La Supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse

un livre de Svetlana ALEXIEVITCH,
Œuvres, précédées d’un entretien de l’auteur avec Michel Eltchaninoff, Thesaurus Actes Sud, 2015,
Contient : la guerre n’a pas un visage de femme, Derniers témoins, La supplication.775 p.

 

 

Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale ?  (26 avril 1986)
Svetlana Alexievitch nous laisse entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole.

Dix ans après la catastrophe de Tchernobyl, la biélorusse Svetlana Alexievitch publiait dans La supplication le résultat des nombreuses interviews qu’elle a recueillies auprès des populations. Un livre fondateur et d’une extraordinaire force. Un livre écrit avec un talent éblouissant ; on est saisi d’horreur par les descriptions crues des atteintes physiques de tous ceux qui ont dû aller sur le lieu de l’explosion, tenter d’éteindre l’incendie du réacteur
Un devoir de mémoire, non pas sur les événements eux-mêmes mais bien sur les traces que laissent ces événements dans la vie des hommes et des femmes.

 

 

On est ahuri, épouvanté à la lecture des descriptions de l’auteur : 800 sépulcres autour de Tchernobyl, et tout ce que contiennent les 50 ha de forêt autour du réacteur : les milliers de tonnes de métal, constructions, tuyaux, voitures, tracteurs, hélicoptères .Et que dire des atteintes physiques des survivants !
Rarement un livre merveilleusement bien écrit aura réussi à nous poursuivre des jours et nuits durant, tant cette apocalypse nucléaire aura été  si scrupuleusement et précisément décrite.

Ce livre-témoignage s’adresse particulièrement à ceux qui pensent que les centrales nucléaires sont sûres, propres, écologiquement garantes d’un environnement  « écologique », car ne produisant pas de CO2. (on entend beaucoup ce  genre d’assertion, en ce moment)
Et quid des déchets produits pas ces centrales, extrêmement dangereux et si difficiles à extraire et à entreposer de manière sûre et durable. Et enfin quid des accidents dans les autres centrales ; aurait-on déjà oublié la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011, et dont on nous parle encore mais de moins en moins ? Le parc des centrales nucléaires françaises est vieillissant et si certaines doivent fermer (Fessenheim, la 1ère en 2020), d’autres sont en bout de course et présentent un réel danger ; mais les autorités (pressées par les lobbies)  font silence…

« La supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’Apocalypse (1997) » est aujourd’hui encore interdit en Biélorussie…

Catherine Burger pour le Clairon de l’Atax le 10/01/2020

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