nu, désolé, beau, rendu praticable par des chemins de VTT ou le sentier Cathare par exemple, de la manière la plus calme à la plus sportive, à pied, à cheval ou avec des engins motorisés.

Ce vide apparent permet l’organisation de rave-parties, regroupement informels de centaines, voire de milliers de personnes qui cherchent une zone de non-droit pour vivre des expériences extrêmes à travers la musique et, souvent, les drogues illicites.

Enfin, les développeurs d’énergie renouvelables, attirés par l’ensoleillement et le vent, caractéristiques des garrigues méditerranéennes, comptent sur le faible nombre d’habitants, la faiblesse économique de tels territoires et la place immense dont ils pourront disposer pour tenter d’installer éoliennes et parcs photovoltaïques sans embûches…

Une absence de gestion qui n’est pas sans conséquences

Tout ceci ne tient pas compte de l’écosystème lui-même, et de son instabilité. Les chasseurs, fervents utilisateurs du milieu, constatent avec fatalisme et amertume la fermeture de la garrigue. L’embroussaillement ne leur est pas favorable : les sangliers en profitent pour mieux leur échapper, et eux-mêmes ont de plus en plus de mal à s’y frayer un chemin. C’est d’ailleurs cet argument qui a poussé la commune d’Albas à installer l’éleveuse que je suis il y a dix ans.

L’abondance de sangliers est une vraie calamité pour les cultures et la nature. En plus de dégâts qu’ils font sur les vignes, leur régime alimentaire omnivore impacte toutes les petites bêtes, les portées, les œufs… Ils sont aussi redoutables sur les plantes à bulbe et détruisent efficacement les orchidées par exemple.

Le piétinement des zones de rave-parties abîme durablement la strate herbacée, et donc le pâturage si c’en est un. Sans parler des nuisances aux riverains, dont les murs vibrent pendant plusieurs jours au rythme d’enceintes surpuissantes qui portent à plusieurs kilomètres.

Les éoliennes perturbent les grands rapaces, les migrateurs, et selon les uns ou les autres, détériorent le paysage et diminuent l’attractivité du territoire. Les parcs photovoltaïques, toujours envisagés sur des garrigues ouvertes ou semi-ouvertes, ne sont pas sans conséquences sur la faune et la flore et sur le plan paysager.

Sur le plan strictement écologique, tant que l’économie rurale de subsistance prévalait et que les troupeaux « nettoyaient » la garrigue, aucune nécessité de gestion volontariste ne s’imposait. L’exode rural a fait son œuvre, les temps ont changé… En extrapolant la tendance actuelle, il n’est pas difficile d’imaginer le paysage méditerranéen dans 20 à 30 ans : les chasseurs, de moins en moins nombreux, seront dépassés. Les sangliers, grands vainqueurs temporaires, attraperont peut-être une maladie qui les ravagera avec un risque de propagation aux porcs domestiques (c’est ce qui se précise en Allemagne actuellement). Les bergers, devant faire face à des questions économiques sérieuses et à des conditions de travail exigeantes, ne seront toujours pas plus nombreux. L’embroussaillement aura gagné de vastes surfaces, supprimant l’espace vital de nombreuses espèces. Les incendies, favorisés par le changement climatique, provoqueront d’importants dégâts humains, matériels, écologiques… Rappelons ici que si l’incendie fait partie du cycle naturel de la garrigue, il est fortement perturbateur pour une faune déjà mise à mal par des effectifs affaiblis.

Ce scénario noir n’est pas pessimiste hélas. Il est à l’œuvre dans d’autres pays proches comme le Portugal ou la Grèce… Devant tant d’enjeux collectifs, le devenir des garrigues pourrait, devrait, poser la question du bien commun.

Des idées pour préserver cet espace caractéristique et dynamique

Après le pire scénario, imaginons le plus souriant : la priorité est donnée à l’ « écosystème garrigue », avec l’intention de satisfaire ses utilisateurs au sens le plus large. La convergence des intérêts écologiques, économiques et sociaux devient l’aspiration d’un territoire…

Pour ne nous intéresser qu’aux Corbières, il faut savoir que cette équation compliquée est déjà le casse-tête sur lequel se penchent les acteurs du futur Parc Naturel Régional du Corbières-Fenouillèdes. La garrigue n’est pas leur seule priorité bien sûr, mais la question des milieux ouverts et leur pérennité fait partie des enjeux forts qui ont été repérés…

La bergère que je suis peut lancer quelques pistes, on ne lui en voudra pas :

Pour la garrigue et ses habitants naturels :

  • L’installation de troupeaux en Bio devrait être une priorité, avec une préoccupation de l’écologie de la garrigue.
  • La question de l’eau est majeure : création de réserves et de citernes pour la faune, alimentées par la main de l’homme en cas de sécheresse intense (abeilles, perdrix, passereaux…).
  • Cultures faunistiques…
  • Mise en protection et gestion de certaines zones à forts enjeux végétaux

Pour l’agriculture :

  • Agroforesterie, permaculture, lien animaux/cultures, huiles essentielles cultivées ou sauvages, luzerne, prélèvements naturels raisonnables, agriculture de niche : fleurs et autres
  • Création d’ateliers de diversification à forte valeur ajoutée peu consommatrice d’espace : lapins, cochons, volailles… L’élevage de cochons en plein air notamment pourrait relancer une vieille tradition de production des Corbières.
  • Création d’une marque collective « garrigue » et la création d’une filière de promotion qui pourrait dépasser les seuls produits agricoles.
  • Redevenir une terre d’hivernage pour les troupeaux, qui nettoient mieux la garrigue en hiver.

Pour le tourisme :

  • Les espaces de garrigue restent peu aménagés, et peu aménageables : la géographie tumultueuse des plateaux calcaires encastrés les uns dans les autres ne permet aucun compromis. Seules les pistes de 4×4 créées et entretenues par les chasseurs assurent l’accès motorisés aux zones les plus sauvages. N’est-ce pas là une opportunité ? C’est-à-dire la possibilité de préserver et de valoriser un espace à forte identité.
  • Il faut concevoir une offre touristique respectueuse et pourvoyeuse d’économie. Les « petits déjeuners du berger » rassemblaient des dizaines de touristes à sept heures du matin en plein été, preuve qu’un intérêt existe pour des offres originales fondées sur l’identité de cette nature à part.

En conclusion :

Entre laisser-faire purement consommatoire des garrigues et installation d’équipements industriels qui défigurent le paysage, n’avons-nous pas mieux à imaginer ? Il ne nous est pas demandé de choisir un non-usage du territoire, mais plutôt d’en reconnaître les forces et d’en protéger la richesse. L’Homme est co-créateur de la garrigue, de son abondance naturaliste et de sa singularité paysagère. Cette originalité écologique le rend légitime à intervenir et à prendre en main l’avenir de cet écosystème extraordinaire en danger de disparition. Les intérêts en seraient nombreux, de la défense contre les incendies à la création d’une économie agricole et touristique en accord avec les enjeux du moment. Le retour du pastoralisme n’en est qu’un aspect. De nombreuses pistes sont à envisager, qui s’ajouteraient aux activités déjà en place, éparses et peu mises en cohérence.

Florence Robert pour le Clairon de l’Atax le 08/01/2017

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L’association LUCIOLE communique son agenda 2018

L’Université à la Campagne Ouverte et Itinérante de Lagrasse et Environs (LUCIOLE)  a établi son Agenda pour 2018. L’équipe d’animation de LUCIOLE propose de nombreuses actions et activités : ateliers de lecture, séminaire de philosophie, stage d’écriture, rencontres d’artistes, etc. Cet agenda bien fourni témoigne de la vitalité de Luciole, mais aussi de l’intérêt de son action de diffusion culturelle.

Vous trouverez ci-après des liens vers l’agenda complet, ainsi que les bulletins d’inscription à certaines des manifestations.

La Rédaction du Clairon de l’Atax

Pour l’agenda complet à ce jour, Luciole – Agenda 2018,

Pour le programme et le bulletin d’inscription de certaines manifestations, choisissez les liens ci-dessous:

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La recette de Janvier : le KOULIBIAC de saumon

Koulibiac de saumon

Pour cette recette Gillian s’est inspirée de différentes variantes russes et polonaises parmi lesquelles elle a choisi ce qui lui a semblé aboutir à un assemblage savoureux mais aussi facile d’exécution.
Elle a détaillé pour vous avec minutie les différentes étapes de la confection de ce plat délicieux : Il vous suffit de les suivre pour réussir un Koulibiac que vos convives fêteront avec enthousiasme !

INGRÉDIENTS pour 6 personnes

Pâte

2 rouleaux de pâte feuilletée toute prête (ça prend moins de temps et c’est tout aussi bon si la pâte est de bonne qualité)
1 œuf battu pour dorer la pâte

Couche de riz :

25 gr de beurre ; 1 grand oignon finement haché ; 1 Cc de graines de cumin ; 1Cc de graines de coriandre ;  4 pincées de cardamone pilée ;   2 étoiles d’anis ; 200gr de riz basmati ; 1 feuille de laurier sauce ; 4cm d’un bâtonnet de cannelle ; 400 millilitres de fumet de poisson ou de bouillon bouquet garni ; zeste et jus d’un demi citron

Couche d’épinards :

500 gr de feuilles d’épinards blanchis dans de l’eau bouillante et égouttés

Couche de poissons :

700 gr de filets de saumon frais (et pourquoi pas bio ?) (Prendre 2 parties de la même taille que l’on superposera par la suite).  Enlever la peau et toutes les arrêtes.

Farce aux champignons :

500 gr d’un mélange de champignons des bois ; 3 gousses d’ail ; 1 poignée de persil frais ; 1 bonne poignée d’aneth frais ; 25 gr de beurre ; 1 petit verre de Noilly Prat ou d’un autre vermouth. 

Couche d’œufs :

4 œufs durs

PRÉPARATION

  1. D’abord préparer les différentes couches. Faire bouillir une casserole d’eau salée, ajouter les œufs et les cuire pendant 8 minutes exactement. Égoutter les œufs les passer à l’eau froide et les éplucher puis les réserver.
  2. Rincer les feuilles d’épinards et les faire rapidement revenir dans une poêle (pas plus d’une minute). Les égoutter et les réserver.
  3. Chauffer le four à 180°. Envelopper les filets de saumon dans du papier alu après les avoir recouverts des 2 côtés avec des tranches de citron et de fenouil (cela va donner du goût au saumon et l’empêcher de coller au papier alu). Faire cuire pas plus de 10 minutes pour que ça reste ferme et mi-cuit ; retirer du four et laisser dans le papier alu pour garder l’humidité du poisson.
  4. Cuire à présent le riz. Faire fondre 25 gr de beurre dans une grande poêle en fonte ou alu épais ; ajouter l’oignon, les graines de cumin et coriandre, la cardamone et les étoiles d’anis, puis laisser revenir doucement pendant 8 minutes jusqu’à ce que le mélange soit doré. Incorporer le riz, la feuille de laurier et la cannelle et ajouter le fumet de poisson ou le bouillon de bouquet garni. Assaisonner généreusement, couvrir et faire bouillonner puis réduire immédiatement à petit feu pendant 10 minutes. Puis couper le feu et laisser le riz couvert pendant encore 10 minutes. Ajouter les zestes et le jus de citron. Laisser refroidir et réserver le tout.
  5. Cuire à présent les champignons. Faire fondre 25 gr de beurre dans une grande poêle en fonte ou alu épais. Peler et hacher finement les champignons et l’ail et les jouter dans la poêle ; faire cuire doucement pendant 10 minutes à découvert. Assaisonner généreusement, ajouter 25 millilitres de Noilly Prat et continuer à faire cuire doucement jusqu’à évaporation complète du liquide. Finement hacher le persil et les ¾ de l’aneth et les incorporer aux champignons. Laisser refroidir et réserver le tout.

ASSEMBLAGE

  1. Commencer par dérouler l’une des pâtes feuilletées en un rectangle de 23 x 40 cm, puis l’étaler sur une planche à pain.
  2. Etendre la moitié du riz au milieu de la feuille (on aura au préalable éliminé la feuille de laurier, les étoiles d’anis et le bâton de cannelle). Laisser tout autour un bord de 5cm.
  3. Etendre la moitié des feuilles d’épinard pour couvrir la couche de riz.
  4. Placer la première tranche de saumon que l’on aura sortie avec précaution du papier alu en éliminant les citrons et le fenouil.
  5. Couvrir la tranche de saumon avec la totalité de la farce de champignons.
  6. Ajouter la 2ème tranche de saumon.
  7. Découper en rondelles les œufs durs et les disposer sur le saumon. Assaisonner sel et poivre.
  8. Etendre le reste des feuilles d’épinards sur les rondelles d’œufs.
  9. Terminer par une couche du restant du riz et veiller à ce que l’ensemble soit homogène et qu’il n’y ait de grains de riz sur les bords de 5 cm de pâte nue.
  10. Badigeonner ce bord de pâte avec un pinceau trempé dans l’œuf battu
  11. Préparer le 2ème rectangle de pâte feuilletée en lui donnant une dimension plus grande que celui du bas afin de pouvoir faire un ourlet soudant les 2 parties de pâte.
  12. Placer le 2ème rectangle sur le premier en couvrant le contenu et souder les 2 rectangles en faisant un ourlet par pincement des 2 bords de pâte.
  13. Faire des rainures au couteau sur la partie supérieure de la pâte pour laisser échapper la vapeur de cuisson.
  14. Badigeonner le tout  avec le restant d’œuf battu.

CUISSON

Chauffer le four à 200° (= avec ventilation) ou 220° (= sans ventilation) et thermostat 7 pour four au gaz. Faire cuire 20 minutes, puis baisser le four à respectivement 180° ou 200° et thermostat 6  pendant 20 minutes jusqu’à ce que la pâte prenne une couleur brun doré. Sortir du four et laisser reposer pendant 10 minutes.

Servir avec une crème à l’aneth faite avec de la crème fraîche, assaisonnée selon votre goût, de jus de citron, sel et poivre, ainsi que d’aneth frais finement haché.

Bon Appétit !

Gillian Hogarth pour le Clairon de l’Atax le 7/01/2018

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax dans Art de Vivre, Cuisine & Recettes, Rubriques, 1 commentaire